POSSéDéE
The Possession - Etats-Unis / Canada - 2012
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Image de « Possédée  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Ole Bornedal
Musique : Anton Sanko
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 26 avril 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Possédée  »
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LE PITCH
Clyde et Stephanie Brenek ne voient pas de raison de s’inquiéter lorsque leur fille cadette Em devient étrangement obsédée par un petit coffre en bois acheté lors d’un vide grenier. Mais rapidement, son comportement devient de plus en plus agressif et le couple suspecte la présence d’une force malveillante autour d’eux. Ils découvrent alors que la boîte fut créée afin de contenir un Dibbuk, un esprit qui habite et dévore finalement son hôte humain…
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Vade Retro

Pas lassés encore des sous-Exorciste qui tentent de faire sourciller l'ado paumé à coup de voix bizarres et de gamines aux yeux qui roulent ? Après Le Dernier Exorcisme, Le Dernier Rite, Le Rite et Devil Inside, voici Possédée. Et c'est tout pareil.


Partant sans doute de l'étrange principe qu'aujourd'hui un bon producteur peut faire un film à partir de n'importe quoi, les petits gars de Ghost House (la société de Sam Raimi) ont tout de même poussé le bouchon un peu loin en s'inspirant d'un fait divers aussi crétin que symptomatique de notre époque : un adepte d'Ebay y met en vente une caisse de vin soit disant hantée et réussit à la refourguer à un curieux qui ne savait pas quoi faire de son argent... Ou peut-être que si puisqu'il va par la suite tenter de faire croire à ses voisins et à une journaliste peu regardante qu'il est poursuivi par un esprit maléfique et vengeur... Whooooooo. Voilà un bon départ pour imaginer un long métrage pratiquant l'humour noir et une critique acerbe de la crédulité crasse. Malheureusement la proximité avec cette article de presse ne va finalement qu'engraisser son auteur (chanceuse Leslie Gornstein), puisque pour le reste Juliet Snowden et Stiles White (à l'origine de Prédictions, mais aussi de l'horrible Boogeyman) se contentent de refourguer aux spectateurs le grand classique de la cellule familiale menacée par la perversion perturbante de la petite dernière.

 

pour en finir avec les démons

 

Quelques effets numériques moches, des papillons qui volètent de manière trop agressive, beaucoup de bruitage et enfin  la pauvre Em qui se met à bondir dans les pièces dans une mauvaise imitation de Linda Blair et à faire tomber une à une les dents d'un dentiste trop bourge (seul moment de bonheur). Tout est vu, revu, et déjà fait, des tensions à guérir entre le couple fraichement divorcé à la difficulté pour papou (pauvre Jeffrey Dean Morgan qui enquille les navets) de communiquer avec la grande sœur en pleine crise d'adolescence. Autrefois réalisateur d'un percutant Le Veilleur de nuit (l'original danois) et son ambiance savoureusement distillée, Ole Bornedal cachetonne ici sévèrement avec sa mise en scène sans présence ni caractère. Le film n'est jamais foncièrement mauvais, mais tout simplement horriblement inexistant, placide, passant même totalement à coté de son seul particularisme culturel : plutôt que des habituels prêtres catholiques en robe, Possédée visite quelques ingrédients des croyances hébraïques. Las. En dehors de la présence de la fameuse boite Dibbuk (« ne pas ouvrir ») et d'une très courte séquence dans un quartier communautaire avec une évocation succincte de l'enferment des fondamentalistes, le film est ici dans l'illustration, jamais dans le discours, et entre des psalmodies en hébreu et en latin, la différence n'est pas si grande. En tout cas, ce qui est sure, c'est que depuis les années 70, William Friedkin doit bien se marrer : pas un seul de ces dérivés ne lui est arrivé à la cheville.   

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Sans grands reliefs, la photographie ballade les teintes habituelles du genre avec un gris homogène, parsemé de marrons inquiétants (si, ça peut être inquiétant le marron) et de noirs bien tenus. La copie HD respecte au pied de la lettre le travail visuel passe-partout, apportant tout de même de jolis contrastes, ainsi qu'une précision constante et profonde en particulier dans les gros plans. Le travail est parfaitement fait, mais difficile de s'extasier.

 


Son :
Un film d'horreur repose énormément sur sa bande son. Ici les compositions se veulent surtout discrètes et mélancoliques (joli piano) tandis que les effets profitent d'un limpide DTS HD Master Audio 5.1 pour révéler quelques effets d'ambiances plutôt réussis (les voix venues de nulle-part, quelques mouvements qui glissent derrière l'auditoire) mais sans jamais vraiment faire tiquer. Une fois encore, techniquement c'est nickel, artistiquement c'est terriblement quelconque.

 


Interactivité :
Pas de making of, ni d'interview promo comme de coutume, mais deux commentaires audio viennent compléter le visionnage. Celui d'Ole Bornedaal lasse un peu, trop perdu dans les silences et les descriptions faciles de l''images. Plus pertinent et habité, celui qui réunit Juliet Snowden et Stiles White (les scénaristes) se montre plus généreux évoquant le travail d'écriture, la collaboration avec le réalisateur. Agréable et parfois instructif. Par contre, il y a encore une fois de quoi être dubitatif devant la featurette censée nous parler de la « vraie » boite et du fait divers qui l'accompagne. A réserver aux grands naïfs.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, Commentaire audio des scénaristes, « La véritable histoire de la boite Dibbuk » (13'), Bandes-annonces.

 

 
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