UN TRAIN POUR DURANGO
Un treno per Durango - Italie - 1968
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Genre : Western
Réalisateur : Mario Caiano
Musique : Carlo Rustichelli
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et Français Mono
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 7 mai 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Train pour Durango  »
portoflio
LE PITCH
Au Mexique, Gringo et Lucas voyagent en train jusqu’à Durango, pour se rendre ensuite aux Etats-Unis, et tenter d’y faire fortune. Alors que Gringo séduit la belle Hélène, le train est attaqué par des bandits à la solde du révolutionnaire Lobo. Les bandits font un carnage et emportent un coffre-fort. Etant en possession de la clé du coffre, les deux amis enlèvent Hélène et se lancent à la poursuite des bandits… et du magot.
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Zappata Stories

La seconde salve des westerns européens de chez Artus est tirée et parmi eux on a le droit à un très intéressant western à consonance comique signé Mario Caiano, déjà auteur de sympathiques westerns tels qu'Un cercueil pour le shérif, ou La vengeance de Ringo.

Au cinéma, tout est toujours affaire de contexte. Sur le papier, Un Train pour Durango, ce western transalpin réalisé par Mario Caiano et distribué en 1966, n'a aujourd'hui rien d'extraordinaire. Tout y est très bien ficelé, la réalisation est propre, révélant le bon artisan et amoureux du genre qui se cache derrière la caméra, le tout appuyé par une très belle photographie et un casting impeccable (quasi-intégralement composé de second couteau du western italien et américain), parfaitement à l'aise dans leurs godasses trouées de héros et bandits à la manque. Pour autant, le film est passé relativement inaperçu et on peut comprendre pourquoi, son intrigue, mettant en scène le périple d'un gringo et d'un escroc mexicain à la recherche d'un trésor et mellés contre leur grés à tout un tas d'embrouilles, dont la révolution mexicaine, sentant un peu le réchauffé d'un autre western, culte lui et sorti quelques années auparavant, Le Bon, la brute et le truand de Sergio Leone. Et ce n'est pas les sonorités à peine remaniées du cultissime thème d'Il était une fois la révolution, que l'on entend dans le score de Carlo Rustichelli, qui vont contredire l'étrange parenté qu'entretient le western de Mario Caiano avec l'œuvre grandiose de Sergio Leone. Toutefois, l'ambition ainsi que les mécaniques esthétiques et scénaristiques d'Un Train pour Durango sont toutes autres et lorsque l'on fait attention à la date de production du film, 1966, on se rend compte que le cinéaste est moins un arriviste qu'un précurseur, celui d'un genre de western devenu aujourd'hui célèbre, le «Zappata ».

 

Duo de choc


Sorti à l'époque en France dans une version plus courte, reconstituée aujourd'hui pour notre plus grand plaisir par Artus, les aventures de nos deux escrocs sont ouvertement comiques. Dès les premières images, révélant les deux losers suivant une voie ferrée, l'un deux une balle dans les fesses, le spectateur comprend que tout ici ne sera affaire que de gaudrioles et de situations aussi cocasses. A la poursuite d'un trésor, enfermés dans un coffre indestructible, volés et transportés par un gang de chicanos suants à travers les montagnes mexicaines, nos deux cow-boys à la manque se retrouvent ainsi pris dans une série de situations grotesques, tantôt amusantes (la recherche à travers le village des rebelles), tantôt surréalistes (la séquence de l'interrogatoire, ou celle du jeu de la mort) et qui n'échappent malheureusement pas à quelques débordements légèrement agaçants (les séquences avec l'espèce de James Bond du Far West). Mais quel que soit leurs effets, elles préfigurent toutes cette série de westerns comiques qui feront fureur quelques années plus tard et dont les films de Bud Spencer et Terrence Hill sont les plus représentatifs. Avec leur humour gras et fortement burlesque, le duo, souvent dirigé par Enzo Barboni, le directeur de la photographie d'Un Train pour Durango (coïncidence ?), populariseront en effet pour le meilleur comme pour le pire (Maintenant on l'appelle Plata, etc.) ces westerns Zappata, limite parodique, jusqu'au génial Mon nom est personne, porté par un Terrence Hill au sommet. Pour autant, le film de Mario Caiano ne s'arrête pas là, puisque la dimension comique de son film alterne remarquablement avec d'énormes séquences de fusillades, aussi efficaces que radicales dans leur violence et qui rajoutent un peu plus à la dimension ouvertement grand-guignolesque du film. Séquences que le cinéaste met d'ailleurs en scène avec brio et rythme de magnifique plans larges ouvrant sur l'espace désertique de ce Mexique reconstitué au son de la musique farfelue de Carlo Rustichelli et ses recompositions de grandes symphonies classiques.

Quentin Boutel








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Image :
Ici Artus nous comble avec une très belle copie scopée. Le master est de très bonne facture et affiche une très belle et très dynamique colorimétrie. On est bel et bien en présence d'une des définitions les plus précises possible en DVD, proche de la perfection.

 


Son :
Sur cette galette deux pistes sont proposées. La piste française apparait tout d'abord de très bonne facture et propose des doublages surannés qui collent parfaitement avec l'orientation grotesque du film. Toutefois, la piste se révèle nettement plus étouffée et beaucoup moins dynamique. En outre, comme pour les autres titres de la collection, en raison d'un montage plus long que celui proposé lors de l'exploitation en salle à l'époque, la version française est incomplète et bascule automatiquement lors des scènes coupées en version originale sous-titrée. On préférera donc nettement la version originale qui apparait sans réel défaut et qui, passé le décalage de voir des américains et des mexicains parler en italien, se révèle bien plus naturelle et subtile.

 


Interactivités :
En ce qui concerne les bonus on retrouve sur ce DVD les traditionnels « Diaporama » et « Bande-annonce ». Mais la véritable interactivité est l'entretient d'une trentaine de minute avec le dessinateur de BD Curd Ridel qui dresse d'enthousiastes portraits du réalisateur et des deux acteurs principaux. Il insiste également, et à juste titre, sur l'importance de la dimension comique du film et sur l'avance qu'il avait par rapport à d'autres films de la même époque. Dommage que l'entretien devienne rapidement éprouvant, le monsieur ayant une connaissance quasi-encyclopédique du genre et de la période, si bien qu'il noie son propos sous une avalanche de titres et d'anecdotes pas toujours très pertinentes.

Liste des bonus : Gringo à Durango, par Curd Ridel, Diaporama d'affiches et photos, Bandes-annonces

 
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