KAIJû, ENVAHISSEURS & APOCALYPSE
France - 2020
Image de « Kaijû, envahisseurs & Apocalypse »
Réalisateur : Fabien Mauro
Acteurs : Divers
Musique : Divers
Distributeur : Aardvark Editions
Date de sortie : 6 octobre 2020
Film : note
Jaquette de « Kaijû, envahisseurs & Apocalypse »
portoflio
site officiel
LE PITCH
1954. Godzilla surgit des profondeurs du Pacifique pour poser son empreinte sur le Japon et l’histoire du cinéma. Durant les décennies qui vont suivre, les studios japonais rivalisent de créativité et d’ingéniosité pour produire des œuvres qui vont façonner la culture populaire du pays : kaiju eiga, invasion extraterrestre, expériences scientifiques démentes, super-héros, odyssées spatiales et catastrophe imminente.
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Le Territoire des monstres

Pas vraiment représenté de nos jours autant du coté des éditeurs vidéo que des sorties en salles (comme expliquer que Shin Godzilla soit toujours inédit en France ?) le cinéma de SF japonais, et en particulier le Kaiju Eiga, trouve enfin un ouvrage à sa hauteur avec une étude passionnante de son âge d'or de l'ère Showa. De l'apparition des premiers mutants de l'atome au déclin apocalyptique, passant forcément par Godzilla et ses copains.

De la fin des années 40 jusqu'au déclins de 70's un peu difficile, c'est une sacrément belle galerie de créatures en tous genres qui vont naitre sur les écrans nippons : espions aux pouvoirs étranges, super-héros colorés et adeptes des transformations, visions futuristes parfaitement catastrophiques et monstres géants iconiques. Tout cela nécessitait largement ces presque 600 pages bien tassées entre une iconographie ultra généreuses (et toute pimpante et restaurée) bourrées d'affiches et d'images publicitaires chatoyantes et des textes particulièrement denses en information signés Fabien Mauro. Un collaborateur régulier de l'excellente revue Otomo qui avait déjà rédigé Ishiro Honda : Humanisme Monstre aux Editions Rouge Profond. C'est dire si cette branche très particulière du cinéma populaire est vraiment sa tasse de thé. Et cela se ressent à chaque page, chaque ligne, tant on sent constamment l'auteur qui a envie de partager sa passion et ses connaissances (impressionnantes) pour un catalogue qui reste extrêmement rares par chez nous. Si quelques productions évoquées ici où là ont pu parfois arriver sur nos écrans... c'était il y a bien longtemps et les copies, même avec sous-titres anglais, restent particulièrement rares. Et clairement la lecture de Kaijû, envahisseurs & Apocalypse confirme à quel point cela est bien dommage.

 

Assaut sur l'archipel


Bien entendu la colonne vertébrale de l'ouvrage reste le déferlement de kaiju ega, ces monstres géants qui ont fait la fierté (et le ridicule pour certain) du cinéma de genre japonais, personnifiés par un Godzilla symbole d'une menace nucléaire, écologique, mais capable tout autant de devenir l'ami des enfants. Rejoindront rapidement Mothra, Gamera (la tortue à réaction), un monstre de Frankenstein, Maijin ou même l'improbable Itoka (on a toujours pas bien compris ce que c'était), mais Fabien Mauro les aborde non pas comme des légendes immuables mais comme les reflets de leur époque. Un sous-genre constamment mouvant, passant de l'horreur noir et dénonciatrice au divertissement gargantuesque, et qui se nourrit insatiablement des modes et des succès du moment. D'où de longs chapitres entièrement dévoués aux premiers films de SF largement inspirés des production Universal (les multiples variations autour de l'homme invisible), les premiers super-héros en collant dignes des serial américain (Spaceman et son bonnet de bain), les films d'invasions extraterrestres (Le Satellite mystérieux), les parodies rocambolesques, les horreur purs jus (le lovecraftien, et sublime, Matango), l'aventure à la Jules Vernes (Ataragon), les films catastrophe (La Submersion du Japon) et les fameux sentaï comme le premier Ultraman, dont le succès colossal, et essentiellement télévisé, va révolutionner l'industrie. Outre ces larges mouvances, y émergent autant les politiques des studios (Toho, Daei, Tôei...) que de grands artisans, voir d'authentiques artistes et cinéastes au milieu desquels trônent forcément Ishiro Honda et le spécialiste des effets spéciaux Eiji Tsuburaya capable de transformer n'importe quelle maquette en décor pharamineux.

Décrivant des centaines de films avec force détails, alternant les résumés de trame, les analyses et les reconstitutions des coulisses, l'auteur de Kaijû, envahisseurs & Apocalypse se rend coupable d'attiser les passions et les curiosités, donnant furieusement envie de partir sur les traces de ces tonnes de trésors inaccessibles (ou presque). Un sacré titan qui s'achève sur une encyclopédie supplémentaire dédiée à tous les films évoqués (au cas où il aurait oublié des trucs en passant) et une série de biographies dédiés au réalisateur, producteurs, auteurs et acteurs croisés tout au long de la lecture. LE livre de cinéma de la rentrée servi qui plus est par un tout nouvel éditeur, Aardvark Editions, qui manifestement aime les belles choses.

Nathanaël Bouton-Drouard








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