DREAM HOME
Wai dor lei ah yut ho - Hong-Kong - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Ho-Cheung Pang
Musique : Gabriele Roberto
Image : 2.35 16/9
Son : Cantonais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 5 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Dream Home »
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LE PITCH
Cheng s’est jurée qu’un jour, elle s’offrirait un appartement avec vue sur la sublime baie de Hong Kong. Pour atteindre son rêve, elle assume deux jobs en même temps et va même jusqu’à voler des données pour les revendre à la concurrence. Mais Hong Kong est une des villes les plus chères du monde et elle n’arrive pas à concrétiser son rêve... Et elle ne va pas en rester là !
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Quand le batiment va...

La catégorie III n'est pas morte, cette classification mythique du cinéma extrême en provenance de Hong-Kong, devenue au fil du temps un véritable label horrifique synonyme de gore et de déviance en tout genre - souvenez-vous de Story of Ricky ou de l'impensable Ebola Syndrome... C'est en tant que nouveau porte-étendard de cette classification moribonde que Dream Home surgit sur nos (petits) écrans.

 

Et si vous aviez oublié comment le mot violence peut-être traduit à l'écran, préparez-vous à retrouver la mémoire très rapidement ! La première chose qui saute (gicle ?) aux yeux lors de la vision du long-métrage, c'est bien l'extrême âpreté des assassinats ! Dream Home oscille en permanence entre le gros gore qui tache, décérébré et récréatif, et la brutalité cinglante, objectivement effroyable, quand elle n'est pas tout simplement traumatisante. Ceux qui pensaient avoir vu du lourd avec Watchmen (dont on ne spoilera pas la scène en question pour ceux qui ne l'ont pas vu) vont probablement revoir leurs exigences à la hausse ! Toute cette violence graphique a en outre l'avantage d'être emballée dans une mise en scène très élégante et audacieuse, macabrement éclairée, rappelant forcement un certain cinéma transalpin (d'ailleurs accueilli fraîchement par un certain président de jury de Gérardmer). Les premières minutes du film sont à ce titre époustouflantes de maîtrise, shootant une mise à mort d'une cruauté glaçante, jusqu'au-boutiste et, surtout, crédible...

 

Elu produit de l'année

 

Mais il serait trop facile de réduire Dream Home à un vulgaire splatter lambda, puisque Pang Ho-Cheung réussit à se servir de ces excès pour soutenir une critique cynique sur l'évolution de la société hongkongaise, en pleine autodestruction depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. L'utilisation d'une narration éclatée, où s'entrecroisent passé et présent, accompagne une héroïne malmenée par une vie mouvementée mais fatalement banale, prête à tout (et c'est le moins qu'on puisse dire) pour réaliser ses rêves d'enfant. Personnage hautement symbolique, cristallisant la mutation d'une société balançant progressivement tous ses principes aux chiottes, Josie Ho apparaît d'autant plus emblématique qu'elle n'est jamais présentée comme une psychopathe brisée par la vie (contrairement au Halloween de Rob Zombie). Pang Ho-Cheung préfère prendre à contre-pied ses spectateurs en esquivant les obligatoires circonstances atténuantes. Le procédé est effroyable mais diablement efficace, et téléporte en douceur le spectateur dans la peau du personnage, débordé par ses multiples boulots, sa vie sentimentale claudicante et écrasée par des spéculations immobilières hors de tout contrôle. N'est-ce pas là la vie de Monsieur Tout-le-monde ? L'héroïne de Dream Home n'est au final que notre reflet dans le miroir, un individu soit-disant civilisé qui n'aurait pas perdu l'esprit, bien au contraire, mais se serait parfaitement adapté aux lois de notre société matérialiste et carnassière ; une évolution logique et aboutie de ce que l'égocentrisme moderne peu engendrer. Dream Home navigue entre deux-eaux et traîne derrière lui quelques spécificités qui pourront sembler aller à l'encontre des avides de trash, mais il s'impose malgré tout comme Le slasher (social ?) de l'année. Ni plus, ni moins !

Jeremy Chateauraynaud







 

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Image :
Il n'est pas question ici de fustiger les pauvres cinéphiles qui n'ont pas encore investi dans une installation Blu-ray, mais force est de constater que pour un film comme Dream Home cela paraît essentiel. L'éclairage blafard et verdâtre met à rude épreuve le format DVD, mais le résultat est en revanche sublime en HD. Quoi de plus logique pour un métrage filmé avec la Red One, Rolls Royce des caméras numériques ? Entre la profondeur de champ naturelle, le piqué imparable et un traitement des couleurs d'une puissance rare, l'ensemble fait oublier ses origines digitales par son rendu presque « pellicule ».  Rien à redire.

 

Son :
Le Blu-ray de Dream Home propose deux pistes d'une puissance équivalente. Ces deux DTS-HD Master Audio 5.1 installent une ambiance lourde et pesante grâce au canal des graves, tout en apportant une limpidité certaine sur les sources avant. On pourra tout de même reprocher un manque de muscles sur les effets arrières, mais ces mixages sont subtilement fignolés et réussissent sans souci à meurtrir le spectateur. Il est en revanche préférable de s'orienter vers la version originale, nettement plus convaincante et spontanée, en particulier lors des joyeuses scènes de boucherie.

 

Interactivité :
Habitude en vogue mais quelque peu agaçante, le DVD contient une version tronquée du making-of, alors qu'il est au complet dans le Blu-ray. Les pauvres roturiers de la SD auront donc droit à un documentaire de 36 minutes, classé sous la forme un étage / un thème. On retrouve alors toute l'équipe du film dans le processus créatif et on y apprend beaucoup de choses pertinentes, dont la volonté de se passer de doublures, les véritables prouesses réalisées par les pauvres victimes ou encore la conception très réussie des effets spéciaux. La version complète présente sur le disque HD y ajoute donc quelques chapitres inédits (maquillage, photographie...) avec près d'une demi-heure supplémentaire. Brassant désormais tous les points de fabrication du film, il s'avère clairement indispensable et toujours aussi bien conçu.

Liste des bonus : Making of (60'), Bandes-annonces

 
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