L’éPéE ENCHANTéE
The Magic Sword - Etats-Unis - 1962
Image plateforme « DVD »
Image de « L’épée enchantée »
Réalisateur : Bert I. Gordon
Musique : Richard Markowitz
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 77 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 2 avril 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’épée enchantée »
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LE PITCH
Pour délivrer la princesse Hélène enlevée par le sorcier Lodac, George va devoir affronter sept malédictions : ogre, cratère de feu, femme vampire, apparitions pétrifiantes, galerie de monstres, sorcière, et dragon. Doté d’une armure magique, un cheval merveilleux, et une épée enchantée, il sera aidé par sept chevaliers ressuscités.
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Coffre à jouet

Petite marotte de chez nous, Ray Harryhausen n'a pas attendu longtemps avant que son travail n'influence d'autres cinéastes. Dès les années 60, ébahis par Le Septième voyage de Sinbad ou Les Voyages de Gulliver, un certain Bert I. Gordon transformait lui aussi l'écran de cinéma en livre d'images fantastiques pour une Epée enchantée, un peu toc, mais définitivement magique.

 

Pas un débutant le bonhomme d'ailleurs, puisqu'il connaissait de son coté quelques jolis succès dans les Drive-In avec des titres comme Le Fantastique homme colosse (et sa suite) ou Earth vs. The spider, avant de faire sa fortune quelques années plus tard avec l'attachant Soudain les monstres. Un spécialiste du « gigantisme » et des effets de transparences préférant à la stop-motion époustouflante de son contemporain des acteurs planqués dans des costumes plus ou moins convaincants et des marionnettes tâtonnantes à l'image du dragon à deux tête final de cette Epée enchantée. Pas très convaincant de prime abord, mais cet aspect enfantin, de bric et de broc, fait partie de l'identité du programme, vision fantastique du film de chevalerie, comme si la légende de Saint George s'était transformée en conte de fée familial. Habité d'une photographie rutilante dans des décors de studio particulièrement grandioses (le marais est splendide), il confère à cette aventure terriblement linéaire et naïve une atmosphère agréable, nostalgique, rappelant immédiatement aux connaisseurs la BD Prince Valiant de Hal Foster.

 

Les joies du cirque

 

Mais là où l'adaptation officielle poussait négligemment du pied tous les éléments féeriques sous le tapis, le film de Gordon les embrasse volontiers et y met même une fougue déroutante. On reconnait parfaitement les vilains nains qui font « bouh ! » à la princesse pour lui faire peur, les effets d'apparition / disparition digne de Ma Sorcière bien aimée, l'utilisation abusive de l'épée et de l'armure magique, mais sous ces dehors de classicisme, le film a souvent tendance à déborder. Annonçant l'excentricité des futures bandes déviantes italiennes (la fameuse saga La Caverne de la rose d'or, voir Barbarian), L'Epée enchantée compense le manque de charisme du jeu premier (Gary Lockwood, juste mauvais, il se rattrapera sur 2001) et les effets de bras du grand Basil Rathbone (le Sherlock Holmes de l'époque) en garnissant l'aventure d'un érotisme étonnant montrant un Sir George enchainé torse nu, un chevalier français ne tardant pas à sauter sur une jolie paysanne et surtout une sortie de bain qui s'attarde un peu trop sur les sacrés arguments de la Princesse Hélène. Un poil polisson, le métrage détonne aussi et surtout pour ses infiltrations graphiques des codes de l'horreur avec des perspectives inquiétantes, des créatures plus qu'étranges (des siamois, des serviteurs aux cranes en formes d'œufs), des effets de maquillages très poussés dont une sorcière qui annonce celle de L'Armée des ténèbres de Sam Raimi, voir même quelques glissements gores lorsque deux preux chevaliers sont brulés vifs. Détonnantes, ces envolées délicieusement bisseuses donnent un vrai relief à un divertissement très kitch mais finalement assez irrésistible.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Bonne surprise, Artus films a dégotté une copie plutôt convaincante qui met particulièrement en avant les qualités clinquantes et vives du Technicolor en affichant des teintes poussées et extrêmement contrastées. Le spectacle est très agréable et ne laisse finalement passer que peu de cicatrices des années passées. Dommage cependant que de nombreux plans soient  baignés dans un flou pas forcément très harmonieux.

 


Son :
C'est le bon vieux mono d'origine qui revient pour accompagner le DVD en version française et anglaise. Plutôt propres et en tout cas confortables, les deux pistes donnent la mesure de leur époque avec ce petite charme des accents d'autrefois.

 


Interactivité :
Comme les scouts de Brétigny sur Orge, Alain Petit est toujours prêt à donner un coup de main. Le voici de nouveau dans un long entretien (45 minutes) qui lui permet de partager avec le spectateur les souvenirs d'une distribution en salle calamiteuse et qui explique la rareté de l'objet. L'historien du cinéma de genre en profite aussi pour retracer la filmographie du casting et du réalisateur, ainsi que de brasser allègrement les différents genres et curiositées du film. Comme toujours c'est très informatif, mais un peu longuet au bout d'un moment. 

Liste des bonus : « La Magie de Bert I. Gordon » par Alain Petit (45'), Diaporama, Bandes-annonces.  

 
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