CONAN : L’INTéGRALE DE LA SAGA
Conan The Barbarian / Conan The Destroyer - Etats-Unis - 1982/1984
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Heroic Fantasy
Musique : Basil Poledouris
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, français DTS 5.1 ou Dolby Digital mono
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 240 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 17 août 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
En d’autres temps, en d’autres lieux. Seul rescapé du massacre de sa famille par le cruel Thulsa Doom, prêtre sanguinaire du culte du serpent, le jeune Conan est vendu comme esclave. Les années passent, transformant le jeune cimmérien en homme fort et puissant. Conan acquiert alors des connaissances dans l’art du combat et devient un barbare cruel et féroce, affrontant les adversaires les plus impitoyables pour le seul plaisir de ses maîtres. Au prix de ces combats, Conan gagne sa li...
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Légende

Pas bête, FPE profite de la sortie sur grand écran du lamentable Conan 3D pour refourguer (en HD) les deux premières illustrations cinématographiques des romans de Robert E. Howard. Un chef-d'œuvre intemporel d'un côté, un nanar cosmique de l'autre... Et l'on sait quel chemin Marcus Nispel à choisi.

Pourtant revoir aujourd'hui encore le mythique Conan Le Barbare ne laisse planer aucun doute sur le meilleur chemin à prendre pour visualiser une grande fresque épique, une vision mature et moderne de la fantasy. Peter Jackson ne s'y est d'ailleurs pas trompé, transgressant la vision lumineuse de Tolkien pour y graver un réalisme plus brut, plus « Sword & Sorcery ». Un angle parfois sanglant, où en tout cas la magie n'a rien de celle d'un conte de fée, la trilogie de Jackson puisant sans réserve dans l'héritage du long-métrage de John Milius (Dillinger, L'Aube rouge, ou encore les scénarii de Magnum Force et Apocalypse Now). Star montante au début des années 80, le cinéaste remanie les origines du cimmérien, oublie les phases les plus délirantes du script d'Oliver Stone (avec notamment une armée de mutants) pour mieux s'approprier cette destinée glorieuse, l'emporter  à quelques embardées de l'œuvre quasi-nihiliste, en tout cas profondément nietzschéenne. S'insinuant avec classe dans les pas de Howard, Milius creuse l'illustration guerrière de l'homme primitif (et non primaire) face à la civilisation décadente, imposant (comme tout bon réalisateur républicain) son héros comme une force individualiste.

 

hail to the king !

 

Un Conan massif, indéboulonnable naît ainsi dans le sang et l'acier, destiné à vivre par et pour le combat sous les traits d'un Arnold Schwarzenegger silencieux et colossal. Ce n'est pas forcément sa musculature improbable qui marque, mais surtout son regard impitoyable, la sculpture de son corps et de son visage transformant l'autrichien en vision idéale du barbare, imprégnant chaque image d'une intemporalité sidérante. Avec ses cadrages sublimement travaillés révélant systématiquement une puissance d'évocation rare, le réalisateur tient là la fresque cinématographique parfaite, définitive, où, telles les gestes de la nuit des temps, l'histoire s'écrit plus avec les faits qu'avec les paroles. L'économie de texte permet ainsi à Conan le Barbare de se raconter avec une subtilité étonnante, par les regards (James Earl Jones en Thulsa Doom est magnétique), les chorégraphies musclée mais élégantes, un montage presque musical et bien entendu les compositions démentes de Basil Poledouris (Robocop, A La poursuite d'Octobre Rouge). Conan Le Barbare n'est pas qu'un film épique teinté de sorcellerie aux séquences d'action impeccables, c'est surtout un opéra aux relents wagnériens, un ballet bodybuildé aussi furieux que Le Sacre du printemps de Stravinsky.      

 

la voie du néant

 

Du coup, la « suite » produite n'importe comment deux ans plus tard par Dino De Laurentiis lui ressemble autant qu'Alan Quatermain et les Mines du roi Salomon aux Indiana Jones de Steven Spielberg. Là ou Milius livrait une vision adulte et originale d'un genre, le vétéran Richard Fleischer (20 000 Mille lieu sous les mers, Soleil Vert) privilégie une fantasy clinquante, avec plein de loupiottes qui brillent, où Conan devient un héros bavard, souvent grotesque, affublé de compagnons hystériques, voire lamentables. Celui qui avait pourtant marqué le cinéma d'aventure avec l'impeccable Vikings se prend un méchant coup de vieux en voulant séduire les gosses : dialogues crétins, gags lourdingues, décors kitschounes et effets spéciaux méchamment datés (vive le gros monstre en latex qui fait floc-floc en guise de grand final). Plus grave, le bonhomme se prend les pieds dans des ralentis inutiles et mal placés et des effets de montage comme autant de fautes de grammaire. Même l'illustre Basil Poledouris semble bien décontenancé par ce spectacle sidérant de bêtise, se contentant la plupart du temps d'accélérer sensiblement les thèmes principaux du premier film... Comme ça, l'air de rien. Dur d'imaginer que la saga pouvait s'achever aussi vite, et de cette manière. Oliver Stone voyait Conan comme un James Bond de la fantasy, revenant chaque année pour de nouvelles prouesses ; il n'imaginait sans doute pas qu'il s'enterrerait immédiatement dans la parodie. Sans aucun intérêt seul, Conan Le Destructeur trouve ainsi parfaitement sa place dans ce petit box, tel un bonus au seul et unique Conan Le Barbare.    

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Dur pour les fans de découvrir une fois les galettes glissées dans le lecteur que c'est bel et bien Conan Le Destructeur qui impose le plus beau master. La précision de la copie, le relief de chaque image, la tenue des couleurs, la profondeur imposante de certain plan, la netteté constante... Le film n'en méritait pas tant, mais en tout cas le résultat est là. Daté de seulement deux années de plus, Conan Le Barbare est malheureusement moins constant. Certes là aussi l'éditeur a manifestement effectué un travail de restauration des plus respectables : atténuation notable du grain de pellicule, nettoyage total de la pellicule, approfondissement des noirs, rehausse des couleurs... Un labeur qui apporte une netteté totalement inédite à l'image, faisant apparaitre nombre de détails jadis noyés dans la masse (la barbaque humaine accrochés aux murs avant la scène de l'orgie) et un travail photographique plus vif qu'on le pensait. Reste que malgré ces efforts quelques soucis subsistent, à commencer par des arrières plans un poil neigeux, un piqué pas toujours prégnant et surtout quelques images où le traitement au réducteur de bruit se fait bien trop sentir. On est a des kilomètres de l'horrible Blu-ray collector de Predator, mais cela choque tout de même) à quelques reprises.

 

Son :
Beaucoup ayant découvert les deux longs-métrages dans leur version française (très proches de la VO d'ailleurs) verront ici que le premier (en DTS 5.1 ample) s'en sort beaucoup mieux que le second (en mono souffreteux). Mais ils se font clairement écraser par les deux remixages DTS-HD Master Audio 5.1 anglais. Loin du bricolage abusif, les deux pistes redynamisent avec force, mais naturel, l'intensité du spectacle, donnant une clarté plus appréciable aux sonorités de Poledouris, préservant la tonalité 80's des entrechoquements d'épées, tout en apportant une ambition considérable quand à la nature enveloppante du travail. Une réactualisation de qualité... Du moins si l'on est prêt à passer outre des bugs sonores inattendus, déséquilibrant les pistes d'instruments (les choeurs sont parfois noyés sous les cuivres, ou inversement), quand des bruitages ou autres notes ne disparaissent pas purement et simplement de la bande son. Un joli couac dont l'éditeur s'est excusé publiquement, promettant sur le territoire américain un retirage allégé de ces défauts. Rien que pour ça, un point en moins à la note technique...

 

Interactivité :
Si les deux titres sont réunis dans un même box, ils sont pourtant distribués chez nous par deux éditeurs, proches certes, mais distincts. Ceci expliquant clairement les différences de traitement entre ces films. Certains se souviennent sans doute de la découverte étonnante de l'édition DVD collector de Conan Le Destructeur qui s'offrait en Europe uniquement des bonus totalement inédits. Si le Blu-ray américain est aujourd'hui toujours aussi nu, le notre réutilise à nouveau ces documents pour le coup tout particulièrement emballant (excepté le commentaire audio des acteurs) : commentaire audio du réalisateur, documentaire sur Poledouris, retour sur le comics de Marvel... En gros que du bon, bien documenté et indispensable pour les fans de Conan. Maintenant va falloir comprendre qui a choisit chez MGM de ne pas préserver ici les sous-titres français pourtant présent sur le DVD ! Tout bonnement incroyable, d'autant que la jaquette va jusqu'à nier l'existence même des bonus. Un éditeur qui ne met pas en avant ses atouts, c'est bien le monde à l'envers.
Il y a bien des sous-titres sur le Blu-ray de Conan Le Barbare, qui se montre d'ailleurs plus riche encore qu'autre fois. L'excellent making of (presque une heure) bourré d'infos, d'anecdotes et d'image d'archive répond présent, la poignée de scènes coupées aussi, mais l'éditeur (Fox Pathé Europa) n'a pas hésité à rajouter quelques featurettes supplémentaires. A commencer par une dizaine de minutes d'interviews inédites enregistrées sur le plateau de tournage (quelques phrases amusantes et mégalo de Schwarzy, entre autres) qui devrait ravir les « complétistes ». Tournés en HD, L'Art de l'acier et Naissance d'une légende ne sont pas d'un même niveau de pertinence. L'un s'intéresse à l'atelier qui reproduit depuis quelques années les armes du film (manque plus qu'une offre promo à la fin), l'autre nous offre un nouveau retour l'univers de Robert E. Howard, des petits secrets du romancier à ses différentes adaptations. On n'évite pas les redites avec les segments déjà présents, mais la participation étonnante d'auteurs du calibre de Michael Moorcock fait son petit effet. Reste enfin le fameux commentaire audio de 2000 réunissant John Milius et  Arnold Schwarzenegger. Comme personne ne leur a intimé de revoir leur copie, il se montre toujours aussi somnolant, parsemé de félicitations d'usage et de gros blagues pas drôles, quand il ne s'égare pas dans des dialogues de sourds improbables (Milius philosophant avec lyrisme sur la figure du surhomme, Arnold l'interrompant pour déconner au sujet d'un figurant). La rumeur veut qu'ils aient bien arrosé leurs retrouvailles avant de passer derrière le micro. On veut bien le croire...

Liste des bonus Conan Le Barbare : Commentaire audio de John Milius et Arnold Schwarzenegger, 6 scènes coupées (5'), « L'art de l'acier : forgerons et maîtres d'armes » (15'), « Conan, les origines » : interviews de 1982 (10'), Making of (53'), « Conan : naissance d'une légende de l'heroic fantasy » : des romans au film (18'), Comparaison avant/après effets spéciaux (2'), Galerie de photos et croquis, Bandes-annonces
Liste des bonus Conan Le Destructeur : Commentaire audio de Richard Fleischer, Commentaire audio de Tracey Walter et Olivia d'Abo, « Basil Poledouris : composer la saga Conan » (17'), « Conan : derrière la légende du comic book » (14'), Bande-annonce 

 
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