MARTHA MARCY MAY MARLENE
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Martha Marcy May Marlene »
Genre : Drame
Réalisateur : Sean Durkin
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 18 juillet 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Martha Marcy May Marlene »
portoflio
LE PITCH
Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité....
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fille perdue

Un premier film remarqué à Sundance et qui, sur un sujet délicat, ose la retenue et la pudeur. Perfectible, mais il serait vraiment dommage de passer à côté, tant il marque la révélation d'un cinéaste à suivre et d'une actrice incroyable.

 

 La difficulté, lorsque l'on est un jeune cinéaste, est sans aucun doute de ne pas céder à la facilité. Facilité du genre, facilité des références, facilité du casting, facilité des effets de mise en scène... Voilà une réflexion qu'a dû se poser Sean Durkin en entamant son premier projet de long-métrage. Mais en abordant un sujet qui pourrait être tabou (comment se reconstruire après avoir vécu au sein d'une secte ?), Durkin choisit la voie de l'intime et du souvenir, en lieu et place d'une débauche inappropriée de sentimentalisme ou de voyeurisme. S'il ne dévoile que par fragments la vie au sein de cette communauté sectaire, le film préfère s'attarder sur la relation conflictuelle de la jeune protagoniste à sa sœur et au mari de celle-ci. Ayant perdu son identité propre, comme l'indique le titre du film (Martha est son prénom, Marcy May celui donné par le gourou et Marlene celui utilisé par les filles de la secte pour répondre au téléphone), elle tente de se reconstruire, quitte à perdre parfois pied, entre fantasmes, souvenirs et réalité.

 

she's just a picture

 

Porté par une mise en scène faussement naturaliste, dans laquelle Sean Durkin joue de larges cadrages fixes parfois parasités par de légers zooms isolant Martha des autres protagonistes, et par un design sonore immersif et trompeur, Martha Marcy May Marlene ne serait pourtant rien sans ses incroyables acteurs. Pour son premier film, la cadette des sœurs Olsen s'approprie le rôle avec un talent rare. Entre fausse candeur, naïveté désarmante et charme naturel, Elizabeth Olsen parvient à rendre palpable les tourments identitaires et familiaux d'une jeune fille tombée entre les griffes d'une figure paternelle aussi séduisante que dangereuse. Ce gourou au charisme évident, très loin des clichés inhérents à ce type de personnage, c'est le génial John Hawkes qui l'incarne, aussi marquant que dans le très beau Winter's Bone. Peu présent à l'écran, il n'en reste pas moins en permanence à l'esprit du spectateur et de Martha : il suffira d'une séquence magnifique où l'acteur chante une sublime balade à l'intention de la jeune fille perdue, pour que tout bascule. Et nos repères avec.

Portrait bouleversant d'une jeunesse dont les repères sociaux, familiaux et identitaires, pas encore établis, peuvent vaciller à tout instant, Martha Marcy May Marlene prouve qu'une histoire belle et simple, mais terriblement vraie, n'a pas besoin de fioritures pour s'exprimer. Et c'est là la marque des plus grands.

Frédéric Wullschleger







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Image :
D'un bref coup d'œil sur la copie du film en HD on pourrait penser que l'éditeur n'a pas livré là un travail des plus soignés, laissant les teintes pâlir à vue d'œil et les noirs s'affadir à chaque plan. Tourné en 35 mm, Martha Marcy May Marlene cherche pourtant bel et bien à travailler ses couleurs avec une palette volontairement fanée, surannée, qui ajoute une étrange douceur à la photographie. Le Blu-ray offre ainsi le meilleur transfert possible, et ce même si on est loin de la vivacité habituelle, démontrant au passage une jolie profondeur de champ (les séquences au lac) et un piqué très efficace.  

 

Son :
Le mixage DTS-HD Master audio 5.1 paraît d'une certaine façon tout aussi évanescent que la copie. La dynamique possible de la piste audio se contente le plus souvent de disposer quelques notes d'ambiance de-ci de-là pour créer tout à tour une sensation de paix ou d'étouffement. Totalement maîtrisé, l'effet n'entame en rien la limpidité de la restitution frontale, entre les dialogues et les rares notes de la bande originale. Très équivalente, la version française dévoile un jeu solide.

 

Interactivité :
Un poil trompeuse, la jaquette aimerait nous faire croire que le film est accompagné d'un flot de suppléments en tous genres. De l'interview du réalisateur au making of en passant par le sujet sur l'actrice ou les techniques de manipulation des sectes, il faut pourtant se contenter à chaque fois d'un bref module de moins de 5 minutes qui bien entendu ne fait qu'effleurer le propos. Seule bonne nouvelle ici, la présence du court-métrage Mary Last Seen, fonctionnant comme une introduction, ou une première mouture, du long-métrage. Tout aussi délicat.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : « Mary Last Seen » Court métrage de Sean Durkin (14'), Pleins feux sur Elizabeth Olsen (3'), L'histoire (4'), Le Making of (3'), Entretien avec les cinéastes (3'), Le Fonctionnement psychologique d'une secte (5'), Clip, Bande-annonce.

 
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