THE WARD
John Carpenter's The Ward - Etats-Unis - 2010
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Ward »
Genre : Horreur
Réalisateur : John Carpenter
Musique : Mark Kilian
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de sortie : 1 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
En 1966, dans l’Oregon, Kristen est arrêtée par la police après avoir mis le feu à une ferme. Murée dans un état de stupeur, le corps couvert d’ecchymoses et incapable d’avoir le moindre souvenir de ce qu’il s’est passé, Kristen est enfermée dans un hôpital psychiatrique pour jeunes filles. Au sein de l’institution, les autres détenues : Emily, Sarah, Zoey et Iris, vivent toutes dans la terreur d’un fantôme qui aurait été vu la nuit dans les couloirs.
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L'hôpital et ses fantômes

Dix ans que John Carpenter n'avait pas réalisé un long-métrage. Dix ans de frustration, d'attente, de doute. Dix ans d'impatience, seulement tempérés par deux épisodes très inégaux de la série « Masters of Horror ». Mais Big John est sorti de sa retraite, pour un film certes mineur mais néanmoins réussi. Mesdames et messieurs, le Maître est de retour !

 

La vision de ce nouveau film étant en soi un évènement, difficile de rester subjectif devant le résultat. Certes, Carpenter n'est plus le même cinéaste, et son dernier film est très loin des chefs-d'œuvre passés, mais nier les qualités évidentes de The Ward reviendrait à nier l'apport même de Carpenter au genre fantastique. Passé un générique magnifique, dont on regrette seulement que la musique n'ait pas été composée par Big John, le film entre dans le vif du sujet : cinémascope aux cadrages millimétrés, montage acéré et gestion de l'espace évidente, on est bien chez Carpenter, comme une lointaine réminiscence de L'Antre de la folie pour le décor. Seulement, le cinéaste a vieilli, et là où le scénario accompagnait jadis sa mise en image, seule subsiste aujourd'hui l'efficacité pure d'un talent certain. Efficacité dans l'agencement d'un suspense savamment travaillé, comme dans la caractérisation étonnemment réussie de personnages à la limite de la caricature. Heureusement, et comme toujours chez Big John, le protagoniste emporte le film.

 

women in cage

 

Nouvelle actrice culte de la décennie, capable d'illuminer certains navets par sa seule présence (Hell Driver...), Amber Heard ne pouvait qu'être le pivot central de ce film étrange qu'est The Ward. Sa voix au timbre si particulier, son physique atomique (ici relégué au second plan) et son talent inouï donnent toute leur saveur à un personnage qui, sur le papier, n'aurait presque rien à envier aux outcasts chers au cinéaste. C'est sur elle que repose l'essentiel du film, plus que sur ses partenaires, ainsi que les meilleures scènes (la séance d'électrochocs, la scène de la douche). Certes, certains jump-scares font peine à voir, certes, le twist final n'a rien d'original, certes, la terreur promise n'est pas au rendez-vous. Mais dans son approche clinique du genre, dans sa croyance absolue au pouvoir de l'image primant sur le dialogue (la scène d'intro du personnage principal, petit monument de mise en scène), dans sa topographie exemplaire rappelant les débuts de Carpenter, The Ward enterre la grande majorité de la production fantastique contemporaine. Que Big John se rassure : s'il continue de mettre en scène quelques séries B de cet acabit, son aura n'en perdra pas une miette. La marque des géants, en somme.

Frédéric Wullschleger







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Image :
Malgré sa trop grande rareté à l'écran, John Carpenter fait partie de ces cinéastes qu'il paraît impossible d'imaginer tourner avec une caméra numérique aussi puissante soit-elle. Un authentique vétéran qui a bien entendu filmé The Ward sur pellicule, ce qui permet au spectateur exigeant de retrouver en Blu-ray un master qui porte indubitablement la sensation organique de l'argentique avec au passage un très jolie grain naturel. Si l'on excepte quelques plans égratignés par une légère neige vidéo (étrange), le reste est simplement parfait avec un piqué magnifique, des couleurs rutilantes et des noirs à la pureté effarante.

 

Son :
Si l'on continue de regretter l'absence du maître à la composition de la bande originale (il avoue dans le commentaire audio que c'est un travail aujourd'hui trop épuisant pour lui), on reconnaît d'emblée sa patte sur le mixage sonore qui permet en DTS-HD Master Audio 5.1 de faire preuve d'un certain sadisme dans l'utilisation de la dynamique de l'installation. Les ambiances sont angoissantes à souhait, les attaques du « fantôme » tétanisantes en surgissant des enceintes arrières ou latérales. Une efficacité redoutable qui, sans jamais en faire trop, rend plus efficace encore la mise en scène impeccable du bonhomme.  

 

Interactivité :
Directement sorti en vidéo en France, après un passage éclair dans les salles américaines, The Ward n'a pas vraiment eu la distribution qu'il méritait et cela se ressent dans la section bonus qui ne comporte aucun making of digne de ce nom... Il faut alors se contenter d'une featurette promotionnelle agréable à défaut d'être passionnante, où tout le monde déclare son admiration sans borne pour Carpenter et évoque un tournage restreint mais chaleureux. Plus attendu, le commentaire audio qui réunit le réalisateur et l'acteur Jared Harris (où est Amber ?) pourrait décevoir tant les deux discutent très souvent le bout de gras sur leurs carrières, leurs visions du métier, leurs familles, leurs parcours plutôt que de commenter de A à Z les images qui défilent. Sauf que ceux qui ont l'habitude des commentaires audio de Carpenter savent que ces échappées sont toujours aussi sympathiques, et finalement éclairantes, et que lorsqu'il revient sur le film proprement dit c'est uniquement pour livrer des informations pertinentes sur la mise en scène ou sa relation avec les acteurs. Un moment très agréable donc, que l'on peut achever en visionnant la courte présentation du film par Carpenter lors d'un festival. Excessivement drôle (défilé de vannes), définissant directement The Ward comme un film « old school », Big John se montre ici dans une forme épatante.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Présentation par John Carpenter, Commentaire audio du réalisateur et de Jared Harris, Les coulisses du film, Bandes-annonces.

 
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