MEA CULPA
France - 2014
Image de « Mea Culpa  »
Genre : Policier
Réalisateur : Fred Cavayé
Musique : Cliff Martinez
Durée : 90 minutes
Distributeur : Gaumont
Date de sortie : 5 février 2014
Film : note
Jaquette de « Mea Culpa  »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Dans Mea Culpa, on suit le destin d’un ancien flic devenu convoyeur de fond, peinant à tenir son rôle de père auprès de son fils de 9ans, Théo. Lors d’une corrida, le petit Théo va être malgré lui le témoin d’un règlement de compte mafieux. Très vite, il fera l’objet de menaces. Simon va alors faire appel à son ancien collègue, Franck, et venir à bout de ses poursuivants !
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La Poursuite impitoyable

Au moment où Colt 45, le polar noir et ultra-violent de Fabrice Du Welz a presque disparu des carnets de sorties françaises et quelques jours avant la diffusion sur Canal + de la troisième saison de Braquo, parangon du polar moderne à la française, Fred Cavayé, le talentueux réalisateur qui a largement contribué avec ses deux premiers films à la révélation de cette nouvelle vague de films de genre, fièrement ancrés dans une certaine tradition d'un cinéma populaire français trop vite enterré, sort cette semaine un nouveau film en salle, Mea Culpa, un polar survitaminé qui n'a rien à envier à ces homologues américains.

Lorsque l'on sort de Mea Culpa on pense à beaucoup de chose. A Tony Scott d'abord, à John Woo, mais aussi et surtout à tout une série de polars français des années 1960-70. Fred Cavayé, révélé avec le génial Pour Elle et deux ans plus tard avec son très sympathique A Bout Portant, n'est plus un débutant et ça se sent, les séquences d'actions sont brutales, chorégraphiées avec brio et montées avec un sens de la tension incroyable. Et, c'est d'ailleurs ce rythme infernal, propre à tous ses films, ce montage immersif et même quelques choix dans la direction photo qui nous faisait évoquait Tony Scott. Quant à John Woo, c'est pour cette séquence de poursuite dans les hangars qui rappelle étrangement A Better Tomorrow 2, mais aussi et surtout pour les superbes chorégraphies des séquences de gunfights. En 90min, Cavayé jongle avec les codes du cinéma d'action moderne avec génie, leur offrant même une lisibilité quasi-inédite aujourd'hui. Et, à travers cette réappropriation des codes du cinéma d'action, le cinéaste cherche à raviver cette tradition d'un cinéma populaire français, celui de Verneuil, de De Broca, de Melville, celui des enquêtes musclées, des dialogues incisifs et des poursuites infernales, symbole d'un cinéma volontairement excessif et terriblement généreux que la presse « intellectuelle » et les cinéastes franchouillards semblent depuis trop longtemps vouloir oublier. Et pour cause, la course poursuite c'est la figure fétiche de Cavavé, autour de laquelle il articule son écriture et sa mise en scène.

 

Action à la française


Ses personnages sont pris dans une frénésie d'événements qui les dépasse, condamnés à courir contre la mort (celle de la femme de Lellouche dans A Bout Portant, du fils de Lindon dans celui-ci, etc.), comme le prouve magnifiquement l'incroyable climax de Mea Culpa, séquence somme de l'œuvre du cinéaste, où Lellouche poursuit en voiture Vincent Lindon et sa famille menacés dans un TGV par les méchants mafieux. Et, cet héritage, Cavayé le manifeste aussi dans sa façon de filmer les décors, de sublimer tous ses lieux français qui servent de cadre à ces histoires. Dans A Bout Portant, déjà, il articulait son récit autour d'une incroyable séquence de course poursuite dans le métro, figure au combien représentative du Paris moderne. Et, dans Mea Culpa, il fait des anciennes halles de Toulon, de sa rade, sa basse ville fantomatique des hauts lieux de cinéma en leur conférant une dimension iconique par l'élégance de sa mise en scène. Dans ces conditions, on se moque éperdument de la soi-disant simplicité du scénario du film (simple ne veut pas dire pour autant simpliste). Les raccourcis sont nombreux, certes, mais l'histoire est suffisamment intéressante et bien ficelée pour structurer et même justifier les nombreuses séquences d'action du film. Et pour cause, elle repose toute entière sur les deux acteurs principaux qui sont ici impériaux. Lindon et son flegme caractéristique jouent parfaitement l'homme rongé par la culpabilité, quant à Lellouche, le rôle du flic aux manières expéditives lui va comme un gant. Parfaitement caractérisé le duo, entraîne le spectateur corps et âme au cœur du spectacle grâce à l'écriture efficace, mais non moins subtile, de Cavayé et de son coscénariste. Les deux personnages sont d'ailleurs animés par des valeurs complexes, telles que la famille, la culpabilité, la rédemption. Toutefois, ils ne se définissent pas par leur discours, mais bel et bien par leurs actes, preuve que nous sommes bien ici en présence d'un grand film d'action. Fred Cavayé a encore frappé !

Quentin Boutel














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