LA MOUCHE
The Fly - Etats-Unis / Canada - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Mouche »
Genre : Drame, Horreur
Réalisateur : David Cronenberg
Musique : Howard Shore
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 96 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 10 avril 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un scientifique décide d'expérimenter lui-même son invention, un téléporteur, alors qu'elle est encore à l'état de prototype. Hélas, une mouche se glisse avec lui dans la cabine et l'ordinateur, non programmé pour gérer deux êtres vivants séparément, décide de les fusionner en un seul et même corps. Commence alors une dégénérescence dont va être témoin la femme qu'il aime...
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La mèche ?

Certains cinéastes sont aujourd'hui loués pour avoir réussi à importer leur background indépendant et furieusement iconoclaste au sein de l'industrie du blockbuster. Mais tout remarquables soient les parcours de Sam Raimi (Evil Dead, Spider-Man) et Peter Jackson (Bad Taste, Le Seigneur des Anneaux), un artiste leur aura emboîté le pas de deux décennies, transformant deux projets aux motivations 100% hollywoodiennes en véritables poèmes intimes.

 

Cet artiste, c'est bien sûr le canadien David Cronenberg, chirurgien de l'âme humaine, qui avec La Mouche confirmait un exil américain entamé avec l'époustouflant Dead Zone. Un demi-exil en fait, car si les fonds proviennent bel et bien de l'Oncle Sam (en l'occurence ici de Mel Brooks, bien moins rigolard quand il s'agit de jouer au producteur), la production s'installe dans les studios de Vancouver, à quelques kilomètres à peine du domicile du réalisateur. Une manière comme une autre d'oublier les pressions du lointain studio 20th Century Fox, dont les pontes n'ont sans doute aucune idée de l'ampleur de ce que Cronenberg est en train d'accomplir. Au mieux croient-ils financer un remake un peu effrayant de La Mouche noire, série B futile avec Vincent Price qui avait su vendre son lot de tickets de cinéma à la fin des années 1950.

 

La condition humaine

 

Du film original, Cronenberg s'en moque comme de sa première chaussette, et son orientation abandonne d'emblée l'enquête policière et la caricature scientifique qui avaient su divertir les spectateurs près de trente ans plus tôt. Ce qu'il préserve toutefois est le point de vue adopté, celui d'une jeune femme forcée d'assister à la dégénérescence physique de son bien-aimé. En cela, l'oeuvre de Cronenberg touche presque constamment au sublime, toutes les sensations attendues dans un film d'horreur (angoisse, dégoût, etc.) découlant ici exclusivement d'un drame humain. Véritable bombe émotionnelle (la lente aliénation mentale, puis physique du héros génère un désarroi communicatif, ainsi qu'une empathie qui ne se dissoudra pas jusque dans l'abominable dernier acte), La Mouche révolutionnait purement et simplement le cinéma gore en 1987, l'amenant à côtoyer la tête haute une cinématographie réputée plus respectable. L'ultime confirmation d'un auteur, en somme, dont les thèmes de la contamination, de la Nouvelle Chair et de la redéfinition de soi se retrouveront, encore accentués, dans l'inégalable Faux Semblants deux années plus tard, mais cette fois-ci débarrassés des artifices qui, jusqu'alors tendaient à expliciter par l'image les obsessions du cinéaste.

Alexandre Poncet



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Image :

Le DVD collector marquant déjà un sacré pas en avant par rapport à l'édition précédente, qu'en est-il de la copie Blu-Ray ? Utilisant le master de 2004, ce nouveau disque compressé en VC1 a de quoi ravir les fans, révélant une somme de détails (les effets de Chris Walas n'ont jamais été aussi impressionnants) et de couleurs (sublime photographie de Mark Irwin, enfin exploitée en vidéo à sa juste valeur) dont seules les projections en salles pouvaient jusqu'ici se vanter. Du très, très beau travail.

 

Son :

Respectant la ligne éditorial de FPE depuis son arrivée sur le marché Blu-Ray, le disque de La Mouche propose une piste DTS HD anglaise de grande qualité, soulignant le travail orchestral de Howard Shore et dynamisant les superbes dialogues du film. Les scènes de téléportation jouent quant à elles avec bonheur de la spatialisation permise par la matrice 5.1, et ce bien que le film fût originalement mixé en stéréo 2.0. A noter enfin que Shore, accessoirement compositeur du Seigneur des Anneaux, a récemment tiré un opéra du score de La Mouche, dont la Première aura lieu à Paris début juillet 2008.

 

Interactivité :

Ne vous fiez pas à la jaquette du Blu-Ray : alors que seuls le commentaire audio de David Cronenberg et la bande-annonce sont annoncés, le disque reprend l'intégralité du collector double disques paru il y a quelques années. Un régal, donc, de se replonger dans la genèse de ce film hors-norme, déjà à travers le commentaire du réalisateur, extrêmement généreux dans ses révélations quant à l'écriture du script, à la collaboration avec les acteurs et bien sûr aux thématiques principales du film, la Nouvelle Chair en tête, ensuite via les nombreux documentaires disponibles en annexe. Un making of titanesque permet ainsi à toute l'équipe (sauf Cronenberg, qui n'apparaît que dans la piste analogue) de revenir sur un projet théoriquement inconcevable à Hollywood, s'attardant sur absolument tous les aspects de la production, des premières réunions avec le producteur Mel Brooks (oui oui, celui de Frankenstein Junior et La Folle Histoire de l'espace) à la création des décors (notamment le tourniquet qui permet à Brundle de marcher sur les murs) en passant par les séances de casting (on apprendra qu'une migraine carabinée a permis à John Getz de remporter le rôle de Statis) et le tournage des scènes à effets spéciaux. Les effets spéciaux, justement, font également l'objet d'une featurette à part entière, où Chris Walas se rend chez un ami collectionneur qui a préservé dans sa demeure la plupart des animatroniques et des prothèses réalisées pour le film. On y aperçoit même le chat-singe que Walas avait créé pour une célèbre bobine coupée, bobine bien sûr incluse au sein de l'interactivité, et qui plus est entièrement remasterisée. Un beau moment de folie organique qui se poursuit à la lecture du script d'une scène jamais tournée, dont la seule description aurait de quoi rendre blême un médecin légiste. Encore au niveau texte, enfin, le disque propose de lire en intégralité le scénario qui fut proposé à Cronenberg par Brooksfilm, puis la version réécrite par le réalisateur. Une manière de prouver, si besoin était, que l'appartenance viscérale du film à son oeuvre n'a rien d'un hasard.

 

Liste des bonus : Commentaire audio de David Cronenberg, Making of (2h30), Interviews supplémentaires, Scènes coupées, Scénario intégral + révision de Cronenberg, Featurette sur les effets spéciaux, Bandes-annonces 

 
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