PINOCCHIO
Pinocchio - Etats-Unis - 1940
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Image de « Pinocchio »
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais, Français et Allemand DTS-HD Master Audio 7.1
Sous-titre : Anglais, français et divers
Durée : 90 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 11 mars 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Pinocchio »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Gepetto, un vieil artisan, sculpte le bois et fabrique des jouets. Il partage sa solitude avec son chat Figaro et son poisson rouge Cléo. Mais son rêve est d’avoir un fils. Aussi imagine-t-il de créer une marionnette à l’image d’un garçonnet. Son nom est tout trouvé : ce sera Pinocchio.
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De bons artisans
Petite déception lors de sa sortie en 1940, Pinocchio n'avait pas été alors le succès escompté, sans doute en partie à cause de la fermeture des frontières pour cause de Second Guerre Mondiale. Mais les années aidant, et la facilité du film à traverser les années sans ombrage ont fait de Pinocchio l'une des réalisations les plus estimées des studios Disney.

A peine trois ans après la sortie de Blanche neige et les sept nains sur les écrans du monde entier, on aurait pu croire que l'équipe technique de Walt Disney serait épuisée, repue. Pourtant, galvanisés par le succès incroyable de ce projet historique (le premier long-métrage en dessins animés) et agacés par les défauts de leur première réalisation, ces artisans montrent une énergie incroyable sur leur second film. Oubliées les couleurs plaquées uniformément sur les celluloïds, les décors à peine suggérés et les animations flottantes. Pinocchio est déjà le film de la maturité. Aujourd'hui encore la finesse des arrières plans a de quoi faire pleurer la plupart des artistes modernes et les subtilités des expressions des personnages confèrent à l'ensemble un naturel incroyable. Surtout, les auteurs semblent s'amuser pour la première fois des possibilités des dernières trouvailles de leurs techniciens en expérimentant des « effets d'animation » franchement bluffants (fumées, lumières, liquides), en particulier lors du grand final avec la baleine Monstro où la mer démontée et l'écume des vagues sont entièrement faits à la main. Une prouesse visuelle qui transforme chaque plan en petite œuvre d'art.

Sans mentir

Amélioration technique donc, mais aussi narrative avec cette fois-ci un véritable scénario (oui parce que Blanche Neige...) où les morceaux musicaux ne sont plus des apartés mais bien des outils dramaturgiques. Un récit dense qui s'explique sans doute par les origines mêmes du film, adapté du roman à épisodes de Carlo Collodi, accumulant rencontres improbables et aventures rocambolesques. Il ne reste forcément dans la mouture Disney que les évènements les plus significatifs - la découverte du théâtre avec l'effrayant Stromboli, l'île enchantée et le ventre de Monstro - mais ces aérations permettent du coup aux premiers sidekicks Disney de prendre vie sous les traits du moderne mais moralisateur Jiminy Cricket et surtout du duo de fripouilles Grand Coquin et Gédéon. La méthode Walt à l'état pur, qui adepte pour mieux recréer les œuvres à son image. On imagine bien que la terrible méchanceté du roman ne devait pas être à son goût (le cricket qui se fait écraser au bout d'une page, les sévices supportés par le pantin...), ni le sale caractère du jeune héros présenté comme un enfant trop gâté et cruel. Dans la version Disney, le conte initiatique est forcément édulcoré et notre cher futur « vrai petit garçon » se montre plus naïf que vraiment méchant. Un peu d'innocence qui tranche avec une ironie récurrente et quelques séquences sublimes mais effrayantes, que les enfants n'oublieront jamais vraiment. N'était-ce pas là justement le but du film ?
Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Depuis l'arrivée des supports disques, Disney a toujours fait l'effort de soigner les restaurations de son catalogue à tel point que certains de ses films le plus anciens semblent maintenant avoir été tournés l'année dernière. Après une première édition DVD certifiée THX déjà convaincante (en exclusivité française), Pinocchio perd définitivement ses dernières rides en Blu-Ray. Nettoyé de fond en comble, le master est tout simplement parfait avec des couleurs marquées, parfaitement définies et des contrastes imposants. Une maîtrise totale du format qui vous fait redécouvrir la puissance d'une télé HD, et qui surprendra même les plus assidus de Pinocchio en faisant apparaître pour la première fois un relief et des variations de teintes invisibles jusqu'alors. Somptueux ! A noter que le film ayant été tourné au format 1.33, il fait donc apparaître des bandes noires sur les côtés de l'écran 16/9. Disney a du coup eu la bonne idée de proposer une option, Disney View, permettant de les remplacer par des peintures originales. Joli.


Son :
Eliminer les bonnes vieilles monos de notre jeunesse par des mixages DTS-HD Master Audio 7.1 modernes peut parfois faire des ravages sur les films de plus de vingt ans. Pourtant le présent Blu-Ray n'en fait jamais des tonnes avec la partition musicale et quelques légers effets disséminés sur les enceintes arrières, le reste retrouvant l'immédiateté d'origine. Bien entendu tout cela sonne parfaitement clair (jolie restauration) avec une agréable homogénéité et une limpidité exemplaire aussi bien en anglais que français.

Interactivité :
On ne pourra pas dire que Disney ne tente pas coûte que coûte d'encourager la consommation du nouveau support HD. Déjà dans le peloton de tête qualitatif, la firme propose le Blu-Ray de Pinocchio avec en bonus une copie du film en DVD, histoire de commencer sa collection avant d'avoir son lecteur ! Une opération qui n'entraîne aucune augmentation de prix. Pas mal. Une nouvelle sympathique, qui se conforte dans la présence de nombreux bonus totalement inédits nécessitant d'ailleurs l'ajout d'un disque supplémentaire. A commencer par un commentaire audio regroupant trois spécialiste Disney qui se complètent naturellement dans les échanges d'information sur la fabrication, l'époque, les avancées technologiques... vraiment très intéressant, mais dommage que ce supplément ne soit disponible qu'en anglais (sans sous-titres) ou dans un mauvais doublage français. Il est d'ailleurs largement conseillé de le visionner en lançant l'option Cinexplore, qui permet certes de voir les trois compères derrière leur micro en même temps que le film, mais surtout de profiter de croquis, d'extraits d'autres classiques et de documents d'époque pour étayer la discussion. Du coup, malgré sa longueur le documentaire « Sans ficelles » se révèle vite répétitif, d'autant que la plupart des intervenants ont tendance à tomber dans la vénération aveugle. Un niveau d'auto-promo franchement écœurant qui fatiguera même les plus endurcis. Heureusement la pilule passe tout de même un peu mieux avec quelques archives savoureuses comme des scènes coupées reconstituées sur la base des story-boards, une chanson jamais utilisée, les prises lives qui servaient de base aux animateurs et bien entendu les énormes galeries d'images avec tous les croquis et recherches graphiques. Une mine de documents au milieu de laquelle on ne comprend pas bien ce que vient faire la featurette « Gepetto d'hier et d'aujourd'hui », consacrée aux gentils artisans du jouet à l'ancienne. Mouais. On ne parlera pas forcément du clip de la version remixée de Wish upon a star chanté par la poupée Meagan Martin venue de Disney Channel... Ca serait tirer sur un corbillard.

 

Liste des bonus : Commentaire audio de L. Maltin, E. Goldberg et JB Kaufman en "Cinexplore", Disney view, Clip vidéo de Meagan Martin, Karaoké des chansons, Info & Anecdotes, Making of : Sans ficelles (56'), La Sweatbox (7'), Les prises réelles de références (5'), Chanson supprimée, 4 scènes coupées (10'), Gepettos d'hier et d'aujourd'hui (11'), 7 galeries d'images, 3 jeux, Bandes annonces. 

 
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