SLEEPING BEAUTY
Australie - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Sleeping Beauty »
Genre : Drame
Réalisateur : Julia Leigh
Musique : Ben Frost
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : ARP sélection
Date de sortie : 20 mars 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sleeping Beauty »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Une jeune étudiante intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé…
Partagez sur :

 

Sous verre

Quelques mois à peine après le « geekophiliste » Sucker Punch, Emily Browning plonge une nouvelle fois dans la torpeur fantasmatique d'un cinéaste. D'une, en l'occurrence, pour qui la relation érotisme-mort ne se pratique pas avec les mêmes jouets.

 

Fragile, douce, dégageant quelque chose de naïf, de candide, Emily Browning (adorable et toute jeunette dans Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire) se balade dans Sleeping Beauty comme un corps en peine, offrant ses petites formes aux regards et sa bouche au premier mec qui passe. Représentant sans doute une génération désenchantée (sans Mylène), ne tentant même plus de vivre mais de survivre, perdant finalement le respect de soi et un peu de son identité dans la mécanique moderne (deux boulots, soirées au bar, baise, drogue et dodo) elle ne donne pas à voir ses songes mais les provoque. Sleeping Beauty n'a bien entendu rien du conte de notre enfance, et n'a pas plus à voir avec le film homonyme de Disney ; si la jolie Lucy cherche désespérément son prince charmant (« Do you want to marry me ? » lance-t-elle a la volée) ce dernier ne l'est pas vraiment. D'expérience plus ou moins lucrative en expérimentation d'un érotisme glacé, elle finit par devenir une dormeuse. Jeune réalisatrice, Julia Leigh répond ici au roman Les Belles endormies de Yasunari Kawaba, mais avec un langage plus acide, plus médical... et certainement plus féminin.

 

rouge baiser

Une fois offerte, endormie par une drogue, les hommes âgés viennent projeter en elle leurs souvenirs, leurs perversités... et leur mort. Car le cœur du film est là, l'appelant à elle à chaque image, la côtoyant : Lucy est l'allégorie de La Jeune fille et la mort. Un récit complexe et maniéré qui trouve une forme extrêmement rigide, construite autour de cadres précis et presque figés, de plans longs (bien trop souvent) et parfois vides, comme pour souligner la vacuité de cette petite vie triste et de celles qu'elle croise. Elégant sans doute, mais finalement assez creux à l'arrivée, Sleeping Beauty se veut bien trop fascinant, trop intellectualisant pour provoquer autre chose qu'un intérêt analytique mais poli. Du cinéma d'auteur pour intellectuel poseur, qui gâche constamment le potentiel fascinant d'un conte moderne glissant constamment vers le fantastique, citant avec talent le Belle de Jour de Buñuel ou le dispositif d'un Fassbinder. La forme passionne, le fond a une réelle tendance aux flottements faussement poétiques.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

 

Partagez sur :
 

Image :
Travaillant une esthétique presque aristocratique (on retrouve les mêmes couleurs surannées que Marie-Antoinette), Sleeping Beauty resplendit véritablement en HD. Non pas que la photographie soit d'un spectaculaire renversant, mais justement qu'elle se soucie surtout du détail, installant un bleu délavé, rehaussant le rouge des lèvres, contrastant avec le gris / blanc désincarné des immeubles modernes. Une superbe copie, qui vibre d'un grain doucereux, apportant des noirs parfaits et un piqué pointilleux.

 

Son : 

Film extrêmement posé, Sleeping Beauty n'use guère de son DTS-HD Master Audio 5.1 que pour souligner une frontalité constante. Rares sont les sons à s'essayer à une restitution arrière, l'essentiel se déroulant dans les dialogues et les silences. Le mixage est cependant joliment composé sur les surrounds et s'offre une clarté cristalline. Pas de version française ici.

 

Interactivité :

Seul supplément au programme, une série d'interviews croisées de la réalisatrice, son actrice et son producteur. En un tout petit peu plus de dix minutes, chacun évoque son intérêt pour le projet et surtout l'ambition démesurée de celui-ci. Julia Leigh voulait faire un film brillant, mais semble la plupart du temps incapable d'en donner une vision logique, préférant se vautrer dans l'auto-émerveillement face à ses capacités à filmer des plans longs (et non des plans séquences). Sans vouloir être méchant, De Palma, lui, en fait depuis des années, sans caméra fixe, et il se passe des choses dans le cadre. On dit ça, on ne dit rien...

Liste des bonus : Interviews (13'), Bande-annonce.

 

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2021