ELVIS
Etats-Unis - 1979
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Genre : Historique
Réalisateur : John Carpenter
Musique : John Renzetti
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais Stéréo (version longue), Français Stéréo (Version cinéma)
Sous-titre : Français
Durée : 150 minutes
Distributeur : The Corporation
Date de sortie : 4 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Août 1979. Elvis Presley prépare son grand retour sur scène à Las Vegas après 8 ans d’absence. Seul dans sa chambre, il tente de se rassurer malgré les doutes qui l’assaillent et repense à son passé… Il se souvient de son enfance dans la pauvreté, de son jumeau mort-né et de ses parents, de ses frasques au Lycée de Tupelo, de son arrivée à Memphis et de cette incroyable ascension vers la gloire qu’il n’a pas toujours su gérer.
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Heartbreak Hotel

Maitre es horreur et cinéaste visuel de génie, John Carpenter n'aura fait tout au long de sa longue carrière (qui n'est pas terminée, fort heureusement) qu'une seule incartade au cinéma de genre. Un biopic, pour la télévision qui plus est, contant les années de gloire du King of Rock : Elvis Presley. Chose amusante, il s'agit aussi de l'un de ses plus grands succès. 

 

Tourné dans la foulée de Meurtre au 43ème étage (autre production TV), juste avant que la folie Halloween ne lui permette de lancer définitivement sa carrière, Elvis est confié à Carpenter par des producteurs qui voyaient en lui l'homme providentiel... car il composait personnellement ses bande-originale. Le fait que justement, cette charge soit confiée à un autre (John Renzetti au travail, extrêmement discret) prouve que tout le projet repose sur un malentendu. Descendant direct des artisans d'antan, Carpenter est reconnu pour s'approprier les sujets qu'il aborde (quand il n'est pas tout simplement scénariste) et donner de nouvelles couleurs à des trames archi-connues. Impossible cependant de savoir ce qu'aurait donné cette biographie réalisée deux ans seulement après la mort de la star, si le cinéaste avait eu le Final Cut. Il faut ainsi faire avec les multiples errances du film, s'apparentant souvent à une succession d'images d'Epinal, de photographies attendues, ou les chansons phares (réinterprété par un excellent imitateur) venant certes parfois éclairer la psychologie d'Elvis, mais surtout alourdir un rythme déjà relativement contemplatif. On reconnaît bien la maîtrise du cadre de l'amateur de western (un superbe 1.85 à défaut du Cinémascope habituel), lequel semble plus intéressé par la recherche d'une iconographie américaine, plutôt que de ternir ou assombrir les réflexions du chanteur comme il est souvent de coutume dans l'exercice du biopic.

 

suspicious mind


Sans doute est-ce la même raison qui a poussé Anthony Lawrence (justement scénariste de la plupart des comédies musicales d'Elvis) à ne pas évoquer les pathétiques dernières années du bonhomme. Le film reste donc extrêmement positif en apparences, mais d'une certaine façon fonctionne en creux, laissant des zones vides comme pour mieux attirer le regard du spectateur. La relation fusionnelle avec sa mère (excellente Shelley Winters), son incapacité à vivre en couple et surtout l'évocation d'un frère mort-né vécu comme une cicatrice, lequel deviendra finalement le seul véritable interlocuteur d'Elvis, tout cela reste en suspens, en filigrane comme pour ne pas gâcher la lumière et les paillettes. Carpenter en tire tout de même les meilleures séquences du long-métrage, jouant avec talent sur l'espace vide ou l'ombre / double, et laissant à nouveau un tout jeune Kurt Russell exploser à l'écran, incarnant avec une justesse et un charisme incroyables le rocker jusque dans ses déhanchés illustres. Ce long téléfilm (presque trois heures) ne semble pas toujours capable de saisir toute l'essence de son sujet, ne prend jamais de risques inconsidérés (dommage) mais porte tout de même la marque de papy Carpenter. C'est aussi le film qui aura permis au duo Carpenter / Russell d'entamer sa longue et fructueuse collaboration. Sans Elvis, pas de New York 1997, de The Thing ou de Jack Burton...

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Non édité pendant des années, Elvis est enfin sorti en DVD et Blu-ray l'été dernier en Angleterre. Si malheureusement l'éditeur français n'a pas pris le risque de passer lui aussi à la HD, il en reprend directement le master pour une édition SD honorable. Bien sûr; certains plans sont encore assez flous, le grain donne parfois à l'image l'apparence d'une VHS boostée, mais dans l'ensemble le travail est plutôt convaincant. Surtout lorsqu'on pense qu'Elvis n'est au départ qu'un téléfilm. Coup de chance, à l'époque ce type de production était tourné en pellicule, ce qui a permis tout de même via une petite restauration de redonner aux décors leur relief, et aux couleurs leur tenue (les visages semblent par contre un peu rougeaux par moments). Pas parfait certes, mais largement au dessus de ce a quoi on s'attendait.

 

Son :
Produit TV de la fin des années 70, Elvis n'a logiquement rien à faire avec un mixage 5.1 quelconque. La version anglaise disponible sur la version complète du film installe donc un mono sobre et direct, sans fioritures ni faiblesses. Même constat, ou presque, pour la version française attachée, elle, au montage plus court. Si le doublage est plutôt réussi (à l'époque on faisait du bon boulot), la source assure un peu moins de limpidité.  

 

Interactivité :
En premier lieu, il faut rappeler que l'opportunité de revoir ce téléfilm est suffisamment étonnante pour pardonner à l'éditeur la disparition du commentaire audio enregistré pour l'édition anglaise. Exit la doublure vocale Ronnie McDowell et le cousin d'Elvis, Edie Hand (a priori dit comme ça, ça n'avait pas l'air très glamour), mais en revanche le boiîier français gagne au passage un second disque proposant en exclusivité le montage cinéma du film, uniquement accessible en français. Seul supplément commun entre les deux éditions, la petite featurette d'époque (à peine dix minutes) à but promotionnel aligne des propos pas forcément passionnants, mais permet de voir Kurt Russell en séance de maquillage ou John Carpenter sans ses légendaires cheveux blancs. Plutôt amusant.

 

Liste des bonus : Montage Cinéma (127'), « Faire revivre la légende » : interviews et images d'archives de Kurt Russell et John Carpenter

 
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