AFTER EARTH
Etats-Unis - 2013
Image de « After Earth »
Réalisateur : M. Night Shyamalan
Durée : 102 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 5 juin 2013
Film : note
Jaquette de « After Earth »
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site officiel
LE PITCH
Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques. Cypher est grièvement blessé, et Kitai s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature ...
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Chronique d'une déchéance
Après l'échec de son dernier film, Le Dernier maître de l'air, Shyamalan revient avec un nouveau film fantastique, After Earth, prolongeant l'attachement de cette année 2013 aux films de Science-fiction et entièrement supporté par la famille Smith autour de laquelle a bien évidement était centrée la campagne du film.

Après quelques films fantastiques puissants, aussi bien dirigés que magnifiquement interprétés et caractérisés par des twists aussi renversants que savoureux, le cinéaste s'était construit une sérieuse réputation à Hollywood et pouvait se targuer d'être l'un des auteurs américains les plus prometteurs des années 2000, en proposant une véritable vision, très personnelle du genre. Adulé et respecté par les spectateurs qui se déplacent pour voir ses films, mais aussi et surtout par les investisseurs il pouvait alors se permettre, en 2005 après Le Village, de laisser libres cours à tous ses désirs, à toutes ses excentricités en poussant à l'extrême sa vision du genre, mêlant ainsi violence radicale et puritanisme clairement assumé. C'est dans ce contexte que naissent sa vision live de l'univers enchanteur de Disney (La Jeune fille de l'eau), son film d'horreur écolo (Phénomènes) et son adaptation familiale d'un dessin animé pour enfant (Le Dernier maitre de l'air). Tous nominés plusieurs fois aux Razzies Awards c'est bel et bien son avant dernier film qui, outre son esthétique boursoufflée et son absence totale d'écriture, révèle l'effritement de la vision et de l'ambition d'un cinéaste qui ne répond plus ici qu'aux désirs de ses enfants d'adapter Avatar, pour le grand écran et qui le prive en plus des tous ce qui fait à l'époque le cahier des charges d'un blockbuster. Aujourd'hui, la demande est toute autre mais l'autisme du cinéaste est de plus en plus en prégnant, livrant ainsi à un film familial aussi formaté qu'inintéressant mené au minimum syndical par un faiseur sans imagination qui s'enferme et dépérie peu à peu dans des projets de plus en plus absurdes et des objets cinématographiques plus inutile que jamais.

L'homme de paille

Attention, After Earth n'a rien de honteux, le cinéaste n'ayant pas totalement perdu son incroyable sens du cadre qui nous avait rendu Le Village subjuguant et Signes, ou Sixième sens tétanisant. Accompagné par le score de James Newton Howard, il réussit même à construire une ou deux séquences dramatiquement intéressantes (essentiellement les flashbacks) et ce même si l'émotion n'est jamais au rendez-vous. Malheureusement, le film affiche une telle paresse, qu'elle soit esthétique ou scénaristique, qu'il en devient véritablement consternant, totalement articulé autour de la figure anormalement creuse de son héros. Car derrière le nom de Shyamalan, c'est véritablement celui de Smith que cache le film. De la production au casting, tous portent pratiquement le nom de la famille de l'acteur de Men in black. Il fut un temps où les films de famille étaient faits en 8mm, avec un certain amateurisme et une esthétique prise sur le vif, dégageant une sincérité pleine d'émotion, éprouvée dans le stricte cadre d'une projection intimiste. Aujourd'hui et dans le cas d'After Earth, le film de famille vaut des millions de dollars et se voit projeté sur les écrans du monde entier. On y découvre Jaden Smith qui, à l'instar du héros qu'il interprète, doit faire ses classes et prouver a son père assis, d'un côté de la caméra sur le siège des ruines du vaisseau et de l'autre sur celui du producteur, qu'il est apte à prendre la relève, à travers un parcours initiatique le formant à jouer un rôle, celui d'un soldat dépourvue d'émotion et d'un acteur apte à toutes les explorer. Dès lors, pourquoi s'embarrasser d'un récit, l'obsession de Shyamalan pour les quêtes initiatiques suffit amplement (retrouver la foi, assumer sa condition de mort, de super-héros, quête de la vérité ou de l'amour), qu'importe également le background, tout ici ne doit être que fonctionnel, comme le montre très bien l'absence totale d'explicitation de l'univers, de son histoire et de son fonctionnement, mais aussi et surtout qu'importe les épreuves que le jeunes homme devra affronter, le film entier ne peut et ne doit converger que vers la promotion de Jaden Smith en tant que star, en le faisant combattre au côté d'un aigle royal (symbole de l'Amérique, mais quelle subtilité !) contre la vilaine sangsue, seule véritable danger de cette terre mutante. Dommage que Jaden, comme son père soit ici aussi mauvais acteur, la démarche sinon aurait pu fonctionner !
Quentin Boutel














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