MARTYRS
Martyrs - France, Québec - 2008
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Image de « Martyrs »
Genre : Horreur
Réalisateur : Pascal Laugier
Image : 1.85 16/9
Son : Français en DTS et Dolby Digital 5.1
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 3 mars 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Martyrs »
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site officiel
LE PITCH
France, début des années 70. Lucie, une petite fille de dix ans, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d'agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge. 15 ans plus tard. On sonne à la porte d'une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d'un fusil de chasse. Persuadée d'avoir ret...
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Entre deux rives
Comme le dit si bien notre ami Dédo, lors de sa sortie en salles, Martyrs s'est vite transformé pour beaucoup de spectateurs en « Partir ». Trop violent, trop noir, trop nihiliste sans doute, le second film de Pascal Laugier a aussi échappé de justesse à une interdiction aux moins de 18 ans, qui déchaîna l'opinion au printemps dernier et poussa le ministère à revoir sa copie, et à affubler le film d'un « - 16 avec avertissement ».

Des avertissements, il en faut évidemment concernant Martyrs, dont la violence jusqu'au-boutiste est loin de caresser le spectateur avide de chair fraîche dans le sens du poil. Certes lourdement graphique, notamment lors d'une première heure retraçant la croisade vengeresse de son héroïne et scrutant sa psychose hallucinatoire, Martyrs pose directement la question du voyeurisme dans sa demi-heure finale, les hectolitres d'hémoglobine laissant place à une brutalité crue, quotidienne et volontiers suggérée, car cadrée comme à travers le trou de la serrure. En laissant à son public le soin de zieuter des séances de torture sans artifice plutôt que de les regarder frontalement, Pascal Laugier embarrasse  beaucoup plus que le premier Saw venu. C'est aussi là qu'il dérape, d'un pur point de vue thématique.

Dans le trou de la serrure

Assez manipulateur dans son projet d'ensemble (soit la première heure et la dernière demi-heure raccordées), Martyrs déballe progressivement  une dramaturgie secouante, désespérée mais profondément humaine (voir le rapport quasi-maternel entre les deux héroïnes, l'une orpheline trouvant son réconfort dans l'encadrement de l'autre). Dramaturgie qu'il envoie valser dans les roses, hélas, dès lors qu'un twist pseudo-métaphysique commence à se mettre en place, avec tous les grands écarts scénaristiques que cela implique. Antipathique avec le recul, alors que son étude de cas particulier lui conférait une résonnance tragique, Martyrs est un film entre deux eaux, dont les ambitions antinomiques s'annulent à l'écran, peu importe le savoir-faire gigantesque dont peut faire preuve Pascal Laugier avec sa caméra. Un film brillant et stupide à la fois, qui restera tout de même parmi ce que le genre européen a pu produire de plus intéressant en dix ans.
Alexandre Poncet






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Image :

Si nous n'avons pu tester le Blu-Ray, nous pouvons vous dire sans cligner des yeux que la copie DVD est à l'image du film : percutante. Contrastes puissants, couleurs respectées, compression invisible même lors des séquences nocturnes et / ou pluvieuses... La qualité est optimale, dans les limites en tout cas de ce que peut encore réserver un DVD standard.

 

Son :

Côté son, le DTS mixé par l'équipe de Wild Side risque de satisfaire les amateurs de bruitages douloureux, entre coups de marteaux plantés frénétiquement dans un crâne, poings dans la tronche, décharges de chevrotine et hurlements en tous genre. A ce niveau, difficile de faire plus convaincant.

 

Interactivité :

Excellente interactivité que celle de Martyrs, qui bénéficie non seulement du travail effectué en amont par l'équipe du making of, depuis la préproduction jusqu'à la fin du tournage, mais puise aussi son inspiration dans les remouds qui ont accompagné la sortie du film en salles. Cela commence fort avec le documentaire principal du second disque, qui scrute une heure trente durant les grandes étapes du tournage, décrivant les relations parfois tendues entre Pascal Laugier et Mylène Jampanoï (Laugier n'a pas l'air d'être un tendre), la création des décors (l'une des deux actrices gardera un doux souvenir d'un plancher factice...), la mise en place des effets spéciaux, la collaboration avec l'équipe québécoise, etc. Un making of grand cru complété par une interview de près de vingt minutes de Pascal Laugier, qui évoque rétrospectivement certains aspects habituellement réservés à un commentaire audio (méthode de travail, vision d'ensemble, auto-critique, secrets de fabrication, anecdotes et consorts). Ca enchaîne sur une excellente featurette sur la censure en France, et ce qui a amené le comité de classification des films à anéantir dans l'oeuf la carrière du film en l'affublant d'une interdiction aux moins de 18 ans. A noter enfin que l'ensemble des bonus rend hommage au maquilleur Benoît Lestang, qui a mis fin à ses jours en juillet dernier. L'interview réalisée par l'ami Arnaud Calistri dans son atelier est à ce titre poignante, son regard et ses silences laissant entendre que le bonhomme était déjà ailleurs.

 

Liste des Bonus : Making of (1h25), Interview de Benoît Lestang, Documentaire sur la censure, Bande-annonce.

 
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