DEADPOOL
Etats-Unis - 2016
Image de « Deadpool »
Réalisateur : Tim Miller
Musique : Junkie XL
Durée : 108 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 10 février 2016
Film : note
Jaquette de « Deadpool »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Wade Wilson, mercenaire bavard, blagueur et atteint d’un cancer en phase terminale, accepte de suivre un traitement expérimental aux issues positives : guérison totale et super pouvoirs. Défiguré par le traitement peu orthodoxe, Wade, adoptant désormais le pseudonyme de Deadpool, doit absolument retrouver l’homme responsable de son sort.
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X-Farce

Né en 1991 de l'imagination du scénariste Fabian Nicieza et du dessinateur le moins aimé de la planète comics, Rob Liefeld, Deadpool, le mercenaire blagueur made in Marvel aura connu bien des déboires avant de bénéficier d'une adaptation cinématographique à l'image de ses petits camarades de jeux étudiant chez le professeur Xavier.

Une chose est certaine, Ryan Reynolds est aussi généreux que tenace. Après une première interprétation du mercenaire bavard dans le honteux X-Men Origins : Wolverine, il aurait été facile pour lui d'enterrer les katanas et de tourner le dos au personnage. C'était bien sur sans compter sur la popularité grandissante du clown rouge & noir auprès des nouveaux lecteurs de comics et la volonté de Reynolds de réparer l'erreur commise par le passé. Voulu comme un comic book movie subversif et censé briser les codes des films de super héros en cours, Deadpool devait être, à l'image de son personnage titre, un bon gros pavé dans la mare éclaboussant tout autour de lui. Le résultat n'est pas aussi irrévérencieux qu'attendu. Si le côté provoc' du personnage est bien présent et non édulcoré par une classification R aux Etats-Unis dont il n'aurait pas pu se passer (contrairement à RoboCop, Deadpool ne repose que là-dessus), il ne faut pas oublier que le film est vendu comme tel. Marketé et packagé comme un film « gore » et ne lésinant pas sur les blagues en dessous de la ceinture, la subversion disparait donc aussi tôt que le décalage devient calculé et que les transgressions sont subitement autorisées (et perdent dès lors ce qui fait leur définition).

La preuve du calcul destiné à faire adhérer un maximum de public plutôt que de n'accepter aucun compromis est l'installation d'une trame narrative autour d'une girlfriend à laquelle Wilson semble très attaché. Si l'histoire d'amour fonctionne plutôt bien grâce au talent comique de Reynolds, on repassera pour la volonté de « tourner le dos à ce que font les autres et de baisser son fut' au passage». Deadpool aurait tout autant fonctionné, si ce n'est mieux, s'il n'était resté qu'un mercenaire sans grands scrupules, ne cherchant que l'appât du gain et son auto satisfaction. Que la campagne virale (drôle, mais très calculée) plaisante sur la date de sortie proche de la Saint Valentin, on peut le comprendre. Que la romance soit une réalité, l'ensemble devient tout de suite beaucoup moins rock'n'roll !

 

super(ficiel) héros


Malgré tout, Deadpool possède tout pour séduire ! La force d'un script complètement vide (le film ne raconte rien...mais rien) mais habile signé par le duo Paul Wernick et Rhett Reese (Zombieland). Unique personnage conscient de faire partie d'une bande dessiné, Deadpool est le sujet parfait pour briser le 4ème mur et délivrer une avalanche de vannes référentielles et autres plaisanteries meta. Si on peut lui reprocher de ne jouer que sur la mémoire immédiate de ses spectateurs (mais de se moquer de la dite mémoire avec une vanne sur Alien3), la caractéristique principale de Deadpool, sa comic awareness, fonctionne parfaitement à l'écran et il s'en donne à cœur joie. Car malgré le reproche que l'on peut lui faire d'être un film extrêmement calculé, il n'en demeure pas moins drôle et généreux.

Une générosité ayant pour catalyseur son acteur principal. Reynolds aime son personnage autant que son public et le résultat est visible dans chaque plan. Brisant encore plus son image de belle gueule au sens propre comme au figuré, Reynolds ne recule devant rien pour la cause commune : réussir un film fun, un feel good movie dont on ne peut ressortir que diverti à défaut d'être pleinement satisfait. Centralisant l'attention mais la rejetant aussi bien sur ses les autres personnages (dont un Collossus une fois de plus gâché), on pense immédiatement à la suite que pourrait prendre la carrière filmique du merc with a mouth. Car si son avarice et son égoïsme n'ont pas de limites, Deadpool fonctionne tout aussi bien en groupe. Libre à nous de rêver d'un buddy movie avec son comparse Cable ou d'une épopée de la qualité des derniers X-Men, reprenant les meilleurs arcs de X-Force (ceux de Rick Remender) dans laquelle Wilson rejoint l'équipe black-ops dirigée par Wolverine. Une direction qui pourrait éviter à ce Deadpool premier du nom de devenir un produit très vite daté, vite oublié. Tout ce qu'il ne souhaite pas en somme !

François Rey








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