WONDER WOMAN
Etats-Unis / Chine / Hong Kong - 2017
Image de « Wonder Woman »
Réalisateur : Patty Jenkins
Durée : 141 minutes
Distributeur : Warner Bros.
Date de sortie : 7 juin 2017
Film : note
Jaquette de « Wonder Woman »
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LE PITCH
Alors qu’elle travaille au Louvre, Diana Prince aka Wonder Woman, reçoit un colis de la part de Bruce Wayne. A l’intérieur, l’original d’une photo prise durant la première guerre mondiale. Diana se rappelle alors le jour où, pour elle, tout a commencé.
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la guerre des mondes

Après Batman v Superman, dont une partie du scénario prévoyait l'introduction du personnage, l'amazone de l'univers DC a enfin droit à son film. Gal Gadot, plus belle et athlétique que jamais, recoiffe donc le diadème de la déesse. Pour le meilleur, mais pas que.

On doit la création de Wonder Woman à un certain William Moulton Marston, scénariste de comics, psychologue, mais aussi et surtout en 1941, année de naissance du personnage, féministe. Une réponse directe au personnage de Superman, dont la toute puissance est synonyme pour certains d'une certaine forme de fascisme, Wonder Woman est sensée alors être une réponse féminine comme alternative à la violence des mâles. Une idée qui suivra le personnage pendant quelques temps, jusqu'à la mort de Marston, en 1947. Sur ce point, le film de Patty Jenkins colle parfaitement à la volonté originelle de son créateur (et renvoie donc la série des 80's avec Linda Carter à sa condition d'œuvre kitsch rigolote).
Sur son île dissimulée aux yeux du monde, la petite Diana grandit dans un monde de femmes, guerrières amazones se préparant au retour annoncé d'Arès, Dieu de la guerre qui assujettira le monde en le plongeant dans une ère de conflits sans fin. La Femme, dans ce qu'elle a de plus contradictoire vis-à-vis de l'Homme, est donc la solution. Le début de la résolution du problème commence donc par l'arrivée d'un espion anglais (Chris Pine, toujours crédible en uniforme depuis les Star Trek d'Abrams), premier homme à enter en contact avec Diana. Amenant tout un bataillon de soldats allemands avec lui, il oblige sans le vouloir les Amazones à prendre part au conflit. Après une bataille qui verra la mort de sa maîtresse d'armes (Antiope, superbement incarnée par la Robin Wright), Diana se sent investie d'une mission, persuadée que cette guerre mondiale est due au retour d'Arès, et quitte son île malgré les mises en garde sa mère (Hippolyta, jouée par Connie Nielsen, toujours aussi belle depuis Gladiator). Diana va alors devoir apprendre à connaître un monde qui lui est inconnu, y trouver sa place et devenir la guerrière qui, un jour, rejoindra les rangs de la fameuse Ligue de Justice (dont la sortie du film est prévue pour novembre de cette année).

 

le (sur)vol du phénix


Si on peut se féliciter que le film respecte l'essence du personnage (que Gal Gadot incarne à la perfection grâce à un jeu sans cesse nuancé), on peut toutefois regretter le travail plus qu'inabouti autour du script final. Des thématiques, nombreuses, à commencer par ce féminisme qu'on attendait de pied ferme dans un genre qui fait trop souvent la part belle aux personnages masculins, il ne reste pratiquement plus rien (à part une blague ici ou là, un comble !). Même chose concernant les personnages ; leurs interactions, exacerbées par leurs différences (à l'image du commando allié de l'héroïne constitué notamment d'un Indien et d'un maghrébin) auraient pu donner lieu à des développements intéressants. Au lieu de ça, le film se contente d'enchaîner les scènes d'action sans jamais rien développer si ce n'est le mystère autour de l'identité d'Arès qui, bien évidemment, sera dévoilé dans un climax certes pas dégueu mais loin de tout risque d'écriture ou de mise en scène. Un spectacle qui semble avoir été vu mille fois en ces temps où les films de super héros squattent en permanence les multiplexes. D'ailleurs, le film souffre aussi de plusieurs comparaisons qui ne jouent pas en sa faveur : la bataille de la plage du début évoque les spartiates de 300 (la présence de Zack Snyder à l'écriture, sûrement) mais les CGI y semblaient meilleurs dans un film qui a dix ans et les scènes montrant Wonder Woman au front avec son commando évoquent évidemment l'excellent Captain America de Joe Johnston mais sans jamais en avoir la puissance narrative ni bénéficier de sa belle photo.

Si ce Wonder Woman a donc quelques arguments qui jouent en sa faveur (la plupart des acteurs sont formidables, pour ne pas dire exceptionnelle concernant son actrice principale, ses scènes d'action sont plutôt très violentes, le personnage papier est respecté) certains choix peu judicieux (l'utilisation abusive du bullet time, la musique de Rupert Gregson-Williams jamais aussi puissante que le thème guerrier de Hans Zimmer...) le plombent en permanence, l'empêchant de prendre définitivement son envol. Malgré deux très bons films autour du Man of Steel, après cette petite amertume et la catastrophe industrielle Suicide Squad, on est en droit de s'inquiéter de ce que pourra donner le futur Justice League.

Laurent Valentin












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