[REC]3 GENESIS
Espagne - 2012
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « [REC]3 Genesis »
Genre : Horreur
Réalisateur : Paco Plaza
Musique : Mikel Salas
Image : 2.35 16/9
Son : Espagnol et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 80 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 8 août 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
C'est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient ! Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l'événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d'une étrange maladie. En quelques instants, une terrifiante vague de violence s'abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar... Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur ...
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Divorce à l'amiable

Changement de ton et de forme pour la saga qui a changé définitivement le cinéma de genre espagnol. Seul aux commandes, Paco Plaza (Les Enfants d'Abraham, L'Enfer des loups) prend des risques mais retrouve aussi ses vieux démons.  

 

Peu motivés pour se lancer dans une saga interminable, Jaume Balaguero et Paco Plaza avaient annoncé que leur grand final s'opérerait sous la forme de deux longs-métrages dirigés par l'un, puis l'autre. En attendant le [Rec] Apocalypse de Balaguero, Plaza plonge le premier sous le feu ennemi en imaginant une « genèse ». Pas celle de la série (déjà évoquée dans les deux premiers films), mais celle de la Bible, préparant manifestement le terrain pour son copain. Toujours coécrit par le compère Luiso Berdejo, ce nouvel épisode prend pourtant à rebrousse-poil des spectateur venus se gargariser une nouvelle fois d'un film en « found footage » blindé de caméra épaule, de montage à la hache et de courses hystériques dans des couloirs sombres. Passée une petite demi-heure pépère avec cérémonie et danse dans la salle de bal, Genesis se transforme par un tour de passe-passe, ou plutôt une grosse blague parodiant le concept même des [Rec], en un long-métrage de cinéma classique. Une transition assez bien vue, maline, mais qui malheureusement ne préfigure pas forcément le long-métrage à venir. Balaguero avouait lors de la promotion de Malveillance qu'il avait besoin de retourner à un cinéma plus soigné, plus travaillé. Un sentiment manifestement partagé par Plaza qui façonne un cinémascope extrêmement poussé (compositions précises, mouvements de caméra fluides) et une photographie très années 80 assez réussie. Un film superbe dans sa plastique, mais qui peine cependant à convaincre dans sa tonalité.

 

echange de voeux

 

Se déroulant dans la même temporalité que les « épisodes » 1 et 2 (une vidéo aperçue sur une TV en atteste), Genesis  n'en prend ni la suite, ni les prémisses, et surtout se transforme rapidement en une farce délirante. Un marié qui se trimbale en armure médiévale, un « John L'éponge » trop coincé dans son costume pour échapper aux contaminés, des retrouvailles entre copines volontairement ridicules, une fragile demoiselle qui coupe sa superbe robe blanche et s'arme d'une tronçonneuse... Le film ne se prend jamais au sérieux, enchaîne les gags (souvent noirs) avec sadisme jusqu'à un final aussi tragique et romantique que ridiculement drôle. Sauf qu'à force de creuser inlassablement les situations sous leur forme la plus absurde, voire régressive, le film perd toute velléité horrifique, n'installant aucune tension, voire ne réservant aucun sursaut de surprise. [Rec]3 est une comédie un poil gore, aux effets craspec mais bien trop rares, qui prête à sourire mais jamais à se sentir véritablement concerné par le destin de ses pauvres figurants en costumes de soirée. En dehors de la romance consommée de Clara et Koldo, les second rôles sont assez inexistants et du coup disparaissent de l'écran sans provoquer la moindre émotion. Au final, ce troisième film marque totalement les retrouvailles avec le cinéma de Plaza, qui a toujours fait preuve d'un vrai sens esthétique, mais de grosses difficultés pour incarner un rythme solide (on s'ennuie un poil) et d'imprimer une véritable âme au sein de ses projets.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Déjà à l'œuvre sur les deux premiers [Rec] en Blu-ray, Wild Side Video a bien entendu démontré sa capacité à travailler à partir d'un master qui joue bien entendu avec des sources numériques volontairement disparates et explosées. Toute la première partie de [Rec]3 reste donc sur ce créneau avec des couleurs pastelles particulièrement marquées, des contrastes poussés au maximum et des noirs qui s'accrochent comme des diables et ce, malgré les sautes entre des copies vidéo aux qualités très variables. Superbe, le master l'est encore plus dès lors que le film passe au « vrai » cinéma avec un 2.35 éclatant de luminosité, ultra pointu et aux noirs imparables.  

 

Son :
Le traitement sonore est digne des mêmes éloges avec deux DTS-HD Master Audio 5.1 joliment saignants. Imposant un dynamisme constant, autant dans les scènes d'émotion que dans les massacres carnassiers, les mixages font preuve d'une limpidité remarquable et d'une construction parfaitement enveloppante et naturelle. Cris de victimes dans le lointain, zombies qui galopent hors du cadre, dents qui arrachent un bout de chair, chanson de variété pourrie espagnole qui résonne dans la salle des mariages... La restitution est parfaitement claire et sursaute à loisir.

 

Interactivité :
Comme toujours l'éditeur à mis les petits plats dans les grands en nous apportant une édition HD particulièrement chargée. Si une fois encore les possesseurs du seul lecteur DVD en seront pour leur frais avec l'absence du montage intégral du making of, ceux qui sont passés au Blu-ray peuvent se lancer dans près de deux heures de visionnage. Interviews du réalisateur, du scénariste, du producteur, des responsables des effets spéciaux... Le document est particulièrement complet et permet de comprendre la volonté de Plaza, qui s'évertue coûte que coûte à changer la donne. Plutôt réussi, ce documentaire est également disponible dans sa version promo (22'), juste sur la ligne suivante. A réserver à ceux qui n'ont vraiment pas le temps. Mais cela n'arrête en tout cas pas Wild Side Video, qui se fend en plus d'une interview croisée de Plaza et son actrice Leticia Dolera. Un peu de redite de la part du réalisateur, mais surtout l'occasion d'entendre la mignonne parler un peu de son rôle (elle est étrangement quasi-absente du doc) et de son amour du cinéma de genre. Reste en dernière partie un petit bêtisier pas franchement hilarant et une série de scènes coupées surtout composée d'images vidéo de la cérémonie du mariage et de la réception. Une section interactivité convaincante dans la masse, mais qui manque d'un petit quelque chose de plus rock n'roll pour vraiment convaincre. A l'image du film donc.

 

Liste des bonus : Préparatif d'un mariage sanglant (117'), Making of (22'), Interview exclusive de Paco Plaza et Leticia Dolera (27'), Scènes coupées (20'), Bêtisier (5'), Bandes-annonces.

 
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