LES NUITS ROUGES DU BOURREAU DE JADE
Hong-Kong / France - 2009
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Genre : Thriller
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Mandarin Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 13 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Carrie est obsédée par les châtiments du Bourreau de Jade, l’exécuteur du premier Empereur de Chine qui torturait ses victimes à l'aide de redoutables griffes et d'un poison provoquant un plaisir extatique mortel. Avec la complicité de son amant, la jeune femme explore des perversions sadiques et rêve de redonner vie à la légende en mettant la main sur la potion maudite…
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Extases

Accompagné d'un titre qui semble tout droit sorti de l'histoire du bis asiatique (genre Fu-Manchu et délires Kung-fu), le premier film du duo Julien Carbon & Laurent Courtiaud cultive l'étrangeté et l'exotisme sur des écrans français souvent trop sages. Une aventure personnelle et stylistique qui ne manque pas de charmes, à défauts d'autres explications.

 

Anciens journalistes doués pour Starfix, HK Magazine ou Mad Movies et grands défenseurs du cinéma asiatique avant l'heure, Julien Carbon et Laurent Courtiaud sont allés par la suite s'illustrer comme scénaristes méritants sur l'emballant Running out of Time ou comme sauveurs inespérés sur le Black Mask 2 de Tsui Hark. Un premier pas vers la réalisation de leur premier long-métrage, produit entre Hong-Kong et la France, qui rappelle d'une certaine façon le parcours d'un autre cinéaste, extrêmement visuel et ancien rédacteur en chef de Starfix : Christophe Gans. Eux aussi doivent faire face à leur propre culture cinéphilique débordante de références, eux aussi mélangent les sensibilités européenne et asiatique, eux aussi ont un besoin viscéral d'érotiser leur caméra, de fétichiser les moindres mouvements - et parties - de leurs actrices. Mais si Gans absorbait un manga pour adultes afin d'en tirer un thriller esthétisant et brillant, Carbon et Courtiaux semblent se retrouver prisonniers des mêmes pulsions que le duo de réalisateurs du très beau, mais très chiant, Amer. Manifestement marqués par la suavité des Romans Porno nippon, la flamboyance des récits de la Shaw Brothers (superbe séquence d'opéra chinois), du giallo macabre et de la classe du polar à la Melville, le duo s'encombre bien souvent sous la multitude d'images, de fulgurances qui habitaient ces cinémas-là. Comme son nom l'insinue à la perfection, Les Nuits Rouges du Bourreau de Jade n'est pas un film comme les autres, c'est un voyage dans une certaines histoire du Septième Art, où le scénario se révèle malheureusement une succession brinquebalante de lieux communs, de dialogues sibyllins ou inutiles, et d'autant de rendez-vous manqués.

 

"c'est rouge, donc c'est fantastique"

 

Le seul but de ces destins croisés, de ses parcours en diagonales improbables, est finalement d'aller chercher une certaine construction picturale, un travail parfait de la lumière, de la nécessité de la pose. Et en ce sens, ce premier long métrage est une véritable réussite, portée par les mélopées angoissantes / planantes de Seppuku Paradigm (déjà entendus dans Martyrs). Les cadres sont d'une perfection rare, le rythme lancinant impose une certaine contemplation et le charme magnétique et vénéneux de la prêtresse SM Carrie Ng (City on Fire, Naked Killer) fait le reste. C'est d'ailleurs telle la prédatrice ultime qu'elle représente que l'actrice vampirise totalement le film, transformant chacune de ses apparitions en une séquence à la fois terriblement sensuelle et glaçante, en particulier lorsque le personnage fait appel à l'une de ses mises en scène sadiques pour faire jouir, torturer et éliminer l'une de ses conquêtes / victimes. Une machine qui recouvre la jolie japonaise Kotone Amamiya (star du X nippon) d'une couche de silicone rendant ses formes comme sculptées et sa peau ultra-sensible aux caresses, et d'où s'échappera finalement un flot de sang rouge vif sous les coups de griffes de jade de la femme fatale. Autre séquence forte : lorsque la pauvre, mais très belle Carole Brana (A l'aventure) se fait décharner lambeaux de peau après lambeaux de peau dans une mise en scène manipulatrice. Deux idées chocs et délicieusement graphiques qui marquent certes, mais qui auraient gagné à ce que le reste du métrage s'emplisse d'un véritable sens. A trop forcer la forme, le film perd le fond (si ce n'est pour l'auto-analyse masturbatoire) et manque dès lors cruellement d'unité.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Avec son image léchée et sa recherche de contrastes à couper au hâchoir, Les Nuits Rouges étale avec bonheur l'intensité de ses couleurs en format DVD. Chaque variante est précisément reproduite, les noirs sont d'une profondeur inextinguible et le piqué démontre l'excellence technique de la collection HK Vidéo. Aucun reproche à faire.

 

Son :
La seule piste audio, celle composée des différentes langues de chaque personnage (français, mandarin et un brin de japonais), est diffusée dans un très joli Dolby Digital 5.1. les ambiances se veulent surtout feutrées et le mixage effectue un joli travail de spatialisation discrète, rendant les atmosphères à la perfection et jouant avec équilibre entre les dialogues et les notes atmosphériques de Seppuku Paradigm.

 

Interactivité :
La démarche est étrange et le pari risqué. Les suppléments de cette première édition se devaient forcément de revenir là-dessus. Pour le coup ce genre de réflexions, les origines du projet, les multiples références, sont surtout à chercher du côté du très bon making of d'une quarantaine de minutes. De construction classique mais solide, il permet de croiser les diverses interviews avec toujours une grande pertinence, et de traverser la plupart des nourritures du long-métrage. En comparaison, le commentaire audio des deux réalisateurs / scénaristes, en dépit d'une volonté de transparence et d'auto-analyse, tombe plus souvent dans les détails anecdotiques ou un certain fétichisme pour les actrices qui rappelle celui d'un certain Christophe Gans. La piste audio n'en reste pas moins très agréable, et permet pour les cinéphiles de découvrir de nouvelles pistes de lecture. L'édition est de toute façon bien fournie puisqu'elle propose aussi un pré-générique alternatif (les variables sont très minimes) et un très joli court-métrage stylisé en forme de préquelle, imaginé pendant la pré-production du long métrage. Enfin, l'éditeur a glissé dans le packaging un livret de 24 pages dont le contenu nous est malheureusement inconnu.  

 

Liste des bonus : Betrayal (court métrage), commentaire audio, making of, pré-générique alternatif, bandes-annonces, livret exclusif de 24 pages

 
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