RANGO
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Rango »
Réalisateur : Gore Verbinski
Musique : Hans Zimmer
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, italien…
Durée : 107 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 27 juillet 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Rango »
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site officiel
LE PITCH
Alors qu'il mène sa vie sans histoire d'animal de compagnie, Rango, caméléon peu aventurier, est en pleine crise d'identité : à quoi bon avoir des ambitions quand tout ce qu'on vous demande, c'est de vous fondre dans la masse ? Un jour, Rango échoue par hasard dans la petite ville de Poussière, dans l'Ouest sauvage, où de sournoises créatures venues du désert font régner la terreur. Contre toute attente, notre caméléon, qui ne brille pas par son courage, comprend qu'il peut enfin se...
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Son nom est personne

Laissant au surestimé Rob Marshall le soin d'illustrer un nouveau Pirates des Caraïbes, Gore Verbinski a préféré se tourner vers le cinéma d'animation pour donner sa vision d'un autre genre (autrefois) populaire : le Western. Soutenue une nouvelle fois par le sémillant Johnny Depp, la mue ne laisse pas sans voix.

 

Envisagée et conceptualisée bien avant le lancement de Pirates des Caraïbes, de façon étonnement logique, cette relecture du western vécue par des animaux du désert (aaah les américain et l'anthropomorphisme) aura richement nourri les développements de la trilogie, en particulier l'évolutions du statut d'un certain Jack Sparrow. Son voyage initiatique intérieur restait néanmoins au second plan, offrant tout de même quelques séquences étonnantes (le monde blanc en ouverture de Jusqu'au bout du monde, dont on retrouve des visions plus poussées, plus abouties dans Rango). Les trois Pirates des Caraïbes étant largement inspirés de la première saga Star Wars, elle-même nourrie des écrits de Joseph Campbell, on peut dire qu'avec Rango une certaine boucle est bouclée, le film citant allègrement la théorie du monomythe. Cette structure universelle et généreusement codifiée sert de cadre aux aventures d'un lézard sans identité (doublé par un Johnny Depp idéal), et même de zone de débat factuelle sur son rôle à jouer dans le monde, à réagir aux étapes de sa maturation, de sa construction identitaire. Un voyage complexe dans le fond, mais qui se retrouve admirablement dynamisé et vulgarisé par Gore Verbinski (La Souris, Le Cercle) dont on retrouve indéniablement ici le sens du grand spectacle, de l'esbroufe bien sentie, le cinéaste jouant encore avec largesse sur l'accumulation et les ruptures de ton, mais toujours avec une grammaire lisible (en gros l'inverse de Michael Bay).

 

Welcome to perdition

 

Charge des valkyries à dos de chauve-souris, jeu du chat et la souris (tiens donc...) entre Rango et un aigle en plein dans les ruelles de Poussière... Tout cela est bien entendu mêlé à des détournements des codes et figures du western américain classique, la mariage reposant sur un humour malheureusement pas toujours des plus fins. Au milieu de dialogues à double-sens pertinents ou d'un hommage inoubliable à l'Homme sans nom, Rango semble vouloir régulièrement s'écarter de sa propre exigence pour aller draguer un grand public que les créatifs doivent imaginer un poil limité. Déjà bavard, le film passe parfois pour un cours magistral mal fagoté et répétitif (à force de répéter l'évidence, ça lasse), mais ce sont surtout les digressions scato / sexuelles qui navrent. Ce gâchis égratigne un trip qui s'amuse à citer Leone ou Las Vegas Parano entre une chevauchée à dos de poulet ou un coucher de soleil splendide joliment chorégraphié par les techniciens d'ILM. Peu habitués aux longs métrages d'animation, les gars du George Lucas apportent un réalisme visuel impressionnant au projet, respectant à la perfection les designs de Marc « Crash » McCreery (Pirates des Caraïbes, Le Village...) tout en jouant sur une texture « cinéma » du meilleur effet. Visuellement ébouriffant, bien pensé, Rango perd de sa superbe en voulant trop plaire. Bizarre, c'est justement l'un des traits de son personnage principal.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Aucune raison d'en douter ni d'être vraiment surpris, la copie de Rango est juste parfaite. Déjà le film profite de sa nature synthétique pour fournir un master numérique direct, mais qui plus est la compression imparable de Paramount et le sens du détail graphique d'ILM font le reste. Entre des teintes d'une perfection absolue, une profondeur de champ hallucinante mais cinématographique, et une lumière d'un naturel désarmant, le résultat est splendide.

 

Son :
Aors qu'en tant que film d'animation américain (et donc prévu pour être visionné en famille) on s'attendait à une nette prédominance du doublage français, ce dernier n'est disponible que dans un Dolby Digital 5.1 propre, efficace mais sans fioriture. Le spectacle total vient du DTS-HD Master Audio 5.1 anglais, permettant de profiter des interprétations incroyables des acteurs (et pas que Johnny Depp), ainsi que d'un mixage particulièrement jubilatoire. Entre la restitution particulièrement fine des ambiances de l'ouest, la limpidité totale de la musique et des dialogues et enfin la force du moindre effet sonore accompagnant l'action plus musclée, le tout se marie à la perfection faisant revivre les sensations cinéma avec une générosité rare.

 

Interactivité :
Même si le contenu n'avait pas toujours été idéal, Gore Verbinski s'était toujours montré plus que généreux dans les suppléments des trois Pirates des Caraïbes. Ses nombreuses interventions traduisaient une réelle volonté de transmettre et d'expliciter ses nombreux choix créatifs, et la démarche se retrouve ici intacte, voire carrément libérée par l'éditeur. On commence par un commentaire audio regroupant le réalisateur et ses camarades du scénario, de la production et de l'animation, qui entre deux petites anecdotes révèlent de nombreux détails techniques mais aussi quelques secrets de fabrication bienvenus. Sans doute trop collective, la piste se perd parfois en accolades ; c'est sans doute pour cela qu'on lui préfère largement l'excellent making of découpé en deux partie. D'un côté tout le travail préparatoire est révélé (designs, histoire, doublage), de l'autre toute la production dans les studios d'ILM. L'ensemble est extrêmement agréable, révélant toute l'ambition du projet et soulignant l'ambiance presque familiale de sa conception. Particulièrement amusant d'ailleurs d'y voir une partie des séquences entièrement jouées par les acteurs (en costumes) dans une bonne humeur largement restituée dans le résultat final. On passera sur la petite visite interactive (gadget à mort) du village ou sur un reportage sur les vraies créatures du désert (avec tonalité niaiseuse pour que les enfants comprennent bien tout) : l'autre supplément important de cette édition est bien entendu une version plus longue de 5-6 minutes. A côté de la version cinéma, ce « director'scut » ne révèle pas grand-chose de nouveau si ce n'est quelques blagues vaseuses (hémorroïdes, prostituées... quelle poésie !), un ou deux détails plus clairs sur les plans du méchant maire et un final rallongé mais prévisible. Ce sont ces rajouts que l'on retrouve d'ailleurs tels quels dans la section Scènes coupées.

 

Liste des bonus : Copie DVD, Copie Digitale, Commentaire audio de l'équipe du film, Scènes inédites (8'), Storyboard en mode PiP, Dans les coulisses (48'), Rencontrez les créatures de Poussière (22'), Voyage interactif à Poussière, Bande annonce

 
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