PATLABOR FILMS 1, 2 & 3
Kidô keisatsu patorebâ : Gekijô-ban / Kidô keisatsu patorebâ : The Movie 2 / WXIII : Patlabor the Movie 3 - Japon - 1989/1993/2002
Image plateforme « Blu-Ray »
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Musique : Kenji Kawai
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 316 minutes
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 9 janvier 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans un monde futuriste, la police de Tokyo, comme de nombreux industriels, utilise des robots géants appelés " Labors ". Alors que la ville est en passe de devenir une nouvelle Babylone grâce à l'utilisation massive de ces Labors, le gouvernement constate de plus en plus de dérèglements des robots géants qui mettent en péril la population. Le nouveau système d'exploitation créé par la très puissante corporation Shinohara, en charge de la construction des Labors, serait à l'origine ...
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Machines en marche

Grands classiques de l'animation japonaise, la trilogie cinématographique Patlabor ressort du placard grâce à l'éditeur Kaze. Des films de robots géants à la personnalité unique, où la machine garde sa place, comme pour laisser éclore définitivement le talent de Mamoru Oshii, futur réalisateur de Ghost in the Shell qui semble travailler ici le cœur de sa future filmographie.

 

L'animation japonaise et les robots géants c'est comme une grande histoire d'amour, une rencontre en tout cas qui ne cesse de marquer l'histoire des studios, des créatifs et, forcément, les spectateurs de l'archipel. De Gundam (LA référence) à Macross jusqu'à la relecture post-modern Evangelion, ces énormes machines sont loin d'être de simples fantasmes pour adolescent férus de tôles, mais bien un reflet conscient et exotique de leur pays d'origine. Véritable cas à part dans le genre, Patlabor (pour patrouilles de labors) a été entièrement construit et imaginé pour donner une vision plus adulte, en tout cas moins « sentai » en prenant les attentes du public à contre-pied. Dans Patlabor, et ce malgré le titre, les robots géants contrôlés par la section de police ne sont pas les héros, mais de simple outils (comme une voiture ultra-classieuse) que l'on sort du garage en cas de nécessité. Une vision assez unique donc, laissant plus de place à un certain réalisme, un vrai sens du détail et surtout une caractérisation de « vrais » personnages. Le film s'inscrit comme un manifeste par Headgear, réunion de cinq personnes bien décidées à décrire ce quotidien particulier  : Masami Yûki (à l'origine du concept), Yutaka Izubuchi (designer remarqué sur Gundam Z ou Lodoss), la star des chara-designer Akemi Takada (célébrée pour Lamu, Max et compagnie ou Creamy), le scénariste Kazunori Ito (Avalon, la trilogie Gamera) et enfin le jeune réalisateur Mamoru Oshii. Plutôt confiants, ceux-ci vont mettre en place un plan global pour transformer leur Patlabor en œuvre transmédias qui connaîtra des extensions sous forme de manga, d'une série TV (diffusé en partie en France), de deux salves d'OAV et surtout de trois long métrages représentant la quintessence absolue de la licence.

 

the book and the bot

 

Un plan marketing ? Certes, mais plus que tout autre série de robots, Patlabor est clairement marqué par la personnalité de ses créateurs, et en particulier du duo Ito / Oshii. Déjà aux commandes sur les 7 premières OAV, jouant avec brio sur le mélange de chronique sociétale et de polar humoristique, les futurs compères de Ghost in the Shell n'hésitent pas, succès aidant, à définitivement transporter la saga vers des hauteurs inespérées dans le premier long-métrage. Préservant encore en partie la fantaisie très nippone de certains personnages (l'adorable Noa, les réactions excessives...), Patlabor Le Film confronte la petite troupe d'enquêteurs au plan millénariste (l'action se déroule en 1999) d'un programmeur qui tente de rejouer l'écroulement de Babel. Usant en toile de fond de tous les codes du policier habituel, avec même un final mécanique et musclé, parfait reflet des années 80, le film se voit pourtant constamment nimbé d'une pesanteur presque mélancolique, ne reflétant pas vraiment l'énergie de la section de police montée, mais se laissant bien envahir par le point de vue de Eichi Oba, dont le spectateur assiste à un suicide prophétique dès les premières minutes. L'innocence disparaît peu à peu, et cette tonalité toute particulière entraîne à la fois le film vers un fantastique diffus mais inquiétant (récurrence des oiseaux, références bibliques, labors qui se déplacent seuls), et surtout une réalisation aux accents contemplatifs. Déjà solide sur les OAV, Oshii prend véritablement ses marques, profitant des thématiques disposées par le script pour entamer sa réflexion personnelle sur le lien entre l'homme et la machine, la naissance de la conscience et surtout en cherchant à capturer à un monde en pleine désintégration : culture vs modernité, un combat perdu d'avance. Epaulé par les compositions incantatrices de Kenji Kawai, le cinéaste impose sa future patte visuelle et, tout en soignant tel un artisan ce polar sophistiqué et moderne, donne naissance à une œuvre mutante mais passionnante.

 

pour un monde meilleur

 

Cette virtuosité aussi bien technique (les séquences en full-animation !) qu'artistique saute encore un palier quatre ans plus tard pour le retour de Patlabor sur grand écran. Après le thriller fantastique, Oshii utilise l'univers pour livrer une réflexion politique extrêmement puissante sur la démocratie moderne, gangrénée par l'apathie, en posant inlassablement la même question : « une guerre juste vaut-elle mieux qu'une paix injuste ? » Le film se garde bien de répondre, choisissant une nouvelle fois d'embrasser en partie la personnalité de Yukihito Tsuge, cerveau d'une machination extrêmement complexe aux accents de terrorisme et de guerre civile, en donnant à l'ensemble une atmosphère d'un fatalisme désarmant. D'où l'absence d'un humour direct, et la prise en main du premier plan par Gotô et Nagumo, les deux commandants de la fameuse faction de police véhiculée. Deux caractères bien plus matures, armés d'un vécu en sous-entendu dont les tensions et regards construisent tout autant le film que l'enquête proprement dîte. Elégante, inspirée, précise mais toujours sobre, la mise en scène scrute autant le décor urbain que les visages des personnages à la recherche d'une obscure vérité, force les contrastes et use bien entendu des plan méditatifs comme d'un dispositif organique, évident, qui concentre à chaque apnée toutes les ambitions du long-métrage. Sublimes dans son animations (l'ouverture sur la main mécanique) et ses designs (Takada « normalisé »), brillant dans sa narration, ce second film est sans aucun doute l'un des films d'anticipation les plus percutants et intelligents des années 90, annonçant avec clarté l'état de guerre froide globale qui paralysera ce nouveau millénaire.

 

désilusions

 

Une maestria que ne réussit jamais à retrouver le troisième et tardif long-métrage dédié à Patlabor. Entièrement produit loin des membres originaux de Headgear, WXIII tente de raviver la flamme en proposant une enquête presque uniquement concentrée sur la collaboration entre deux détectives, jusqu'ici personnages secondaires. Kusumi et Hata, deux flics classiques empruntés aux films noirs, qui vont forcément s'opposer lorsqu'une sublime et frêle scientifique va devenir le cœur de leurs enquêtes. Un film qui croise les nombreux bio-thrillers qui faisaient fureur dans les des années 2000 (comment ne pas penser à The Host ?), le film de Takuji Endo et Fumihiko Takayama (scénariste de Sword of the Stranger) joue avec les effets horrifiques, exploite des ambiances sombres et baignées de pluie façon Seven, et surtout se démarque de ses deux prédécesseurs en croisant sans vergogne le film de monstres. Interviennent d'ailleurs à ce niveau les meilleures séquences, mais le film perd fortement de leur aura à force de vouloir singer l'esthétique de Oshii, entre une fausse retenue dans les cadrages, et surtout de nombreuses séquences contemplatives qui se contentent de filmer un vide diégétique assez triste. Comme s'il suffisait que Kenji Kawai imprègne sa musique d'une fine tristesse pour que les images se chargent d'elles-mêmes de poésie. Dommage, sans pouvoir certes concurrencer les premiers métrages, Patlabor 3 manque singulièrement de caractère, et donc des personnalités fascinantes de Mamoru Oshii et de son scénariste Kazunori Ito, parti depuis longtemps commettre quelques autres chefs-d'œuvres.

Nathanaël Bouton-Drouard
















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Image :
Autrefois propriétés du défunt (du moins en France) Manga Video, les deux premiers longs-métrages de Patlabor avaient dû subir les habituels traficotages de l'éditeur, avec un recadrage en 4/3 et une absence aberrante de soin pour les masters. Ca bavait, ça granulait... En gros, on était bien loin du soin que méritaient ces œuvres. Dernier bastion de l'animation japonaise en France, Kaze reprend la barre et propose deux nouvelles copies HD entièrement remasterisées. Une très bonne nouvelle qui permet à la fois de redécouvrir la palette colorimétrique des films, la masse incroyable de détails dans les animations et la richesse des arrières plans, tout en rappelant non sans charme que Patlabor 1 et 2 avaient été produits à l'ancienne sur cellulos et pellicule. Les présents Blu-ray préservent joliment d'ailleurs le grain d'origine, non sans laisser passer forcément les petites taches et tremblements des peintures, donnant à l'ensemble une beauté évidente, à la fois plus brute et sophistiquée que les productions numériques. Une très belle surprise (on n'en attendait pas tant) surtout que les longs-métrages retrouvent leur éclatant écran large, bien plus cinématographique, et unique moyen de profiter des constructions d'Oshii. Le choc est forcément bien moindre avec le dernier film, plus récent et qui avait eu la chance de connaître un DVD bien plus soigné. L'apport de la HD n'est d'ailleurs pas toujours si flagrant (les plans sombres glissent un peu) et les images de synthèse détonnent un peu, mais l'ensemble est solide. 

 

Son :
Les pistes sonores ont elles aussi connu leur petit rafraîchissement de printemps, avec de nouveaux mixages bien plus propres et éloquents sous la forme de DTS HD 5.1 et 2.0. Les versions spatialisées sur cinq canaux ne sont cependant pas aussi spectaculaires qu'on aurait pu l'espérer, faisant preuve d'une belle et agréable clarté, mais laissant le plus souvent la dynamique au placard. Quelques bons moments tout de même lors des affrontements mécaniques, quelques bruitages (hélicoptères, mitrailleuses) passant par les enceintes arrières, mais au final ce sont surtout les dialogues (bien ancrées à l'avant) et les musique de Kenji Kawai qui y gagnent le plus. Plus volumineuse, la bande sonore de Patlabor 3, déjà en 5.1 lors de sa sortie sur grand écran, se montre plus généreuse et moderne.

 

Interactivité :
Pas de grandes nouveautés par contre du côté des bonus, mais au moins Kaze n'a rien oublié de ce qui avait déjà été proposé auparavant. Toujours rien donc à se mettre sous la dent pour le premier film, mais heureusement le réalisateur et le scénariste répondent présents dans le making of de Patlabor 2. Un documentaire à la japonaise (avec menus, cadre, voix-off et split-screen) mais qui une fois n'est pas coutume laisse véritablement la parole aux auteurs, creusant leurs volontés techniques et artistiques, les origines du projet et même de la part du réalisateur, quelques confidences (chose excessivement rare). Une cinquantaine de minutes où il faut savoir piocher et profiter des quelques images de coulisses délivrées, mais cela reste sympathique.
Curieusement dès son lancement, Patlabor 3 avait embarqué dans ses valises une pléthore de suppléments, profitant sans doute de l'aura des deux épisodes précédents. On découvre donc sur sa galette l'attendu making of (sobre, mais plutôt complet), un reportage sur les doubleurs (dispensable), une featurette très promo et le pilote de 2 minutes produit pour vendre le projet. Du classique et du solide, mais largement moins remarquable que les délirants trois épisodes de Mini Pato (en SD cependant), parodie nonsensique de la série signée Oshii. On y retrouve une foule d'obsessions du bonhomme (animation en papier-découpé, analyse poussive sur les armes et méchas, gags improbables...) dans un pur moment récréatif qui détonne avec le sérieux indéboulonnable du long-métrage. Ces trois petits segments ont eux aussi le droit à leur petit making of, comme ça, pas de jaloux.

Liste des bonus Patlabor 2 : Making of (55'), Bandes annonces.
Liste des bonus Patlabor 3 : Mini Pato (36'), A Propos de Patlabor (24'), Making of du film (29'), Making of Mini Pato, Rencontre avec les comédiens (28'), Le pilote du film (2'), Galerie d'images (5'), Bandes annonces.  

 
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