ROUJIN-Z
Rôjin Z - Japon - 1991
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Roujin-Z »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Hiroyuki Kitakubo
Musique : Bun Itakura
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 japonais, français et italien
Sous-titre : Français, néerlandais, anglais…
Durée : 80 minutes
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 22 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Dans un futur proche, l’humanité a réussi à dompter la technologie et bénéficie de tout le confort moderne. Mais un dernier enjeu pèse sur la société : le vieillissement de la population. Pour résoudre ce fléau grandissant, la médecine est remplacée par la robotique avec la création d’une machine nommée le « Z-001 », capable de prodiguer tous les soins nécessaires aux personnes âgées. Kijûrô Takazawa est le premier cobaye contraint à tester ce robot, bien que ce dernier...
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Plus on est de vieux...

Apparu en France dans la première vague d'animés japonais fournis par l'éditeur Manga Vidéo (disparu depuis semble-t-il), Roujin Z revient chez un nouvel éditeur, en HD s'il vous plaît, pour démontrer à nouveau que la présence de Kastuhiro Otomo au générique d'un projet n'a rien d'anodin.

 

L'auteur d'Akira  est bel et bien à l'origine de ce long-métrage d'animation (en tant que scénariste et producteur), mais il va en confier les rênes à certains de ses petits protégés. Coutumier du travail en équipe (Neo Tokyo, Robot Carnival, Metropolis... toutes des œuvres collectives), Otomo offre ainsi au regretté Satoshi Kon (Perfect Blue, Paranoïa Agent) son premier travail en tant qu'animateur et designer des décors, et surtout la réalisation au méritant, mais ici pas toujours assez énergique Hiroyuki Kitakubo, qui s'illustrera de nouveau par la suite avec l'excellent Blood The Last Vampire. Un joli casting (on passe sur l'équipe technique issue d'Akira et que l'on retrouvera par la suite sur Memories), qui permet à ce projet prévu pour le marché de la vidéo de dépasser largement les attentes en termes techniques. Si l'animation n'a certes pas la fluidité et le naturel du chef-d'œuvre d'Otomo, elle en affiche tout de même la même générosité, autant pour accompagner les gestuelles des personnages, que pour illustrer des délires mêlant éléments mécaniques et réorganisations organiques. Car loin d'être la petite œuvre mineure a laquelle on fait parfois allusion, Roujin Z est bel et bien un film qui porte aux nues les réflexions obsédantes et futuristes d'Otomo.

 

les rides en marche

 

Entre le ministère d'état (ici la santé) détourné par une entreprise pseudo-militaire qui profite d'un projet national pour expérimenter sa dernière trouvaille, un groupe de jeunes qui se rebelle contre l'ordre établi et surtout un lit ultra-informatisé qui se retourne contre ses créateurs et finit par absorber toutes les machines qu'il croise, on pourrait presque dire que seule la victime centrale diffère de celle d'Akira : un pauvre petit papy totalement grabataire. Et toute la différence est là, justement, puisque l'animé fait état du lien qu'entretiennent les sociétés vieillissantes avec leur 3ème âge, abandonné dans des maisons de retraite ou des hôpitaux à l'écart de tout. Une critique claire et nette de la séparation entre les générations, de la surmédicalisation (pour ne pas dire sur-mécanisation), et des soins douteux apportés à cette catégorie d'âge. Un sujet sensible, forcément toujours d'actualité aujourd'hui, mais qui est abordé ici avec un humour et une fraîcheur étonnants. Plutôt que de s'engoncer dans des dialogues complexes ou des leçons de morale trop appuyées, Roujin Z tourne à la farce espiègle, jouant autant sur l'état de légume du pauvre papy que sur les rocambolesques évolutions de sa machine d'assistance...  qui se prend désormais pour sa femme décédée. Leur petite escapade sur la plage de leurs souvenirs tourne forcément à la catastrophe, voire à l'apocalypse annoncée, comme si Otomo jouait lui-même avec ses propres tics d'écriture. Courses poursuites débridées, personnages loufoques, succession d'improbabilités, le film cultive une science-fiction à part, de celle qui réussit à poser les bonnes questions, mais sans jamais se prendre au sérieux.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Bon vieille production du début des années 90, dédiée au départ au marché de la vidéo, Roujin Z risquait de nous parvenir dans des conditions pas franchement reluisantes. Heureusement le film a manifestement connu un grand ravalement de façade, faisant disparaître le grain vidéo qui entachait depuis des années le master, et laissant enfin revenir le léger relief de la pellicule. Restent toujours quelques petits points blancs, mais ceux-ci sont mêlés à la sensation organique des cellulos. Le tout affiche un charme certain, pas très loin du récent rendu HD d'Akira. Au passage Roujin Z retrouve aussi toute la vivacité de ses couleurs (tirant vers l'orange) et s'offre une seconde jeunesse. Dommage cependant que, comme toutes les sorties vidéo depuis dix ans, le film soit présenté dans un format 1.85 ne respectant pas la taille d'origine (1.66) et tronquant ainsi des informations en haut et en bas. L'opération ne se fait pas toujours sentir, mais certains plans sont carrément décapités. Ca gâche la fête.

 

Son :
Sur le plan sonore, le film est toujours aussi daté. Pas forcément un défaut, mais en tout cas un état de fait qui donne aux sons, bruitages et à la musique des teintes numériques et artificielles qui ne passent pas toujours très bien en 5.1. Quelques effets sur les enceintes arrières donnent l'illusion d'une spatialisation spectaculaire mais le plus souvent cela sonne un peu faux, voire étouffé et lointain. Rien qui ne soit imputable à l'éditeur, ni foncièrement désagréable d'ailleurs, mais on aurait aimé pour le coup retrouver ici la piste 2.0 d'origine.

 

Liste des bonus : Bandes-annonces.

 
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