CARRIE
Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Carrie »
Genre : Drame, Horreur
Réalisateur : Brian de Palma
Musique : Pino Donaggio
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, DTS 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 98 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 4 décembre 2013
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Carrie »
portoflio
LE PITCH
Carrie est une adolescente torturée, mal dans sa peau et totalement ignorante de l’étendue de son pouvoir télékinésique. Mais lorsque les brimades de sa mère, véritable bigote psychotique, et de ses camarades de classe sadiques dépassent les bornes, Carrie va laisser éclater la plus terrible des vengeances. Grâce à ses pouvoirs, cette adolescente autrefois timide va déchaîner les enfers autour d’elle dans un tourbillon de feu et de sang…
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Le Bal des diables

« Vous allez connaitre son nom » exposent fièrement les affiches du nouveau film de Kimberly Peirce qui en l'occurrence n'a même pas l'honneur d'être une relecture inédite puisque le film de Brian De Palm dut déjà souffrir l'existence lamentable d'une suite et d'un remake pour la télévision. C'est que malgré ce que veulent nous faire croire les nouveaux producteurs, Carrie, on la connait depuis longtemps, et celle-là, on n'est pas prêt de l'oublier.

Lorsque l'on voit aujourd'hui associé sur un même film les noms de Brian De Palma et de Stephen King, on se dit que le succès incroyable (et mérité du film) était largement prévisible. Pourtant en ce milieu des années 70, l'un n'est pourtant l'instant qu'un jeune cinéaste méritant et connu du milieu, tandis que l'autre n'a pas franchement vu les ventes de son premier roman (Carrie donc) s'envoler. Un film comme une rencontre, ou en tout cas comme un éclairage brillant, et très personnel, d'un réalisateur sur une œuvre forte, mais qui va se voir peaufinée, polie, élaguée, par un film que De Palma va préparer de longs mois durant en attendant le début d'un tournage à l'économie. De cette nécessité de concevoir chaque plan, chaque enchainement, chaque composition, l'œuvre va devenir l'une des plus conceptualisées de son créateur déroulant avec une précision incroyable la trajectoire dramatique, reliant les ruptures de tons (horreur, drame, comédie) sans aucun à-coup, voir avec une maestria unique répondant autant aux codes du fantastique gothique (éclairage, effets spéciaux à l'ancienne, oppression et symbolique religieuses), à la chronique adolescente (bal de promo pétillant, amourettes futiles, mal-être) et une certaine vision du cinéma vérité, délivrant sous les paillettes une horreur aussi intime que sociétale.

 

Dressed to be killed


Que les brimades viennent des pimbêches, futures Desperates Housewifes ou d'une mère enfermée dans sa fièvre religieuse, la jolie Carrie est meurtrie, mais la puissance qu'elle exultera dans un final apocalyptique ne sera jamais aussi terrifiante que ce qu'elle a subi. Le scénario de Lawrence D. Cohen (il renouera avec le King pour le très bon téléfilm Ca) est aussi lumineux que vaporeux, et offre clairement autant un canevas admirable au dispositif scénique de De Palma, qu'une scène prodigieuse à un casting inoubliable. Entre le couple débutant, mais aussi drôle que détestable John Travolta / Nancy Allen (que l'on retrouvera dans le sublime Blow Out), à la douce Amy Irving (future héroïne de Furie), chaque participation étoffe encore les performances brulantes de Sissy Spacek (découverte dans La Balade sauvage de Terrence Malick) et de l'effroyable Piper Laurie (L'Arnaqueur, Twin Peaks). Parfaite de justesse, mais avec cette juste note de folie dévastatrice, cette dernière conditionne la démesure exutoire du film, transformant les faces à faces en combats théâtraux à la lisière du grandiloquent. Une manière sans aucun doute de répondre à la réalisation déployée par le maître d'œuvre, combinant toutes ses obsessions picturales avec une richesse opératique sidérante : ralentis mythique et sensuel du générique qui débouche sur une dépravation du corps originel, quasi-plans séquences qui bousculent le rythme et les points de vue, split screen glorifiant la destruction, jump cut symbolisant le jaillissement des pouvoirs de la gamine.... Carrie ressemble à s'y méprendre à un croisement miraculeux entre Psychose (en y regardant bien, c'est quasiment un remake) et l'opera-rock Phantom of the Paradise. Magistral et inégalable.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Ce n'est pas la sortie du remake qui a motivé à la MGM de produire une copie HD de Carrie, cette édition étant disponible depuis quelques temps déjà aux USA. Et son master y fait débat depuis un bon moment, puisque loin des restaurations imposantes des œuvres primordiales de Brian de Palma chez Carlotta (pour la France) et Arrow Video (pour l'Angleterre) celui qui reste l'un des ses plus gros succès commerciaux, semble une fois encore éperonné par des soucis déjà visible sur le DVD. Cette mouture HD a tout de même été considérablement nettoyée (plus de taches ou autres scories), voit ses teintes rehaussées (très belle couleur chair, impériosité du rouge), mais souffre inévitablement des problèmes de sa source : grain hasardeux, manque de profondeur, palette instable, noirs qui tirent vers le gris... Le film n'a certes jamais été aussi beau, mais on sent qu'avec un investissement supérieur, une implication du réalisateur et de Mario Tosi son directeur photo, le film pourrait s'imposer plus majestueusement.

 


Son :
Pas sûre que le cinéaste ait été contacté concernant le remix de la bande sonore en DTS HD Master Audio 5.1 remplaçant la piste originale stéréo, absente ici. Le résultat n'est pas toujours parfait, faisant trop ressortir certaines petites imperfections sonores, mais heureusement la dynamique nouvelle imposée est très efficace avec des jeux d'ambiances impeccables (la partie de volley, le bal de promo), où les dialogues restent centraux et parfaitement audibles, tandis que la musique de Pino Donaggio s'offre une amplitude inédite. La version française de son coté est proposé dans un DTS 5.1 pas forcément mémorable mais qui permet de rappeler qu'à une certaine époque, les doublages étaient de qualité.

 


Interactivité :
Une fois n'est pas coutume, le petit français est bien mieux loti que son amis américain, interdit lui de tout bonus concernant Carrie. Rien de bien nouveau cependant, les deux segments présentés ici sont ceux qui ornaient déjà le DVD collector, mais ils restent encore particulièrement réussis, s'attardant pour l'un sur le travail des acteurs et la construction des personnages, sur le travail d'adaptation et la mise en scène de De Palma pour l'autre. Ils portent clairement la marque de Laurent Bouzereaux (c'était là son premier travail notable à l'occasion de l'antique Laserdisc), chaque interview, chaque anecdote, rebondissant inévitablement sur des considérations artistiques, humaines et créatrices. De Palma y est particulièrement présent, et même loquace, et cela fait rapidement oublier les deux absents de l'opération que sont John Travolta et Stephen King. Certains pourraient regretter qu'aucun matériau inédit n'ait été produit pour l'occasion, mais vraiment, tout est contenu dans ces 80 minutes.

Liste des bonus : Interpréter Carrie (41'), Du livre au film (42'), Carrie, le musical (6'), Featurette, Bande-annonce.

 
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