LE FIER REBELLE
The Proud Rebel - Etats-Unis - 1958
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Genre : Western
Réalisateur : Michael Curtiz
Musique : Jerome Moross
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 12 avril 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Fier rebelle »
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LE PITCH
A la fin de la guerre de Sécession, John Chandler parcourt le grand Ouest en quête d’un médecin capable de soigner son fils devenu muet à la mort de sa mère. Trouvant refuge dans une petite ville, père et fils devront faire faire face aux provocations répétées d’un éleveur local, agressif et fort mal intentionné.
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Le Vice et la vertu

Resté longtemps inédit, ce western de facture classique est signé Michael Curtiz, cinéaste de l'âge d'or hollywoodien. Le réalisateur de Casablanca, Les Aventures de Robin des Bois et La Charge de la Brigade Légère orchestre un drame familial certes touchant mais un poil daté. Mise au point.

 

Grâce à un script hautement dramaturgique, Curtiz oppose les valeurs altruistes et humanistes à la barbarie et la veulerie du Far West. Pour incarner le fier John, père meurtri prêt à tout pour sauver son rejeton muet, le réalisateur convoque Alan Ladd, l'une des légendes du western. Icône instantanée grâce à son personnage de Shane dans L'homme des Vallées Perdues (œuvre de George Stevens datant de 1953), le comédien incarne à lui seul toutes les vertus du cowboy. Courageux et opiniâtre, calme et réfléchi mais paré à faire parler la poudre si jamais un renégat venait à lui manquer de respect, c'est un « bon gars » toujours d'attaque pour filer un coup de main. Besoin de quelqu'un pour aller chercher de l'eau au puits ? En quête d'une âme charitable pour changer la roue de votre chariot ? Appelez-donc John... Père aimant et aimé, il guidera son fils vers la voie de la guérison, tombera amoureux d'une veuve en mal de câlins et se confrontera à ces « salopards » du clan Burleigh symbolisant, via leur rictus patibulaires et leurs méthodes expéditives, toute la dégénérescence du monde.    

 

western d'épinal

 

Malgré une distribution alléchante et la solide maîtrise formelle de Curtiz, habile artisan-faiseur formé à la vieille école, Le Fier Rebelle finit par ennuyer. Pétri de bons sentiments, « tire-larmes » au possible et souvent trop manichéen, le film crispe et agace à défaut d'émouvoir. Ca chuinte de toutes parts, à tel point qu'on croirait parfois visionner les rushes de La Petite Maison dans la Prairie. Le cinéaste et les comédiens en rajoutent dans le pathos : le jeune David (incarné par le propre fils d'Alan Ladd) a pour seuls appui son chien fidèle et l'amour incommensurable des siens. Quant à John, il est bien trop lisse pour être honnête, roi du sermon et de la bonne conduite (puritaine). Comme souvent, c'est du côté des méchants que le film devient intéressant. Brigands de pacotille, « bad-boys » d'Epinal, les sbires du clan Burleigh ressemblent à des bandits de cartoon, des Frères Dalton avant l'heure. Bas de plafond, dissimulés sous d'immenses stetsons, ils maîtrisent l'art de l'infâme et des coups tordus et ne reculent devant rien pour parvenir à leurs fins. Notons à ce titre, la présence au casting de John Carradine (et sa trogne gravée dans la roche) et d'un très juvénile Harry Dean Stanton, comédien culte et héraut « white-trash » de l'Americana, que l'on reverra plus tard chez John Carpenter (Christine), Wim Wenders (Paris, Texas) ou Ridley Scott (Alien). Les deux acteurs apportent une touche de déviance, une once de folie décérébrée, à ce western rigide et pastoral, aussi dégoulinant qu'un cupcake garni de crème fouettée.

Gabriel Repettati






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Image :
Prudence : le grain hautement sale et granuleux pique les yeux. Souvent ternes, ou alors totalement exacerbées, les teintes et les couleurs ont pris un sacré coup de vieux. La copie d'origine devait être sacrément détériorée car le rendu final évoque celui d'une cassette VHS des familles. Notons, de plus, un format 4/3 qui écrase et compacte l'image.

 


Son :
Les bon vieux mono d'origines sont corrects, en anglais comme en français. Ils ne cassent pas des briques mais, vu l'âge avancé du Fier Rebelle, mieux vaut faire preuve d'indulgence. Joli rendu lors des scènes intimistes, un peu plus brouillon et saturé pendant les séquences de « gun fights ».

 


Interactivité :
Cette édition dvd, issue d'une nouvelle collection dédiée aux grands classiques du western, comprend un entretien critique avec un certain Eddy Moine, que l'on soupçonne d'être le propre fils d'Eddy Mitchell. Il faut dire que Le Fier Rebelle n'aurait pas fait tâche dans la programmation de « La Dernière Séance » sur FR3. Filez vite vous choper un esquimau dans le frigo, le film vient de commencer...

Liste des Bonus : « Fier et Rebelle », entretien avec Eddy Moine, Diaporama de photos, bandes-annonces. 

 
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