KNOCK KNOCK
Etats-Unis - 2015
Image de « Knock Knock »
Genre : Thriller
Réalisateur : Eli Roth
Musique : Manuel Riveiro
Durée : 99 minutes
Distributeur : Synergy Cinema
Date de sortie : 23 septembre 2015
Film : note
Jaquette de « Knock Knock »
portoflio
LE PITCH
Alors que sa femme et ses deux enfants sont partis pour le weekend, Evan, architecte, est resté à la maison pour travailler sur un projet. La sonnette retentie et deux jeunes filles lui demandant de l’aide se trouvent à sa porte.
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Qui est là ?

Alors que son précédent film, The Green Inferno, ne sortira que le mois prochain en e-cinema (nouveau terme censé être plus classe que DTV, mais tout aussi peu glorieux), Knock Knock, grâce à la présence de Keanu Reeves et d'un sujet en apparence sulfureux et bien plus facile à vendre qu'un gang bang de foodporn cannibale, débarque sur nos écrans. Une belle preuve que le droit au grand écran n'est pas une récompense due à la qualité d'un film.

Difficile d'imaginer Eli Roth derrière tout ça. Ou pas de cette façon. Lorsque l'on apprend que, juste après son enfer cannibale, le réalisateur d'Hostel décide de reprendre la plupart de ses potes de camping d'Amazonie pour tourner un home invasion dans lequel Keanu Reeves se ferait agresser sexuellement par deux jeunes filles, on a de quoi saliver. Certes, on se doute bien que Roth recherche un projet beaucoup moins contraignant en terme de logistique et souhaite battre le fer tant qu'il est chaud, prolonger l'aventure créative avec sa nouvelle bande (3 acteurs en commun dont sa femme, Lorenza Izzo). Difficile cependant d'accepter que le résultat soit aussi mensonger qu'un thriller faussement sexuel de la fin des 90's (Sexcrime ou n'importe quel autre film avec le même préfixe), n'ayant pas plus d'ambition qu'une pièce de théâtre de boulevard de second rang.

 

Ciel, ma femme !


Très certainement handicapé par une réputation qui commence à sérieusement le précéder, Eli Roth donne cruellement l'impression d'être complètement passé à côté du sujet. Si le 1er tiers tient ses promesses, notamment par une tension montant graduellement grâce à quelques idées de mise en scène habiles (les tentatives d'Evan pour repousser des avances de plus en plus insistantes, l'intrusion des deux filles incontrôlables), tout s'écroule dès que le récit prend la direction du thriller qui n'aura au final jamais rien d'horrifique. Bien sur, Roth est parfaitement libre d'explorer tous les genres possibles et imaginables, et c'est d'ailleurs son souhait, mais en fleuretant constamment avec le passé cinématographique torturé, pervers et sanglant qu'on lui connaît, Roth nous tease mais nous laisse sur notre faim en nous ayant embrouillé l'esprit. Difficile de trouver où il souhaite en venir.

Bien que douteux sur le message transmis (une leçon de puritanisme ? Une critique sociétale ? Rien n'est sur vu que Roth enfonce des portes, mais ne rentre dans aucune pièce), sa trame narrative arrive tout de même à accrocher le spectateur mais peine à le conserver jusqu'au bout, la faute à une mise en scène épuisée et peu inventive. Le film pourrait tout de même s'en tirer grâce à la perversité de ses deux personnages féminins, mais la prestation d'une médiocrité sans nom de Keanu Reeves achève tout espoir. Mauvais et sonnant faux du début à la fin, Reeves a rarement été aussi peu convaincant. Une erreur de casting doublé d'une absence de direction d'acteur (uniquement pour Reeves) qui fait de Knock Knock un film absolument dispensable. Dommage, que ce dernier ait été préféré à The Green Inferno pour une diffusion en salles, une carrière en e-cinema ayant été bien moins exigeante. Un film qui pour le coup souffre cruellement de ses ambitions en salles.

François Rey








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