DRACULA (1958) IMPORT UK
Le Cauchemar de Dracula / Horror of Dracula - Royaume-Uni - 1958
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Genre : Horreur
Réalisateur : Terence Fisher
Musique : James Bernard
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio Mono
Sous-titre : Anglais pour sourd et malentendants
Durée : 82 minutes
Distributeur : Lions Gate Home Entertainment
Date de sortie : 18 mars 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Jonathan Harker se rend dans les Carpates chez le comte Dracula qui l'a engagé comme bibliothécaire. Mordu par une femme-vampire, il devient vampire à son tour...
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The terrifying lover

1958. Même si la Hammer vient d'effectuer un virage élégant avec le gothique et théâtral Frankenstein s'est échappé (The Curse of Frankenstein) rien ne préparait vraiment le monde au raz-de-marrée qu'allait être cette nouvelle adaptation du roman de Bram Stoker. Première version d'ailleurs enfin concoctée par d'authentiques anglais.

 

Une adaptation extrêmement libre, surtout conditionnée par les moyens limités du studio, qui oblige le scénariste Jimmy Sangster à compresser à l'extrême la dramaturgie, les lieux et les personnages, à recentrer solidement les thèmes et trames du texte original. Un travail qui, mine de rien, en plus de faciliter considérablement la création des superbes décors victoriens, donne immédiatement au mythe du vampire une approche plus terre à terre qu'à l'accoutumé. Finit le monstre qui se transforme en loup ou en chauve-souris, rampe le long des murs et dévaste l'équipe d'un navire en pleine mer. Incarné par le jeune Christopher Lee, le vieil aristocrate maniéré devient ici un pur mâle alpha, quasiment silencieux (un choix accentué dans sa suite Dracula Prince des ténèbres), mais possédant par sa taille (1.96 mètres), sa stature inquiétante et virile, un charisme impressionnant, habitant l'image tout juste habillé d'un costume et d'une cape noire. Menaçant, mais surtout bestial, alternant un calme de prédateur et une sauvagerie sans pareille, appuyée par un maquillage extravagant avec yeux injectés de sang, dents proéminentes et babines sanguinolentes.

 

Premières morsures

 

L'image de ce Dracula, rapide et dynamique, bondissant à travers le salon pour punir son esclave lascive et effrontée, marque encore les esprits, à la fois pour cette imprécations de l'animal, que pour sa charge sensuelle terriblement marquée. Chef d'œuvre formel du cinéma d'horreur gothique profitant autant de la mise en scène riche et fastueuse de l'immense Terence Fisher, que de la photographie saturée et des décors baroques et bourgeois, il impose définitivement la marque de fabrique de ce que va devenir la Hammer pendant les deux décennies suivantes. Surtout, au milieu de ce faux luxe victorien, de ce récit apprêté du bien contre le mal, se cache la confrontation entre la bonne société et une force sexuelle absolument dévastatrice. L'impeccable Peter Cushing (inoubliable Van Helsing) et surtout l'effacé Michael Cough (ici marié à Mina et beau-frère de Lucy)  n'y peuvent pas grand-chose : devant leur passivité les femmes semblent toutes laisser déborder leurs pulsions passionnelles, se jetant presque volontairement dans les bras du mort-vivants, personnification délicieusement cinématographique d'un adultère irrésistible. Jamais avant ce film, les vampires n'avaient été la métaphore d'une sensualité refoulée, et le film de Fisher marque le pas avec une certaine retenue, mais sans pudibonderie non plus, laissant affleurer furieusement les désirs par le biais de regards affolants, de décolletés aguicheurs et des musiques souvent concupiscentes du talentueux James Bernard. Toute la méthode, la personnalité, le style et la modernité de la maison Hammer qui explose littéralement à l'écran, transformant à jamais la vision du cinéma anglais et de l'horreur. Magistral et osé.   

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Entamée depuis quelques mois, la renaissance du catalogue de la Hammer se devait de s'intéresser au mythique premier Dracula. Surtout qu'il était entouré depuis longtemps d'une rumeur parlant d'un montage japonais comprenant certaines séquences avant passage devant la censure... Exhumé récémment par un passionné des plus chanceux. Entre temps la BFI avait opéré une superbe restauration HD du master original, au format initial 1.66, redonnant fraicheur, tenue et précision à une photographie remarquable. Ce superbe master est ici présent, mais intelligemment complété par celui d'une version reconstituée où réapparaissent des plans modifiés ou raccourcis : Mina Harker qui lèche quasiment le visage de Dracula, ce dernier qui se l'arrache en partie lors de sa désintégration... Les variations sont parfois très discrètes et surtout très courtes, mais le montage n'en est pas moins plus scabreux et surtout plus sexy. Ce montage « intégral » fait forcément contraster la quasi-perfection du master BFI et les plans sauvés numériquement et ré-étalonnés provenant de la vieille copie nippone (extrêmement abimée à la base), mais cela reste le montage le plus savoureux. En tout cas offrir ainsi les deux montages est clairement le plus beau cadeau de cette édition.

 

 


Son :
Pas de dynamique nouvelle ou de remaniement de la piste sonore pour correspondre aux récents 5.1, le Dracula reste dans un frontal et imposant mono. Encodé en DTS Master Audio, il y gagne une clarté inédite permettant de faire sonner avec plus d'efficacité encore la voix caverneuse de Christopher Lee. Exactement ce qu'il fallait.
Pas de doublage ou de sous-titres français cependant, cela reste une édition anglaise pure souche.

 

 


Interactivité :
En plus de l'opportunité de découvrir deux montages du film, cette édition tant attendue propose comme les autres Blu-ray officiels de la Hammer, deux disques DVD comportants d'un coté le film et de l'autre les même bonus que le Blu-ray. Exhaustivité en sommes comme l'atteste la pléthore de suppléments qui rivalisent d'intérêt et de pertinence. Entre le commentaire passionnant et documenté qui retrace toute la gestation du film et fourmille d'anecdotes, un agréable documentaire rétrospectif (mais où est Christopher Lee ?), un autre sur l'aspect érotisant du métrage et un doublet sur la censure et la restauration du classique, quasiment tout est abordé ici, entre respect du monument et analyse des choix économiques, thématiques, esthétiques et scénaristiques. Passionnant de bout en bout. A cela s'ajoute une version brute des séquences retrouvées du fameux montage japonais, une galerie de photos extrêmement riche (avec pas mal d'inédits) et l'habituel The World of Hammer émission maison, présentée par l'illustre Oliver Reed, faisant la pub aux productions du studio par genre : ici c'est logiquement Dracula et ses copains vampires qui font les malins.

 

Liste des bonus : DVD du film, DVD des Bonus, Montage cinema, montage « integral », commentaire audio de Marcus Hearn & Jonathan Rigby, Dracula Reborn, Resurrecting Dracula, Censoring Dracula, The Demon Lover, « Japanese reels », The World of Hammer : Dracula and the Undead, Janina Faye Reads Stoker, Galleries d'images, Booklet (PDF), Scénario original (PDF). 

 
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