FRANKENWEENIE
Etats-Unis / Angleterre - 2012
Image de « Frankenweenie »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Tim Burton
Musique : Danny Elfman
Durée : 90 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 31 octobre 2012
Film : note
Jaquette de « Frankenweenie »
portoflio
LE PITCH
Après la mort soudaine de Sparky, son chien adoré, le jeune Victor fait appel au pouvoir de la science afin de ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru…
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Family Dog

Mort Tim Burton ? Il l'a peut-être été, mais la foudre créative de Frankenweenie semble l'avoir ramené à la vie.

 

Tout Frankenweenie semble découler d'un véritable cheminement introspectif, Burton ayant été amené après le triomphe de la commande Alice au pays des Merveilles à remettre en question les fondements de son oeuvre récente. En conférence de presse parisienne, il avouait d'ailleurs avoir pris plaisir à s'isoler et à méditer en silence les enjeux de son dernier bébé, en essayant de se plonger non pas dans les nombreuses oeuvres vouées à être citées par le film, mais dans ses propres souvenirs de spectateur enfant. Le souvenir de l'enfance, à la fois fantasmé et fragile, imprègne naturellement Frankenweenie dans son entier et conduit sa narration avant tout autre élément. Plutôt que de s'enfermer dans une formule, comme il a pu le faire à de trop nombreuses reprises durant les treize dernières années (à l'exception notable de Sweeney Todd, il est toujours bon de le rappeler), Burton se laisse ici porter par son histoire et par son émotion presque naïve, se projète dans réserve dans son jeune héros esseulé et embrasse sa vision déformée du monde qui l'entoure (l'emploi de la Stop Motion aura rarement été aussi pertinent). En cela, ce remake étendu est infiniment plus cohérent que l'elliptique moyen-métrage de 1984, dont les prises de vue réelles, bien que fondatrices de la carrière de Burton, correspondaient finalement assez mal au sujet.

 

Bain de jouvence

 

Rappelant dans ses rangs de vieilles connaissances, de Catherine O'Hara (Beetlejuice) à Martin Short (Mars Attacks !) en passant par Martin Landau (Ed Wood) et Winona Ryder (Beetlejuice), Tim Burton lâche prise et perd de vue son carriérisme hollywoodien, au profit d'un véritable bain de jouvence cinématographique. Entremêlant les clins d'oeil non pas à son oeuvre personnelle mais à sa propre cinéphilie (de la Hammer à Gamera, des Universal Monsters à Roger Corman, de Ray Harryhausen aux Gremlins), Burton retrouve par instinct son aptitude au bizarre. Véritable poème digne de figurer dans son recueil de L'Enfant Huître (on reconnaît d'ailleurs ici quelques personnages), mais aussi comédie canine tout droit héritée du Family Dog qu'il avait créé aux côtés de Brad Bird, Frankenweenie est un régal de tous les instants, une sucrerie épicée dont les écarts de conduite à l'ancienne (le chien éponyme est tout de même un cadavre ambulant !) sont transcendés par une virtuosité graphique ahurissante (cf. le plan-séquence en fondu enchaîné où Victor trimballe son âme en peine, l'incroyable scène de résurrection, l'expérience parallèle des camarades de classe, la métamorphose du chat ou encore le final dans le moulin). Last but not least, le long-métrage permet à l'auteur d'animaliser ses protagonistes comme il avait pu le faire dans Batman le Défi, chaque caractère se doublant d'un alter égo à pattes dont les interactions sont autant d'allégories sur la place sociale de chacun. Une idée brillante parmi d'autre, pour un film qui semble tout droit sortir de la fin des années 80...

Alexandre Poncet





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