DAREDEVIL DIRECTOR'S CUT
Etats-Unis - 2003
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Daredevil Director's Cut »
Réalisateur : Mark Steven Johnson
Musique : Graeme Revell
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, français et allemand DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 133 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 15 avril 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Daredevil Director's Cut »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Avocat le jour, super-héros la nuit, Matt Murdoch possède une ouïe, un odorat, une force et une agilité incroyablement développés. Bien qu'il soit aveugle, son sens radar lui permet de se diriger et d'éviter le moindre obstacle. Inlassablement, cet être torturé arpente les rues de New York à la poursuite de criminels en tout genre qu'il ne peut punir au tribunal. Daredevil aura à affronter Kingpin, alias Le Caïd, qui dirige d'une main de fer la mafia new-yorkaise, ainsi que son homme...
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Au royaume des aveugles...

Clairement handicapé par un casting improbable où seuls les cabotins Colin Farrell et Michael Clarke Duncan tentent de rattraper le coup, Daredevil peut-il tenir le coup face aux nouvelles références super-héroïques sur grand écran (Spider-man 2, The Dark Knight...) ? Pas forcément mais à l'arrivée, ce film malade a tout de même réussi à survivre malgré des choix artistiques étranges.

Souvent considéré comme l'une de pires adaptations de super-héros de ces dernières années (et pourtant il y a eu X-Men 3 et Wolverine depuis), Daredevil était en 2003 l'un des premiers à se jeter dans l'arène. S'intéressant à l'un des personnages les plus romantiques et torturés de l'univers Marvel, transcendé dans les années 1980 par Frank Miller, le métrage affiche la plupart des tics agaçants de ce genre de film : image de synthèse à tout va, surenchère de poses iconiques, clins d'œil à outrance... et surtout erreur de casting flagrante avec Ben « baby face » Affleck dans le rôle titre et Jennifer « Alias j'ai disparu de la circulation » Garner dans celui d'une jeune femme d'origine grecque. Mais là où le bât blessait, c'était surtout dans le choix d'un scénario en forme de condensé de quarante années de comics, quitte à foutre en l'air toute logique et toute implication, notamment avec la mise en avant envahissante d'une Elektra qui n'a plus grand-chose à voir avec la magnétique ninja de la BD. Il faut dire qu'a la sortie en salle du film, le pauvre Mark Steven Johnson (fan boy par excellence) ne cessait de clâmer à qui voulait l'entendre que sa version du film était bien meilleure.

Rédemption

Dubitatif tout de même devant le résultat, one ne pouvait deviner l'étendue des dégâts. Car si le Director's Cut compte une trentaine de minutes supplémentaires, il révèle aussi de nombreuses petites variations dans le montage et certaines séquences, carrément handicapantes, ont tout bonnement disparu (dont une scène d'amour avec Elektra ou les dialogues avec le prêtre dans le confessionnal). Le changement le plus notable est sans aucun dans le rythme du métrage. Moins pressé, il prend le temps d'installer la jeunesse de Daredevil (les rapports avec son père), d'effectuer les parallèles avec son ennemi le Caïd, de faire vivre les personnages secondaires (Foggi Nelson, le collègue du héros, dans quelques séquences de comédies, Bullseyes encore plus fou...). Par-dessus tout ce montage réinstalle les priorités scénaristiques. L'histoire principale n'est plus une histoire d'amour, puis de vengeance avec Elektra, mais surtout la prise de conscience de Matt Murdoch du rôle qu'il doit jouer dans le quartier de Hells Kitchen. Une évolution qui se fait au travers d'une affaire de meurtre - totalement occultée dans le montage en salles ! - que doit résoudre Murdoch autant sous son identité d'avocat que sous celle du Vigilante. Plus approfondi, plus proche du comics et avec plus de Colin Farell dedans, Daredevil est donc désormais un honnête petit film, divertissant et bien moins stupide. Plus un fanboy qu'un réalisateur, Mark Steven Johnson n'a plus à rougir que de son calamiteux Ghost Rider...où là , il n'a vraiment aucune excuse.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Comme précédemment sur DVD, Daredevil nous revient en Blu-Ray avec un travail technique des plus admirables. Si la netteté encore plus poussée fait ressortir quelques images de synthèse peu heureuses, le reste s'en sort grandi avec des teintes superbement chaudes, des contrastes solides et surtout des noirs parfaits. Le master est tout simplement irréprochable et le piqué permet d'afficher une réelle aisance autant dans les plans lumineux que dans les ruelles les plus sombres d'Hells Kitchen.

Son :
Film s'intéressant au destin improbable (bin oui quand même) d'un justicier aveugle, Daredevil tente de donner corps à la « vision » particulière du héros. Un exercice de style qui passe forcément par un montage sonore jouant habilement sur la géographie des nouvelles installations. Totalement enveloppants et d'une réelle précision, ces passages deviennent grâce à la piste DTS HD Master audio les moments forts du métrage. Le mixage reste au top niveau tout au long du film avec un équilibre balancé entre dialogue, environnement et gros hard rock soft façon Evanescence. Pas de surprise du côté du DTS classique pour la version française : il se montre agréable et efficace même si le doublage fait perdre toute la folie du jeu de Colin Farell.

Interactivité :
Si beaucoup n'aiment pas le film, il leur est difficile de critiquer raisonnablement l'étendue de l'interactivité qui lui est consacré depuis son apparition en DVD. FPE en reprend ici la quasi-intégralité avec en sus une option Picture-in-Picture dans l'air du temps. Devant une pléthore de featurettes en tout genre, s'attardant sur la figure du méchant, les essais de Garner ou quelques comparatifs d'effets spéciaux, le spectateur préfèrera consacrer son temps aux trois suppléments les plus imposants. A commencer par l'attendu commentaire audio du réalisateur accompagné du producteur « made in Marvel » Avi Arad. Très loquaces, tous deux évoquent les difficultés d'une telle adaptation, soulignent de petits soucis techniques ou les quelques bonnes idées du film, mais surtout rentrent directement dans le fond du débat en s'étendant sur les démêlés artistiques avec la Fox dont les conséquences marquent encore ce Director's Cut. Bizarre d'ailleurs que le comparatif montage salle / director's cut (avec excuse en direct des producteurs) soit désormais aux abonnés absents. Un regard que l'on peut tout de même apercevoir avec le long making of qui se perd parfois dans quelques propos bien promo, mais se montre tout de même des plus complets. Mais clairement, le bonus le plus alléchant reste l'excellent « La Naissance de Daredevil » qui s'intéresse au comics avec les interviews successives de Stan Lee, Gene Colan, John Romita Jr et Sr, Frank Miller, David Mack, Kevin Smith, Mark Millar et Joe Quesada ! Des auteurs et artistes qui ont laissé une marque indélébile dans l'histoire du héros aveugle et qui abordent tous leur amour et leur vision du personnage. Indispensable pour les lecteurs de bandes dessinées américaines.

Liste des bonus :
Commentaire audio de Mark Steven Johnson et Avi Arad, « Beyond Hell's Kitchen » Making of (59'), Comic book : La Naissance de Daredevil (60'), Commentaires sur l'univers Marvel en mode Picture in Picture, 10 scènes multi-angle, Le méchant Caïd (2'), HBO First Look (25'), Une journée avec Tom Sullivan (8'), Test à l'écran de Jennifer Garner (2'), Voyage dans le monde obscur (6mn06), Trois clips musicaux, Galerie photo, Bandes-annonces 

 
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