I ROBOT
I, Robot - Etats-Unis - 2004
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « I Robot »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Alex Proyas
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS HD et Français en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 120 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 6 juin 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « I Robot »
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LE PITCH
Dans un futur où la robotique a envahi le quotidien de tous, un inspecteur de police tente de prouver que les machines ne sont pas aussi bienfaitrices qu'on voudrait nous le faire croire...
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"Suggested by Isaac Asimov"

Ersatz de Pirates des Caraïbes, A. I. version action, blockbuster comics-SF ou adaptation fidèle des écrits de Isaac Asimov ; les premiers trailers de I, Robot du Alex Proyas laissaient entendre tout et son contraire, et le visionnage du métrage en lui-même promettait une montagne russe particulièrement dense.

 

De facto, I, Robot est effectivement tout et son contraire. Enigme policière à la K. Dick (référence logique, vu le succès de Minority Report), film d'anticipation ambitieux (lorgnant également, pour son design, du côté du monstre de Steven Spielberg), divertissement d'action digne des productions Joel Silver des années 1980, punchlines de Will Smith à l'appui, et réflexion souvent pertinente sur la question de la Robotique, I, Robot aborde une quantité de genres avec une réussite variable. Souffrant d'un scénario artificiel, cliché et prévisible de Akiva Goldsman (le génie derrière Perdus dans l'espace et Batman & Robin), le film de Proyas accorde à ses producteurs maintes concessions, ce à quoi le réalisateur ne nous avait pas habitués. D'un catalogue publicitaire embarrassant (les chaussures du héros, citées dans le dialogue sans autre but qu'une optique purement mercantile) à une déclaration d'amour à sa star (Will Smith, producteur exécutif, aime prendre des poses de statues grecques, nu tant que possible), I, Robot aurait très bien pu ne pas se relever des pressions imposées par l'opportunisme de ses investisseurs.

 

An Alex Proyas Movie

 

C'est donc entre les lignes de cet actioner classieux en Cinémascope, traversé d'effets visuels saisissants et de morceaux de bravoure mémorables (le guet-apens sur l'autoroute, les vingt minutes finales) que le fan d'Alex Proyas pourra relativiser une déception inévitable. S'il n'a, en l'état, rien de l'œuvre de SF littéraire qu'était Dark City, ni du poème gothique et underground The Crow, I, Robot permet à son auteur d'expérimenter comme jamais dans l'exercice de sa mise en scène. Tirant parti d'un budget colossal, Proyas se livre à quelques prouesses visuelles pour la plupart gratuites, mais dont l'inventivité et la virtuosité laissent sans voix. Instantanément jouissif, l'ultime affrontement dans le cœur de la « Matrice » s'impose ainsi comme un caprice phénoménal doublé d'un hommage passionnant à l'animation japonaise. Libérée de toute contrainte physique, la caméra tourbillonne à plein régime, sans que jamais la lisibilité de l'image n'en soit affectée. Un tour de force inattendu qui, non content de prolonger les idées les plus marquantes de Dark City, laisse à penser que le meilleur reste à venir ; s'il parvenait en effet à transcender son savoir-faire et son sens de la composition tout en s'assurant un contrôle total des enjeux narratifs et thématiques de son métrage, alors Proyas n'aurait plus rien à envier à Peter Jackson et Sam Raimi, deux cinéastes ayant montré l'aboutissement de leur art dans des productions de nantis.

 

God in the Shell

 

D'ici là, I, Robot confirme déjà entre les lignes la passion que Proyas voue à la science-fiction. Ainsi, dès que l'on soustrait le gras et que l'on fait abstraction des problèmes de structure et raccourcis narratifs du script de Goldsman, la véritable vision du réalisateur passionne. Celui-ci habite notamment la moindre séquence impliquant Sonny (Alan Tudyk), une machine douée d'émotions, et Alfred Lanning (James Cromwell), le savant fou qui lui a donné vie. Forts d'un charisme incandescent, tous deux forment la colonne vertébrale du film. Pourtant, le premier se résume à un assemblage d'éléments mécaniques tandis que le second n'apparaît qu'indirectement aux yeux du spectateur : un cadavre, un hologramme, une photographie, un enregistrement vidéo, une voix. Pertinent, Proyas parvient à désincarner les protagonistes les plus humains du métrage, dont le climax émotionnel sera atteint lorsque Sonny deviendra Dieu parmi sa propre espèce. Un traitement scénaristique à la thématique richissime (qu'est-ce que la vie ? Quels sont les droits des hommes vis-à-vis de leurs créations ? Où commence l'émotion ? Jusqu'où un raisonnement logique et bien pensant peut-il servir l'humanité ?) que n'aurait pas renié Asimov lui-même. Encore eût-il fallu que celui-ci fasse l'effort de fermer les yeux aux apparitions des Converse de Smith...

Alexandre Poncet






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Image :

Il semblerait que la malédiction FPE (vous savez, ces Blu-Ray qui abandonnent l'interactivité des DVD, et livrent une image digne d'une VHS...) se soit enfin dissipée dans la nature. I, Robot représente sans conteste une date dans le catalogue de l'éditeur, qui se fend ici d'une copie à tomber à la renverse, et d'une compression VC-1 tout bonnement prodigieuse. La photographie de Simon Duggan est ici resplendissante, avec une profondeur de champ inouï et une colorimétrie flamboyante. La qualité des effets visuels de Digital Domain n'en est que plus évidente, tout particulièrement la scène du tunnel ou le morceau de bravoure final. Du très grand spectacle, pour un disque qui devrait s'imposer comme la démo ultime du support Blu-Ray.

 

Son :

La qualité sonore est à l'image de celle de la copie, soit proprement exceptionnelle. Le DTS HD anglais devrait remporter tous les suffrages auprès du public, ne serait-ce que pour son exploitation enveloppante de la partition de Marco Beltrami (écrite en 17 jours après le retrait de Trevor Jones, pour l'anecdote). La spatialisation des voix et bruitages est également percutante à souhait, notamment lors des quelques scènes d'action (encore une fois, mention spéciale à la scène du tunnel et au grand final).

 

Interactivité :

Le collector d'I, Robot étant l'un des DVD les plus aboutis du catalogue de FPE et évitant miraculeusement toute trace d'auto-promotion (une exception dans le registre du blockbuster), on appréhendait énormément par rapport à ce Blu-Ray, considérant les ratages récents de l'éditeur au format HD. Quel bonheur alors de voir que l'intégralité des suppléments a été réutilisée ici, de l'excellent commentaire audio d'Alex Proyas et Akiva Goldsman au making of titanesque décrivant la création de la moindre petite séquence. Mieux, les capacités de programmation du Blu-Ray permettent une navigation inédite, le spectateur pouvant opter pour un visionnage individuel de chaque, ou accéder à une série de suppléments triés sur le volet : interviews du réalisateur, du designer Patrick Tatopoulos, scènes de plateau en direct, scènes coupées inachevées, tournage des cascades avec les doublures de Smith, déconstructions d'effets visuels depuis le tournage sur fond vert jusqu'au résultat final à l'écran, séances de motion capture avec Alan Tudyk, animatiques, fausses publicités pour les robots, etc. Si l'on peut regretter que le Profile 1.1 ne soit pas pleinement exploité (impossible de visionner ces bonus en surimpression du film, l'activation étant plus proche d'un Follow the white rabbit classique), la profusion d'informations et l'ergonomie de l'ensemble ont largement de quoi satisfaire le DVDvore le plus exigeant. Et comme si cela ne suffisait pas, l'éditeur a pensé à ajouter une piste d'anecdotes et de notes de production permettant d'en apprendre un peu plus sur la production du métrage et sur l'oeuvre d'Asimov.

 

Liste des bonus : Commentaire audio, Making of, Featurettes, Trivias, Notes de production, Interviews, Accès dynamique aux bonus pendant le film, Bandes-Annonces.

 
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