INDIANA JONES L’INTéGRALE
Indiana Jones : The Adventure Collection - Etats-Unis - 1981/1984/1989/2008
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Aventure
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, néerlandais, allemand…
Durée : 482 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 19 septembre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
En 1936, alors que la Seconde Guerre mondiale menace, Henry Walton Jones Jr, surnommé “Indiana”, professeur d’archéologie et aventurier à ses heures perdues, est mandaté par les services secrets américains. Sa mission : retrouver, avant les agents du IIIe Reich, l’Arche d’alliance contenant les Tables de la Loi et censée conférer le pouvoir de mener n’importe quelle armée à la victoire. Accompagné de Marion Ravenwood, son premier amour, et de son meilleur ami, Marcus Brody,...
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"ceci EST l'Histoire"

Après la volée de bois vert reçue par le pourtant très honnête Royaume du Crâne de Cristal, l'intégralité de la saga cinématographique Indiana Jones s'offre enfin un coffret unique aux couleurs du Blu-ray. L'occasion de profiter de masters éclatants et de visionner les quatres films dans la même foulée pour mieux se rendre compte de leur impitoyable réussite.

 

Si la saga Indiana Jones est parvenue à s'inscrire comme toute bonne mythologie au plus profond de l'inconscient collectif planétaire, c'est déjà grâce à son savoureux mélange des genres, George Lucas et Steven Spielberg n'ayant jamais abordé l'Aventure comme une fin en soi. Ouvertement fantastiques, les récits des trois premiers films appellent de par leurs enjeux-mêmes un abandon immédiat de la part du public (la nature des objets que recherche le professeur Jones est révélée dès le premier acte), assurant dès lors une suspension d'incrédulité rarissime dans le genre, encore accentuée par le contexte historique de l'ensemble (les lointaines années 1930). On notera de plus le traitement particulièrement judicieux des artefacts tant convoités, et leur valeur allégorique à l'écran : l'Arche d'Alliance entre bien sûr en conflit immédiat avec le démon Nazi, la pierre de Sankara volée dans Le Temple Maudit symbolise la jeunesse perdue du village indien (cf. les enfants esclaves) et la quête du Graal du troisième opus est en définitive une quête intime, qui va amener Indiana Jones et son père à se retrouver.

 

les gardiens du temple

 

Les meilleurs enjeux scénaristiques ne valant rien sans de bons personnages, Lucas et Spielberg donnent vie au fil des trois opus à une somme incroyable d'icônes, Jones en tête. Un héros immédiatement identifiable, dont la panoplie (un fouet, un pistolet, un chapeau, un sac en bandoulière, un blouson de cuir) est mise en scène comme autant de pouvoirs de super-héros, choix graphique qui le rend identifiable quelque soit le cadre, qu'il soit dépeint en silhouette ou en ombre chinoise. Campé par un Harrison Ford exceptionnel (dans le quatrième épisode compris), Jones est aussi perpétuellement poussé à la faute par les auteurs, les séances de torture scénique auxquelles il se plie rendant en définitive ses exploits d'autant plus héroïques. Face à lui, les sidekicks (Sallah, Demi-Lune, Marcus Brody, Henry Jones), pépées (Marion, Willie Scott, Elsa Scheider), grands méchants (Belloq, Mola Ram, Donovan) et hommes de main (Tot et consorts) se bousculent, et se disputent avec jubilation la vedette à l'écran.

 

croisade épique

 

Ce qui caractérise enfin la saga Indiana Jones est le sens unique avec lequel Spielberg aborde l'aventure et l'action, le cinéaste inventant quasiment avec la course-poursuite des Aventuriers de l'Arche Perdue la notion de morceau de bravoure. Serialesques en diable (mon dieu, parviendra-t-il à sauter du tank avant que celui-ci s'effondre dans la falaise ?!), savant mélange d'effets spéciaux pratiques, de trucages visuels et de cascades suicidaires (Vic Armstrong traîné derrière un camion dans le premier opus, le pont suspendu qui se rompt dans le second, les vols planés en moto du troisième), les scènes d'action d'Indiana Jones poussent plus loin la moyenne, jusqu'à embarquer le public dans une frénésie de mouvement. Frénésie à laquelle se plie avec virtuosité la caméra de Spielberg, dont la virtuosité, le sens du cadre et la soif de durée auraient dû inspirer la jeune génération de cinéastes, hélas plus motivée par les coupes de montage systématiques à la Michael Bay. Bercée par un mercantilisme omniprésent, des effets numériques à foison et une bande sonore mimant les émotions des personnages (un héros est blessé ? Chœur féminin. Il se relève ? Hard Rock !), cette génération Transformers a effectivement eu bien du mal à comprendre Indiana Jones 4 !

 

gloire aux aventuriers


Car après tant d'années, beaucoup de choses ont changé. Jones a vieilli et est désormais un vieux professeur un peu largué, plus pataud, qui peine parfois à prendre le pas dans les scènes d'action attendues. Il se fend de quelques prouesses tout de même avec une ouverture magnifique qui renvoie aux Aventuriers de l'Arche Perdue. Pour le remplacer dans les scènes les plus spectaculaires, il faut désormais compter sur un certain Mutt, le propre fils caché d'Indy (un Shia Laboeuf aux faux airs Marlon Brando). Une fausse trahison directement inscrite dans la logique de passation de fouet du Temple maudit avec son fils adoptif ou dans celle de la description des enjeux d'une famille hors du commun façon La Dernière Croisade... mais ou les retrouvailles avec Marion Ravenwood se délivrent après que « l'American Family » vient de se faire pulvériser par un test atomique. Sur fond d'Histoire et de mythes UFOlogiques (absolument pas hors sujet pour qui connaît la série Young Indiana Jones et les romans), Le Royaume du Crâne de Cristal repose sur une trame étonnement imposante, riche, et qui risque de faire perdre le fil aux moins attentifs entre trois vannes et des scènes d'action souvent anthologiques. Une poursuite dans la jungle amazonienne qui renvoie immédiatement aux meilleures scènes du King Kong de Peter Jackson, un duel à l'épée qui écrase en un plan-séquence foudroyant les trois Pirates des Caraïbes... Si notre cher Indy a pris un petit coup de vieux, on peut dire que Spielberg, lui, tient encore et toujours la forme. Il conçoit manifestement son 4ème épisode comme une nouvelle attraction cinématographique à l'esthétique irrésistiblement pulp, dont certaines images semblent tout droit tirées de couvertures de romans de gare des fifties ou d'un album de Tintin. Alors oui, les images de synthèse gênent un peu, mais pourtant Indy est bien là, avec pas mal de rides en plus et des cheveux blancs, mais aussi une patate intacte. Un aventurier immortel. Vivement le 5ème !

A.P. & N.B-D.










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Image :
Aucune surprise du côté du Royaume du Crâne de Crystal puisque bien évidement l'éditeur à repris directement le master (sublime) déjà présenté sur l'édition double Blu-ray. C'est d'ailleurs dans les suppléments présents sur cette édition que l'on pouvait déjà observer le travail entamé sur la restauration des trois premiers longs-métrages. Travail qui se confirme puisqu'une fois les galettes insérées dans le lecteur, bien obligé de constater le soin apporté à la trilogie d'origine. Sans jamais dénaturer les copies avec leurs quelques plans composites granuleux (Le Temple Maudit et La Dernière croisade), le travail sur des contrastes excessivement accentuées et la lumières radieuse, les galettes affichent une précision inédite, impressionnantes voire incroyable. Les deux premiers se découvrent une matière qui était justement restée inédite jusque là, rejoignant directement par la richesse des décors (le piqué est sidérant), le tissu des costumes ou le travail des perspectives, les classiques du cinéma d'aventure dont ils s'inspirent. Un petit miracle, une redécouverte indispensable pour les fans de la série qui ne pensaient sans doute pas que les filtres rouges du Temple Perdu étaient si appuyés (la relation avec le Stranglers of Bombay de la Hammer Films est plus évidente que jamais), que le teint argentique des Aventuriers de l'Arche Perdu pouvait regagner une telle jeunesse, ou que les zones d'ombre pouvaient s'avérer aussi profondes. Le plus abouti est ici sans aucun doute La Dernière croisade qui dans 90 % des photogrammes semble avoir été tourné dans l'année. Impérial.

 

Son :
Remise à niveau de circonstance pour la saga qui se retrouve uniformément pourvue d'un DTS-HD Master Audio 5.1 dans sa version originale. De nouveaux mixages qui s'emparent littéralement des anciens Dolby Digital 5.1 déjà très agréables, pour les faire atteindre les hauteurs des derniers grands spectacles en date. Préservant une accroche indispensable pour les dialogues, offrant une puissance plus soutenue que jamais pour les musiques cultes de John Williams, les pistes dynamitent clairement la dynamique générale, jouant avec virtuosité sur les capacités de la spatialisation de l'installation, offrant quelques grands moments au caisson de basses... mais s'efforçant surtout d'accompagner avec jubilation les péripéties et rebondissements qui habitent l'écran. Limpide, survoltée, terriblement efficace, la saga rebondit comme une petite jeunette.
Dommage qu'à côté de cela les versions françaises soient toujours uniquement disponibles en Dolby Digital 5.1 avec un écrasement certes des dialogues et surtout certains effets occupant trop la bande passante et rendant certains détails inaudibles. On aurait préféré pour le coup la stéréo d'époque.

 

Interactivité :
Productions George Lucas, les Indy ont subi approximativement ce qu'on subi les Star Wars : à chaque réédition vidéo (des VHS jusqu'aux DVD en passant par le Laserdisc), les supléments passent et disparaissent. Le présent coffret était donc attendu pour voir s'il pouvait enfin s'apparenter à un objet définitif. En l'occurrence, presque. Car mine de rien le 5ème Blu-ray consacré aux Bonus se présente comme une compilation extrêmement solide des deux coffrets DVD de la trilogie. D'un côté ont retrouve ici les nombreuses featurettes de la version 2008 consacrées aux grandes thématiques de la saga (les sidekicks, les femmes, les bestioles...), celles consacrées aux effets spéciaux ou aux musiques héritées du coffret de 2003. Tout comme la série de making of de chaque film (entre 60 et 35 minutes), composés pour les trois premiers d'un redécoupage de l'excellent Making The Trilogy par Laurent Bouzereau (coffret de 2003) et d'un segment de celui réservé au 4ème film sur son précédent Blu-ray. Le tout présente parfois quelques redondances, mais s'avère assez complet, profitant d'interviews de toute l'équipe des films (acteurs, réalisateur, producteurs, techniciens), qui rivalise d'anecdotes sur le tournage ou les choix artistiques, et présente en catimini quelques extraits de scènes ratées ou coupées ou des archives filmées sur les différents plateaux... voire des images de l'essai de Tom Selleck dans le rôle titre. Presque parfait en somme, si seulement avait pu être présente une vision complète des scènes non gardées (incluant celles existant en story-board) ou plus sobrement l'intégralité des bonus présents sur l'édition spéciale blu-ray du Royaumes du Crâne de Cristal. Un choix assez incompréhensible et obligeant du coup les fans à garder de côté cette première édition.

Ce véritable manquement, Paramount et Lucasfilms le rattrapent en partie en livrant ici deux supléments inédits. Tout d'abord une version très longue et passionnante des séquences de reportage tournées sur le plateau des Aventuriers de l'arche perdue. Si certains courts passages avaient déjà été utilisés dans les documentaires suivants, ils sont ici présentés dans toute leur franchise, donnant l'occasion unique d'assister à quelques réunions créatives, des dialogues volés entre Spielberg, Lucas, Ford et le directeur artistique, et on en passe. On y découvre surtout un réalisateur particulièrement proche de ses acteurs (réflexion sur les personnages, les attitudes) et espiègle, enchaînant les gags entre deux captures de plans. Un très grand moment qui donne véritablement l'impression d'être au début des années 80 aux cotés de cette petite bande. L'autre surprise est plus classiquement le making of d'époque (1981 donc) de près d'une heure avec la grosse voix qui fait de l'effet entre chaque cascade. Pour le coup très répétitif avec le reste du matériel présent, ce documentaire comporte quelques interviews inédites et s'ouvre surtout de façon amusante sur des extraits de sérials censés avoir inspiré le film : on y voit tout simplement les prémisses de la séquence sur rail du Temple Maudit ou l'échappée de liane en liane du dernier opus. C'est ce que l'on appelle avoir de la suite dans les idées. Il aurait du coup semblé particulièrement opportun de fournir de la même façon les making of d'époque effectués pour les épisodes 2 & 3 (ils existent et sont même trouvables sur Youtube). Des manquements encore donc, mais ce premier (?) coffret Blu-ray se montre tout de même particulièrement fourni et brasse à peu de choses près l'essentiel des traits de la saga.

 

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Tournage avec Les Aventuriers de l'Arche Perdue (57'), Making of « Les aventuriers de l'Arche perdue » de 1981 (57'),  Making of « Les aventuriers de l'Arche perdue » (50'), Making of « Indiana Jones et le temple maudit » (41'), Making of « Indiana Jones et la dernière croisade » (35'), Making of « Indiana Jones et le Royaume du crane de cristal » (29'), Les cascades d'Indiana Jones (11'), Le son d'Indiana Jones (13'), La musique d'Indiana Jones (12'), La lumière et la magie d'Indiana Jones (12'), Les aventuriers : le visage qui fond (8'), Indiana Jones et les vilaines bestioles (12'), En voyage avec Indiana Jones (10'), Les femmes d'Indiana Jones : hommage de l'American Film Institute (9'), Les amis et ennemis d'Indy (10'), Les accessoires légendaires (10'),  Les effets d'Indy (22'), Les aventures de la postproduction (13'), Bandes-annonces. 

 
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