Là-HAUT
Up - Etats-Unis - 2009
Image de « Là-haut »
Genre : Aventure, Animé
Réalisateur : Pete Docter, Bob Peterson
Musique : Michael Giacchino
Durée : 105 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 29 juillet 2009
Film : note
Jaquette de « Là-haut »
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site officiel
LE PITCH
Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s'envoler vers l'Amérique du Sud, il ne s'attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de 9 ans, toujours très enthousiaste et assez envahissant... Ce duo totalement imprévisible et improbable va vivre une aventure délirante qui les plongera dans un voyage dépassant l'imagination.
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Ballons d'amour

Une maison planant dans les airs grâce à des dizaines de milliers de ballons gonfés à l'hélium, des chiens exprimant leur pensées via un traducteur universel logé dans leur collier, une espèce d'oiseau inconnue convoitée par un aventurier déchu, des hommages en pagaille au studio Ghibli (Le Château dans le ciel en tête). Voici a priori le programme de Là-haut. Mais comme d'habitude avec les studios Pixar, attendez-vous à dénicher quelques trésors insoupçonnés en filigrane.

 

Les artistes de Pixar sont du genre à prendre leur public à revers. C'est pourquoi, à la lecture du pitch potentiellement stéréotypé de Là-Haut (basé, après tout, sur la rencontre entre un vieux grincheux et un jeune aventurier en herbe), on se disait bien qu'il y avait anguille sous roche. Réalisateur de Monstres & Cie, l'un des fleurons les plus touchants du studio, Pete Docter n'attend pas trois quarts d'heure pour renverser ici son argument de vente, et dévoiler toute l'humanité de son projet. En ouvrant sa narration sur l'enfance de son futur grabataire, en filmant avec une sensibilité à fleur de peau sa première rencontre avec celle qui deviendra son épouse, puis en relatant, via une bobine entièrement muette portée par une valse de Michael Giacchino, soixante années d'une vie de couple passée main dans la main, les yeux dans les yeux, par temps clairs ou tempêtes, Là-haut offre d'emblée un bagage émotionnel complexe au spectateur. Une émotion tellement puissante qu'elle influera sur l'ensemble des péripéties à suivre, amenant à aborder chaque éclat de rire un nœud au fond de la gorge.

 

Jusqu'au bout du rêve

 

Il y a clairement de quoi pleurer à chaudes larmes dans cette histoire d'amour fou, où un homme au pied du mur, évacué de force d'une société qu'il ne comprend plus, va déployer des trésors de courage pour honorer une promesse vieille de plus d'un demi-siècle. Aussi excitants soient les morceaux de bravoure (une course-poursuite contre une meute de chiens dans un canyon en train de s'effondrer, l'assaut de la maison volante par des biplans, un combat d'escrime entre vieillards au cœur d'un dirigeable), aussi hilarants soient les gags (tous fonctionnent, des moqueries de scout aux traducteurs défaillants de langage canins), Là-haut vise directement le cœur. Le film sait aussi faire preuve d'une gravité inattendue, allant jusqu'à insinuer l'éventualité d'une seconde lecture. Celle-ci, légitimée par une mise en place digne du Total Recall de Verhoeven (l'aventurier déchu, l'enfant, l'oiseau, les ballons faisaient tous partie du quotidien du vieil homme avant son « grand départ »), voudrait que le périple soit un fantasme pur et simple, le dernier refuge d'un veuf marginal obligé de finir sa vie entre les cloisons d'une maison de retraite. Bien sûr, Docter préférera valider durant l'épilogue un récit au premier degré, afin de ne pas s'aliéner le grand public. Il ne vous reste donc qu'à choisir la version qui s'accommode le mieux à votre humeur du jour ; après tout, le film reste formidable dans les deux cas.

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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