L’AVENTURE DU POSéIDON
The Poseidon Adventure - Etats-Unis - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’Aventure du Poséidon »
Genre : Catastrophe
Réalisateur : Ronald Neame
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 4.0, Français Dolby Digital 1.0
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 117 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 4 avril 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Aventure du Poséidon »
portoflio
LE PITCH
Alors que les passagers du Poséidon, yacht luxueux en croisière vers la Palestine, s'apprêtent à fêter le réveillon, une catastrophe se prépare : un raz-de-marée a soulevé un mur d'eau de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Instantanément retourné, le paquebot commence à sombrer. Une course contre la montre s'engage alors pour les survivants, qui cherchent désespérément à rejoindre une issue...
Partagez sur :

 

première brasse

Parmi les nombreuses qualités du chef-d'œuvre de James Cameron, il y a celle de remettre au centre du film catastrophe l'enjeu humain, la simplicité de l'instinct de survie et ce malgré la débauche visuelle étalée à l'écran. Enorme succès en ce début des années 70, L'Aventure du Poséidon surfait sur la même vague.

Sous-genre du divertissement spectaculaire, le film catastrophe n'est plus depuis longtemps en odeur de sainteté. Démonté cliché par cliché par les ZAZ avec leur Y a-t-il un Pilote dans l'avion, ces films bourrés de morts, d'héroïsme viril et de bonne volonté n'ont eu depuis, le plus souvent, que les honneurs de téléfilms pompeux. Pourtant dans les années 1970-80, le grand public ne jurerait que par cela, attendant les situations les plus incroyables, des effets spéciaux mirifiques et cette habituelle confrontation de l'homme moderne face à la nature qu'il croyait dompter. En fait, tout a commencé avec Irwin Allen, producteur de la série TV Perdus dans l'espace, réalisateur du Monde perdu (celui avec les lézards filmé en « grand »), qui croit dur comme fer que le roman de Paul Gallico peut aboutir à un grand divertissement. Celui qui entérinera tous les codes et les futurs élans pompeux dans La Tour infernale ne reçoit que peu d'écho de la Fox de l'époque, à deux doigts d'annuler à nouveau le projet. Le studio le pousse ironiquement à travailler avec une certaine économie. Un choix singulier dans un genre souvent boursouflé par une démesure gratuite, qui donne à L'Aventure du Poséidon un visage unique dans la grande famille des films catastrophes, celui d'un suspense tendu mais uniquement orienté vers les personnages et non la grande mécanique hollywoodienne.

 

Gilet de sauvetage

Les décors sont superbes (le film fut en grande partie tourné dans un véritable navire d'ailleurs), les discrètes maquettes fonctionnent encore aujourd'hui et la séquence centrale est toujours aussi impressionnante. De quoi en donner pour leur argent aux spectateurs, mais surtout instaurer l'idée de la survie, du danger constant et de la mort qui rôde. Un poids qui pèse constamment sur les épaules de personnages venus d'horizons différents et portés par un Gene Hackman magnétique, pasteur charismatique et carrément rock'n'roll qui pousse ses camarades d'infortune dans leurs derniers retranchements. Construit presque comme un jeu d'aventure, ou en tout cas comme un parcours du combattant, L'Aventure du Poséidon questionne moins leur résistance physique que leur résistance morale, leur envie de vivre. Mené avec talent par le vétéran Ronald Neame (Scrooge avec Albert Finney, la direction photo du Ceux qui servent en mer de David Lean), le récit se contracte dans d'étroits corridors, dans quelques boyaux dont il faut s'extirper, et impose un quasi huis-clos parfois éprouvant, en tout cas très efficace. Un premier jalon qui a ouvert la voie à nombre de variations, à une suite, une minisérie et un remake tous trois catastrophiques, et dont certains dialogues, certains personnages n'évitent pas la caricature, la facilité d'écriture. Mais à l'arrivée cette aventure fonctionne à plein régime.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

 

Partagez sur :

 

 

Image :
Pas tout jeune, L'Aventure du Poséidon aurait pu faire partie de quelques fonds de catalogue vîte expédiés par l'éditeur. C'était sans compter sur l'aura du film aux USA, qui a sans doute poussé la Fox à travailler d'arrache-pied sur une véritable restauration de la copie. A l'arrivée, le résultat est plus que louable, redonnant dans un scope éclatant toute la vivacité des couleurs (rouges très marqués), des contrastes ciselés et des noirs profonds. Etonnamment, ce film tourné en authentique pellicule made in 70's nous parvient sans aucun grain, proposant ainsi un master impeccable, immaculé, limpide. En fait, si l'on excepte les quelques 5 ou 6 premières minutes, aucun moyen de savoir que le film affichait autrefois se grain significatif. Il va sans doute y avoir des débats sur le respect de l'œuvre et l'importance de la texture, cela va de soi, mais bien loin du terrifiant Predator, le travail respecte ici le relief, la lumière et la précision de la photographie d'origine. Si l'on oublie quelques très courtes secondes (sur Leslie Nielsen), le DNR est totalement invisible. La copie est donc superbe, racée, pointilleuse... et c'est vrai que l'on a beaucoup de mal à s'en plaindre.

 

Son :

La piste anglaise est ici présentée dans un étrange DTS-HD Master Audio 4.0. Absence d'utilisation du caisson de basses donc, relativement dommageable pour appuyer quelques explosions sous-marines ou le tremblement de l'eau, mais pour le reste la dynamique se révèle assez soutenue, jouant admirablement sur les sons d'écho, de crispation de la coque ou d'enfermement. Il faut dire que le travail reprend directement la piste original 4 canaux d'époque qui utilisait une technique laissée de côté après l'arrivée du Dolby Digital. Cela ne l'empêche jamais de sonner avec une grande justesse... plus clairement que la version français en mono d'époque, au doublage impeccable (quoique un peu caricatural à l'occasion), mais clairement étouffée et régulièrement marquée par de petits grésillements. 

 

Interactivité : 

On pourrait faire les fortes têtes et se plaindre que la Fox ne s'est même pas fendue d'un bonus supplémentaires pour la sortie du film en Blu-ray. On pourrait. Pourtant, difficile d'avoir grand-chose à redire sur la question puisque tous les suppléments concoctés et enregistrés pour le collector DVD sont bel et bien présents, eux qui reflétaient déjà tous les aspect attendus de ce genre d'édition : interviews des acteurs, des producteurs, des cascadeurs, featurette sur le scénariste Stirling Silliphant, analyse des métaphores bibliques, sujet sur la chanson titre, making of impeccable de trente minutes, galerie de photos, de story-boards... Jusqu'aux deux commentaires audio, dont retiendra surtout celui de Ronald Neame. Un réalisateur alors âgé de 90 ans (décédé depuis), qui fait preuve d'une mémoire captivante, rebondissant de détails en détails, évoquant sans détour les difficultés financières du film mais aussi et surtout les nombreux points techniques. Une vraie et très belle leçon de cinéma qui aboutit d'ailleurs régulièrement à des remises en question dans les choix de la mise en scène, du montage ou des enjeux narratifs. Passionnant et éclairant... mais alors pourquoi ne pas l'avoir traduit par des sous-titres ? 

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Ronald Neame, Commentaire audio de Pamela Sue Martin, Stella Stevens et Carol Lynley, A propos de L'Aventure du Poséidon (25'), Les acteurs se souviennent (6'), Revivre la chute avec Ernie (4'), Le Scénariste Stirling Siliphant (9'), Les Héros du Poséidon (9'), Le Jour d'après (9'), Le R.M.S. Queen Mary (6'), Entretiens avec Ronald Neame (9'), Comparaison story-board / film (7'), Featurette de 1972 (10'), Galerie d'images, Bandes-annonces.

 

 

 

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023