MUTANTS
France - 2009
Image de « Mutants »
Genre : Horreur
Réalisateur : David Morley
Musique : Thomas Couzinier
Durée : 100 minutes
Distributeur : Aucun
Date de sortie : 6 mai 2009
Film : note
Jaquette de « Mutants »
portoflio
LE PITCH
Dans un monde où un terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur survie...
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Mutation Nation

Après plusieurs courts-métrages, le réalisateur David Morley passe enfin à la vitesse supérieure et signe Mutants, une nouvelle réussite dans le cinéma de genre en France. Efficace sans être tape à l'oeil, son film réussit là où d'autres s'étaient cassés les crocs, grâce à une humilité cinégénique qui fait plaisir à voir et des choix artistiques qui laissent présager la découverte d'un vrai talent.

 

S'il existe bien un problème dans le film de genre français, c'est la volonté de ses réalisateurs a vouloir étaler en 90 minutes leurs trente ans de cinéphilie éclectique. Si l'intention est toujours louable, un budget restreint, comme une épée de Damoclès, empêche souvent cette réussite, handicapant le film à n'être qu'un patchwork de culture bis. Ici, même si le rapprochement avec des oeuvres comme La Mouche ou 28 semaines plus tard est inévitable, l'intelligence du film de Morley est d'éviter cet écueil « tarantinesque », pour préférer se concentrer uniquement sur ses deux personnages principaux et sur le traitement du récit. Ainsi épuré d'artifices vains et sans tomber dans le minimalisme low-budget, Mutants va donc à l'essentiel et touche sa cible, celle de livrer en temps et en heure une histoire d'amour sur fond de monstres décrépits (non, non, je ne parle pas d'Un Homme et son chien). D'ailleurs, après l'électrochoc Martyrs, Mutants prouve que la France devrait beaucoup plus compter sur le genre pour renouveler la thématique essentielle et éternelle de son Septième Art : l'amour.

La France avance, Renaud accélère

Si les effets spéciaux sont saisissants de réalisme et que le scénario, sans faire dans le renouveau, tient sur la durée, la grosse surprise vient du casting. Pas d'inconnus, pas d'habitués, pas d'acteurs bankables... mieux que ça, des acteurs qu'on n'attendait pas. En effet, Francis Renaud, dont on espérait beaucoup depuis ses prestations déjà immersives chez Olivier Marchal, confirme ici qu'il est désormais l'un des acteurs sur lesquels il faudra le plus compter et son choix comme premier rôle est à l'image du projet, audacieux. Hélène de Fougerolles, dont le lien avec le film de genre s'arrêtait jusque là à la parodie (Les Dents de la nuit, La Cité de la Peur), semble quant à elle complètement dans son élément et prouve qu'elle sait s'emparer de son personnage pour peu que ce dernier lui permette d'exploiter de nouvelles facettes de son jeu et, cqfd, de son talent. Le comble étant de voir ces acteurs se transformer au sein d'un film sur la mutation. Le tout, sans avoir à passer par la case des biopics pompeux. Leur couple fonctionne parfaitement à l'image et c'était ça le principal défi à relever tant cette symbiose devait être au coeur du film, le reste n'étant au final qu'une toile de fond. On souhaite donc à David Morley de rencontrer le public qu'il mérite, parce que pour l'instant en France, en terme de mutation, on n'a pas dépassé le stade de celle de Kad à la poste de Bergues...

Christophe Trent Berthemin




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