LA LOCATAIRE
The Resident - Angleterre / Etats-unis - 2011
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Genre : Thriller
Réalisateur : Antti Jokinen
Musique : John Ottman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 1 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Locataire  »
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LE PITCH
Récemment séparée, Juliet tente de se trouver un nouvel appartement. Lorsqu’elle déniche un magnifique loft à Brooklyn, la jeune femme se dit qu’elle a beaucoup de chance. L’endroit est fabuleux et le propriétaire, Max, est vraiment charmant. Pourtant, certains faits étranges alertent bientôt Juliet. Son appartement n’est peut-être pas le paradis espéré. La troublante impression de ne pas y être seule commence à l’effrayer. Elle sent des regards, des présences…
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En pleine sortie d'un désert de plus de tente ans, la Hammer ne doit faire aucun faux-pas.... Ou du moins, le moins possible, La Locataire effaçant presque tous les efforts du joli Laisse-moi entrer.

 

Studio mythique anglais du cinéma fantastique et horrifique, la Hammer aura connu son heure de gloire dans les années 50 / 60 avec des relectures délicieusement gothiques des classique de la littérature, de la SF lovecraftienne et une bonne poignée de bandes Bis et sexy. Mais après une lente chute au cours des années 70 (écrasées par le modernisme de L'Exorciste), la société avait lentement périclité pour finalement disparaitre. Fin des années 2000, la Hammer renaît de ses cendres et outre un replacement de son catalogue, entame la mise en place de nouvelles productions. Après un Let Me In brillant, relecture du suédois Morse, et en attendant The Woman In Black par James Watkins (Eden Lake !), la refonte du studio anglais tente d'imposer ses ambitions contemporaines avec La Locataire, thriller urbain et sexy confrontant la charmante Hilary Swank et Jeffrey Dean Morgan (inoubliable dans Watchmen) dans une relation trouble et sadique en plein New York. Prenant en compte la modernité de la ville (trop appuyée parfois avec la webcam de sécurité), l'idée de base est de rejouer une nouvelle variation sur la figure du voyeur, homme bien sous tout rapport mais profondément pervers derrière les apparences (merci Psychose).

 

hollywood nights

 

Jeune réalisateur finlandais s'étant jusque-là uniquement illustré par des clips musicaux locaux, Antti Jokinen s'en tire particulièrement bien tout au long de la première demi-heure. Usant à bon escient du charisme de son duo d'acteurs, il impose un contraste subtil entre le récit romantique, reprenant à son compte tous les codes du genre (la rencontre, les fragilités, la discussion sur le banc), et l'inquiétante étrangeté de certaines images, insinuant une menace constante autour de la jeune femme. D'un côté une photographie et une mise en scène basiques, de l'autre des couleurs plus vives, une caméra plus organique aboutissant à une sordide séquence de bain confrontant le spectateur à ses propres désirs (zieuter le corps de Swank sous toutes les coutures), pervertissant ainsi l'érotisme attendue. Malin, solide à défaut d'être brillant ou particulièrement original, La Locataire s'effondre malheureusement immédiatement après avoir achevé la mise en place des enjeux. Perdu entre la gratuité des apparitions de Christopher Lee (magnétique mais dispensable) et les grimaces menaçantes de Jeffrey Dean Morgan, le long-métrage s'échappe vers l'habituel déballage de manipulations, gros plans et twists prévisibles à souhait comme seuls les téléfilms de seconde partie de soirée savent le faire. La production value est évidente, mais les scènes s'enchaînent désormais mécaniquement, sans souffle, sans tension, sans surprise jusqu'à un dénouement qui jamais ne réussira à donner corps à son décor (un appartement encerclé de couloirs dissimulés et d'yeux de bœuf), ni à retrouver la malice initiale. La Hammer a confondu modernité et passe-partout, et La Locataire ne risque pas de rester dans les mémoires.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Joli transfert en HD qui permet de tout de même souligner le soin évident apporté à la photographie du film. Le travail de Guillermo Navarro (Le Labyrinthe de Pan, Une Nuit en Enfer) trouve ainsi un vrai révélateur, capable de souligner la justesse des contrastes, la force des teintes primaires tout en étalant une palette colorimétrique particulièrement riche. Dotée de noirs particulièrement profonds et d'un piqué à toute épreuve, la galette est indéboulonnable.

 

Son :
Habitude de l'éditeur, version française et anglaise se gargarisent d'un même DTS-HD Master Audio 5.1 offrant une certaine légèreté et, dans tous les cas, jouant pleinement des capacités de la compression sonore. Délicate, discrète, la spatialisation sait s'installer à bon escient et jouer habilement avec les nerfs, mais n'oublie jamais de redonner toute sa place aux dialogues sans se laisser envahir par la musique de fond. Du travail bien fait.

 

Interactivité :
On croise vite fait les petits membres de l'équipe du film. Chacun y va de son hommage appuyé (la Hammer « c'est génial mais on va faire un truc qui n'a rien à voir ») tout en explicitant succinctement le concept du long-métrage. Courte, expédiée, cette featurette nous permet au moins de savoir que Christopher Lee « wouah quand même il est vraiment trop cool ». Voilà, voilà...

 

Liste des bonus : Making of (7'), Bandes annonces

 
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