THE RAID
Serbuan maut - Indonésie - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Raid  »
Genre : Action
Réalisateur : Gareth Evans
Image : 1.85 16/9
Son : Indonésien et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 24 octobre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta se trouve une citadelle imprenable dans laquelle se cache le plus dangereux trafiquant du pays. Une équipe de policiers d’élite est envoyée donner l’assaut lors d’un raid secret mené aux premières lueurs du jour. Mais grâce à ses indics, le baron de la drogue est déjà au courant et a eu amplement le temps de se préparer...
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Die Hard

Découvert à Lyon à l'occasion de la 5e édition d'Hallucinations collectives à Lyon, où était présent son cinéaste Gareth Evans, The Raid est un festival d'ultra-violence de 1h40. Son réalisateur aime plaisanter sur le fait que son film « n'est pas un drame, ni une romance, ni un film d'auteur, c'est seulement un kick en pleine face ». Croyez-nous, il pèse ses mots. Pourtant, en public blasé, nous appréhendions à l'époque The Raid avec beaucoup de réticence, écrasés par les productions médiocres de films « d'arts martiaux » qui défilent dans les salles obscures ou en vidéo depuis le succès du premier Ong Bak et dont le précédent film du cinéaste, Merentau, n'était qu'un honorable ersatz. In fine, après vision du film, un seul mot peut convenablement exprimer notre ressenti : impressionnant.

 

Survendu comme la nouvelle référence en termes de films d'action, le long-métrage apparaît dans ses vingt premières minutes quelques peu déconcertant, l'intrigue prenant son temps pour démarrer. Mais une fois l'action amorcée, l'œuvre déploie un sens de la démesure hallucinant, ne supportant dès lors aucune comparaison. Gareth Evans a pour objectif de nous faire découvrir un nouvel art martial cinématographiquement inédit, d'une violence sans pareil et incroyablement spectaculaire de par sa grande diversité de prises et son étonnante frénésie. Ainsi, le film ne brille ni par son scénario, ni par ses acteurs, mais au vu de ses ambitions, qu'importe. La mise en scène de ses séquences d'action prime et se révèle absolument extraordinaire. Evans résiste à la facilité de réaliser un film soi-disant viscéral en filmant majoritairement à la shaky-cam et parvient intelligemment à surmonter l'étroitesse du lieu en sublimant chaque combat à travers d'amples mouvements de caméra qui renforcent l'aspect iconique des prises, ainsi qu'à travers un grand sens du montage qui accentue la vitesse déjà surhumaine de chaque enchaînement.

 

la tour infernale

 

Toutefois, The Raid se révèle être plus qu'un simple film d'art martiaux excessif. Une étrange impression  envahie dès que les scènes d'actions s'interrompent. Il se dégage de ces périodes de calme une ambiance suintante, glauque, à la limite du film d'horreur typique de l'esthétique asphyxiante d'un certain cinéma indonésien / philippin comme on peut le voir dans le Kinatay de Mendoza, et qui provoquera un malaise chez le spectateur qui ne désire qu'une seule chose : que les combats reprennent. De la même façon, là où l'incapacité des réalisateurs d'un film comme La Horde à être maîtres de leur espace se révélait particulièrement problématique, ici la mise en scène renforce l'aspect labyrinthique du lieu et accentue l'impression d'enfer sans fin que vivent les personnages. Un enfer caractérisé par les flots d'ennemis qui débarquent dans chaque couloir, ainsi que par le charisme presque démoniaque de leurs chefs. Dès lors, même si par moments on peut reprocher l'aspect interminable de certains combats et, au contraire, une dernière partie quelque peu expéditive, l'expérience est tellement jubilatoire et immersive qu'on est prêt à faire l'impasse sur ces quelques petits défauts.

Quentin Boutel






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Image :
L'énergie débordante du film d'action tourné à l'énergie, caméra au poing et la hargne en avant fait autant la qualité que les petits soucis techniques du long-métrage : photographie souvent très sombre, couleurs effacées, contrastes manquant de puissance, matières sans relief... Le tournage en numérique a clairement conditionné le Blu-ray de M6 vidéo, qui fait le maximum pour en tirer une version HD la plus pointue possible (compression dénuée de tout artefact, belle gestion des noirs), mais qui ne peut pas faire de miracle non plus. Le meilleur rendu possible en tout cas.

 

Son :
Si dans les premières minutes, la teneur du DTS-HD Master Audio 5.1 peut inquiéter, avec des effets surround des plus discrets et des impacts un poil amorphes, il se rattrape heureusement fortement par la suite, soulignant la puissance des coups avec une bonne virilité, jouant sur l'espace restreint des couloirs, rebondissant sur chaque impact des coups ou des balles. Très dynamique, pas toujours des plus mesurés, mais surtout méchamment efficace, le mixage offre au passage une certaine amplitude à la bande sonore survoltée du film. Pour la version française, aucune surprise, le mixage reste agréable mais perd sensiblement en relief tandis que le doublage (comme toujours avec les films asiat') fait perdre tout naturel au spectacle.

 

Interactivité :
Pas mal de matériel à se mettre sous la dent ici. Et si le film est asiatique, le réalisateur est anglais et ceci explique sans aucun doute que pour une fois ces derniers ne sont pas une accumulation de gentillesse et de propos vaseux. Pour lieu de making of, l'édition comprend ainsi les six vidéos qui furent postées sur le site officiel pendant le tournage : préparation physique des acteurs et cascadeurs, mise en place des scènes d'action, imbrication des décors, accessoires mortels et montage sont autant de sujets qui sont présentés avec un sérieux manifeste. Même soin apporté à la featurette sur le travail des compositeurs Mike Shinoda et Joe Trapanese qui malgré une très faible durée donne un bonne aperçu de leurs méthodes de travail (presque artiste / producteur). Toujours assez pertinents, ces petits bonus sont finalement parfaitement complétés par le commentaire audio du réalisateur qui retrace, tout en décrivant quelques anecdotes sur le tournage, son voyage de l'université de Whales jusqu'au milieu exotique du cinéma indonésien. Toujours très précis dans son illustration, il évoque sans détour les choix budgétaires, les influences utilisées plus ou moins consciemment... plus que jamais, un cinéaste à suivre.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

Liste des bonus : Commentaire audio de Gareth Evans, Autopsie d'une scène (2'), Inside the Score (4'), Avant-première parisienne, Making of en 6 parties (34'), Bandes-annonces.

 
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