AUX YEUX DE TOUS
France - 2012
Image plateforme « DVD »
Image de « Aux Yeux de tous »
Genre : Thriller
Réalisateur : Cédric Jimenez
Image : 1.85 16/9
Son : Français Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français sourds et malentendants
Durée : 76 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 22 août 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Aux Yeux de tous »
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LE PITCH
673 000 caméras de surveillance et des millions de webcams en France. Un hacker anonyme a piraté toutes les caméras de Paris et observe la ville à son insu. Jusqu'au jour où un attentat dévaste la gare d'Austerlitz. La police se met sur la piste d'un groupe satellite d'Al-Qaïda. Le hacker réussit, lui, à trouver les images de l'explosion et découvre que c'est un jeune couple qui a posé la bombe...
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Ne souriez pas, vous êtes filmé

Projet ambitieux sur le papier, Aux yeux de tous bénéficie d'une note d'intention pour le moins sophistiquée : proposer un film composé (quasi) uniquement d'images provenant de caméras de vidéosurveillance, webcam, etc... Pour raconter une histoire d'attentat et de complot, qu'un hacker va tenter de percer à jour. Un pari visuel audacieux pour le jeune réalisateur français Cédric Jimenez.

Le parti-pris esthétique d'Aux Yeux de tous est en effet gonflé, et assez surprenant pour un film français, qui plus est première réalisation de fiction pour son auteur. Le principe n'est pas sans rappeler le procédé employé par Brian De Palma sur Redacted, dans lequel le réalisateur de Body Double donnait à voir un aperçu réaliste et traumatisant de la guerre en Irak, par le biais d'images là aussi issues de caméras de surveillances, de vidéo extraites du net (YouTube), etc... Mais la comparaison s'arrête là. Si De Palma souhaitait une immersion et un réalisme à toutes épreuves, le questionnement sur le pouvoir des images et leur libre circulation prenait (comme souvent chez le cinéaste) le dessus sur l'intrigue, Cédric Jimenez propose quant à lui de raconter une histoire, répondant aux codes classiques du thriller.
Coauteur du scénario, Jimenez a clairement pensé sa mise en scène en fonction des contraintes de son procédé cinématographique. Se succèdent ainsi à l'écran différent types de prises de vues, aux angles et formats différents, à la qualité fluctuante, donnant la sensation d'une véritable toile d'araignée de capteurs visuels, tissée en plein Paris. Le Hacker derrière ses ordinateurs (montré par le biais de prises de vues classiques et stylisées, ce qui constitue une bouffée d'oxygène au milieu du flux d'images vidéo) peut ainsi suivre et épier précisément chaque personnage, qu'il soit chez lui face à sa webcam, mais aussi dans tous ses déplacements dans la capitale.

 

Mise en forme

 

La problématique de la vidéosurveillance, de la liberté individuelle, du voyeurisme et d'une forme de politique sécuritaire sont bien évidemment au centre du film. Et on sent la volonté de Jimenez de proposer un thriller intelligent, sans être forcément pompeux.

L'audace de cette nouvelle forme de mise en scène ne garantie pas pour autant la réussite artistique du projet. Si le cinéaste parvient avec un certain brio à rendre crédible un parti-pris cinématographique mûrement réfléchi et sincère dans son approche, il est dommage que la forme ait clairement pris le pas sur le fond. Le scénario, qui revisite l'idée du complot depuis l'acte terroriste originel, reste très simpliste, tout comme les personnages, globalement caricaturaux. Le tout est porté par une interprétation, elle aussi, très inégale. Malgré tous les efforts du cinéaste, l'ensemble peine à se hisser au-delà d'un téléfilm de luxe.
C'est une déception d'autant plus grande, que la durée ramassée du film (76 minutes) et le concept fort et osé du cinéaste méritent que l'on s'y intéresse. Reste à voir ce que Cédric Jimenez sera capable de proposer à l'avenir dans le cadre d'une mise en scène plus classique.

 

Nicolas Mouchel








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Image :
Film de flux d'images, de qualités variables, Aux Yeux de tous ne peut prétendre à un rendu visuel optimal. Pourtant, le DVD s'en sort plutôt bien. Les séquences les plus flatteuses à l'œil restent celles liée au hacker derrière son ordinateur. Inserts sur son regard, plan tarabiscotés en plongée, mouvements circulaires de la caméra... Le cinéaste se fait plaisir et se permet pas mal de choses dans ces scènes. Ce qui contrebalance la rigidité du dispositif lié au flux d'images vidéo.

 

Son :
Comme l'image, la bande-son du DVD s'inscrit dans une logique de réalisme lié au procédé utilisé. Les fluctuations d'intensité sonores dépendent de la source des images restituées. La musique de Julien Jabre et Michaël Tordjman, à dominante électro/industrielle, est surprenante mais colle finalement assez bien au projet.

 

Interactivité :
Seuls deux modules à se mettre sous la dent. Un making-of tout d'abord, qui propose des images du tournage prises sur le vif, et permet de voir principalement le cinéaste en action et dirigeant ses comédiens. Second module présent dans les suppléments, une featurette regroupant les interviews de Cédric Jimenez et de ses comédiens Olivier Barthelemy et Mélanie Doutey, qui reviennent sur la conception du projet et sur leurs rôles. Le discours du réalisateur est logiquement le plus intéressant à suivre.

Liste des bonus : Making-of (22'), interviews de Cédric Jimenez, Olivier Barthélémy et Mélanie Doutey (32').

 
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