CRAWL
Etats-Unis - 2019
Image de « Crawl »
Genre : Horreur
Réalisateur : Alexandre Aja
Durée : 87 minutes
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 24 juillet 2019
Film : note
Jaquette de « Crawl »
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site officiel
LE PITCH
Quand un violent ouragan s’abat sur sa ville natale de Floride, Hayley ignore les ordres d’évacuation pour partir à la recherche de son père porté disparu. Elle le retrouve grièvement blessé dans le sous-sol de la maison familiale et réalise qu’ils sont tous les deux menacés par une inondation progressant à une vitesse inquiétante. Alors que s’enclenche une course contre la montre pour fuir l’ouragan en marche, Haley et son père comprennent que l’inondation est loin d’ê...
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L'horreur lui va si bien

Consternés par le dernier Besson, dépités par le spin off de Fast and Furious, gavés de Marvelleries jusqu'à l'os, vous vous apprêtiez à passer un été bien triste, sans même une bonne petite série B à vous mettre sous la dent. Réjouissez-vous, la pelloche de l'été arrive, et c'est un film de croco !

Enfin d'alligators plus précisément. Car Crawl se passe dans le Sud de la Floride, un des terrains de jeux de ces charmantes bestioles. Alors que les autorités organisent une évacuation de sa ville natale victime d'un ouragan violent, Haley (excellente Kaya Scodelario) part à la recherche de son père, porté disparu. Elle le retrouvera bien vite dans le sous-sol de sa maison, en proie à une inondation grandissante. Deux personnages en froid, des éléments déchainés, un lieu clos, une menace monstrueuse, Alexandre Aja choisit, après le semi-échec artistique et industriel de La Neuvième vie de Louis Drax, de revenir à ce qu'il sait faire le mieux : un pur film d'horreur, sec et méchant. Il s'éloigne par la même de la distribution indépendante pour s'en aller sous la houlette bien plus rassurante d'une major, la Paramount. La production, elle, est assurée par un grand nom de l'horreur : Monsieur Sam Raimi himself.

 

jusqu'en enfer


Très éloigné de l'approche flamboyante et proche du slapstick du papa d'Evil Dead, Alexandre Aja applique néanmoins quelques leçons du maître. Mené tambour battant, Crawl lui emprunte en effet sa gestion impeccable du rythme (le film fait 87 minutes, sans une once de gras) et sa manière de caractériser les personnages dans l'action. Aja a également l'intelligence d'inverser la dynamique classique du père protégeant sa fille. Ici c'est Haley qui porte (littéralement) son paternel à bout de bras. Le réalisateur sait également jouer de l'aspect claustrophobique de la maison qui sert de décor (quasi) unique au film. En choisissant le format 2:35, il rend totalement étouffant le sous-sol bas de plafond dans lequel se déroule une grande partie du récit. Un ratio d'image qui épouse également la morphologie tout en longueur des alligators. A cette horizontalité répondra une escalade autant topographique - il s'agira de gravir les étages au fur et à mesure que l'eau monte - qu'émotionnelle - l'émancipation d'Haley via la reconstruction de la relation avec son père. Aja n'en oublie pas de rendre l'expérience ludique en s'amusant à perdre son spectateur dans cet espace labyrinthique et en ménageant ses effets pour mieux surprendre. Pari gagné, les apparitions des alligators sont tétanisantes et d'un réalisme affolant pour une production de ce type. Tourné pour à peine 17 millions de dollars, le long-métrage, non content de profiter d'un décor construit en dur et noyé sous des hectolitres d'eau, propose une créature, elle, entièrement en CGI. Le résultat est bluffant, tant la texture de l'alligator semble réelle, et sa façon de se mouvoir dans l'eau fluide et crédible. Le film, tourné en Serbie, paraît coûter deux fois son prix. Sam Raimi n'a pas oublié d'être un producteur malin.

Si l'on oublie un étalonnage tirant sur les teintes grises-verdâtres pas toujours du meilleur effet, on tient donc là une série B rare, un roller coaster superbement incarné et parfaitement rythmé qui marie généreusement les genres (film catastrophe, slasher, home invasion). Et qui est surtout le meilleur long-métrage de son auteur depuis son excellent remake de La Colline a des yeux.

François Willig






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