SWORD OF THE STRANGER
Sutorejia: Mukô hadan - Japon - 2007
Image de « Sword of the Stranger »
Genre : Chambara
Réalisateur : Masahiro Andô
Musique : Naoki Sato
Durée : 102 minutes
Distributeur : Beez
Date de sortie : 27 mai 2009
Film : note
Jaquette de « Sword of the Stranger »
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LE PITCH
Un rônin sans nom sauve un jeune orphelin, Kotarô, et son chien Tobimaru, lors d'un incendie. Pendant ce temps, une mystérieuse milice venue de Chine recherche Kotarô dans le but de l'utiliser pour accomplir un rituel occulte procurant la vie éternelle.
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Tranchant

Après Kaze (Un été avec Coo, La Traversée du temps) et Dybex (Evangelion 1.0 : You're not alone), c'est au tour d'un autre éditeur d'anime de passer le pas de la sortie cinéma avec Sword of the Stranger. Pour un coup d'essai, Beez a eu le nez creux en choisissant ce film de sabre relevé et lyrique qui devrait autant séduire les amateurs d'animation que les cinéphiles nostalgiques des grands chambaras.

 

Et Sword of the Stranger n'est pas une première que pour le distributeur. Studio phare depuis son implication dans des séries aussi imparables que Cowboy Bebop, Rahxephon ou Wolf's Rain, Bones se lance ici dans son premier long-métrage ne correspondant pas à une extension de série TV. Cela ne les empêche pas d'avoir apporté un réel soin à l'aspect technique en produisant une animation de haute volée, un design savoureux et de sublimes décors à deux doigts de l'estampe. Seules quelques combinaisons 2D/3D laissent apparaître un budget en deçà de certains concurrents, mais la force de ce film de samouraïs est ailleurs. Ancien animateur sur quelques références aussi luxueuse qu'Evangelion, Gundam Seed ou Jin-Roh, Masahiro Andô fait lui ses premiers pas derrière la caméra. Un jeune réalisateur donc, qui démontre immédiatement un véritable talent de conteur. Nourri des classiques du genre, mais aussi de westerns italiens, il ne se contente pas d'accompagner l'animation mais construit véritablement son œuvre en travaillant la gestion de l'espace, ses cadrages à la Sergio Leone et un montage serré toujours en adéquation avec les enjeux de chaque scène, de chaque rencontre. Parfois contemplatif dans sa structure, Sword of the Stranger est une histoire de héros à l'ancienne, combattant chacun pour ses valeurs, sa moralité, son rapport au pouvoir et à la puissance, dont la lecture ne peut être faite que dans une perspective historique.

 

Sabre au clair

 

Un bel exemple de maturité qui laisse pourtant jaillir la fougue de la jeunesse dans des séquences de combats d'une rare brutalité et d'une fougue admirable, où explosent intelligemment tous les enjeux du film. Des scènes d'actions aussi réussies et excitantes, on n'en avait pas vues depuis les classique Kamui (Rin Taro) et Ninja Scroll (Yoshiaki Kawajiri)... c'est dire !  Finalement les faiblesses du film viennent de là où on ne les attendait pas. En l'occurrence de scénariste Fumihiko Takayama (Patlabor 3) qui excelle d'habitude dans le mélange des genres, mais qui n'arrive jamais à imbriquer ses élans fantastiques dans  la grande histoire et se contente de rejouer la carte mille fois vue du « héros taciturne reprenant le chemin du combat pour sauver un enfant qui lui a permis de renouer avec l'humanité ». Les personnages sont sympathique certes, mais leurs relations manque de pertinence. Surtout la quête envahissante de l'immortalité tire Sword of the Strangers vers la série B de base étages, alors qu'avec sa photographie terreuse, son soucis de réalisme et surtout ses nombreuses pistes sur la réalité géopolitique de l'époque, le métrage se dirigeait sans doute plus naturellement vers la fresque historique brute de décoffrage.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

 

 

 

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