LES CINQ LéGENDES
Rise of the Gardians - Etats-Unis - 2012
Image de « Les Cinq Légendes  »
Réalisateur : Peter Ramsey
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 97 minutes
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 28 novembre 2012
Film : note
Jaquette de « Les Cinq Légendes  »
portoflio
site officiel
LE PITCH
L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.
Partagez sur :
Rises !

Alors que les studios Pixar, en dépit de leur incroyable talent technique, tendent à niveler leurs récentes œuvres d'aventure en de très plats et conventionnels films enfantins (Rebelle, Cars 2, etc.), Dreamworks, leurs concurrents artistique direct s'élève quant à eux peu à peu à la hauteur des studios de la lampe de chevet, qui nous avaient offert de magnifiques et complexes divertissements pour tous comme Wall-E, Là-Haut, ou encore Le Monde de Nemo, et ce grâce à Dragon et aujourd'hui au magistral Les Cinq Légendes, un film d'aventure épique et frénétique pour petits et grands.

 

A l'instar de son héros déjanté, Jack Frost, se déplaçant frénétiquement au gré du vent, Les Cinq Légendes de son titre original Rise of the Guardians, file à toute allure, entrainant sans échauffement le spectateur dans une aventure hallucinante au rythme survolté de la somptueuse bande originale d'Alexandre Desplat, qui livre ici un de ses scores les plus inspirés avec celui très poétique du Benjamin Buton de David Fincher. Film d'animation, conte pour enfant ou encore film de super héros, l'œuvre vertigineuse de Peter Ramsey se révèle séquence après séquence aussi généreuse génériquement que formellement en raison de son esthétique somptueuse et de sa mise en scène étonnante qui en laissera plus d'un sur le carreau. Déjà très réussie dans Dragon la direction artistique, ici chapeauté par Guillermo Del Toro en personne, également producteur du film, fait passer un cap monumental aux studios Dreamworks. Dès la scène d'introduction et la naissance enchanteresse de Jack Frost dans l'enveloppante et magique froideur d'une nuit d'hiver sous le regard bienveillant de la lune, le spectateur en prend plein les yeux, avant de se voir propulsé, que ce soit par un trou de lapin, une boule de neige dimensionnelle ou encore une rampe de glace, à un rythme colossal dans un univers riche en couleur et en détails, enchainant les décors tous plus sublimes les uns que les autres, transcendé par une 3D comme on en a rarement vu au cinéma et qui joue aussi bien sur la profondeur de champ que sur le surgissement, créant à la fois de façon ponctuelle des chocs visuels absolument renversant (l'explosion de Jack Frost contre la marée cauchemardesque de Pitch), mais aussi et surtout une véritable sensation d'enveloppement qui renforce avec intelligence toute la réflexion que le film propose sur l'imaginaire, sur le concept de la croyance et de l'existence, atteignant des contrées métaphysiques.

 

the dream comes true

 

Car derrière son titre et sa campagne promotionnelle de film pour enfants, Rise of the Gardian est une œuvre merveilleusement bien écrite, aussi complexe que généreuse, offrant autant de pistes de lectures et de réflexions séduisantes que de personnages haut en couleurs. Certes frénétique le voyage sensoriel qu'il offre n'est en effet jamais un obstacle à la mise en place des enjeux, à la profondeur des personnages, ou encore à la puissance de ses thématiques on ne peut plus osées et complexes pour ce film d'animation vendu comme un simple divertissement de noël. Tandis que séquence après séquence, au rythme de l'incroyable chasse au méchant mené par les gardiens, la mise en scène et le scénario structurent de façon incroyable chacun de ses personnages (voir le travail monumental effectué sur le marchant de sable), les articulant de façon extrêmement intelligente autour d'une double volonté de retour aux origines et de réinvestissement des légendes et autres mythes de notre enfance (à l'instar du très spielbergien Rare Export), les moments d'accalmies eux ne se font jamais sentir comme des baisses de rythme, mais au contraire comme des explosions émotionnelles donnant une réelle ampleur non seulement aux personnages mais aussi et surtout à ce conte de noël, comme le montre cette traumatique séquence d'enterrement rappelant de par son aspect iconique et tragique la mort de Boromir dans La Communauté de l'anneau, ou encore la séquence de pâque aussi folle que l'univers coloré et chocolaté de Roald Dahl. Véritable film épique, film d'aventure mythologique (la présence de Del Toro et de son univers magique aussi bien merveilleux que cauchemardesque n'y est pas pour rien, tant les créature convoque l'amour du cinéaste pour l'imagerie lovecraftienne), les personnages les plus intéressant, moteurs des enjeux, sont alors  les frères ennemies Jack Frost et Pitch Black, dont la complexe amertume et les motivations machiavéliques surpassent de loin nombre de méchants du cinéma de ces dernières années, articulant de façon réellement somptueuse par leur proximité et leur rivalité toute la recherche du film sur la croyance et sur la puissance de l'imaginaire, qui elles n'ont jamais aussi bien traitées depuis Le Labyrinthe de Pan, ou encore Jurassic Park auquel Ramsey et Desplat rendent d'ailleurs un très bel hommage à la fin du film.

Quentin Boutel












Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019