DARK STAR
Etats-Unis - 1974
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Dark Star »
Réalisateur : John Carpenter
Musique : John Carpenter
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS HD Master Audio 1.0 anglais et français.
Sous-titre : Français
Durée : 83 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 22 janvier 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Dark Star »
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LE PITCH
Au XXIIème siècle, le Dark Star sillonne l’espace pour détruire des planètes à l’orbite instable qui menacent la colonisation humaine de l’univers. Reclus dans leur vaisseau depuis 20 ans, l’équipage du Dark Star est tombé dans un ennui intersidéral. Un jour cependant, suite à une avarie électronique, une bombe enclenchée ne peut être larguée et menace d’éclater dans le vaisseau…
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Les zinzins de l'espace

Invisible chez nous depuis bien trop longtemps, le premier long-métrage de John Carpenter est désormais disponible dans une superbe édition restaurée, par la grâce de l'éditeur le plus cinéphile de l'Hexagone. De quoi se replonger avec tendresse dans les premiers pas d'un futur géant...

Si le premier vrai long-métrage professionnel de John Carpenter reste le magnifique Assaut, sorti en 1976, il n'est inconnu à personne que ses débuts remontent en fait au délirant Dark Star qui nous intéresse ici. Un coup d'essai en forme de parodie absurde qui, il faut bien l'admettre, entretient peu de liens avec la filmographie à venir du Maître du fantastique. Co-scénariste, monteur et compositeur sur le court-métrage The Resurrection of Bronco Billy (Oscar en 1970, tout de même), le jeune Carpenter, encore étudiant à l'Université de Caroline du Sud (USC), s'associe à quelques autres compagnons de promo pour mettre en œuvre un moyen-métrage de 37 minutes, parodiant sur le mode de la science-fiction brinquebalante les thématiques de deux excellents films de Stanley Kubrick, Docteur Folamour et 2001, l'Odyssée de l'espace. Au premier, le film emprunte un humour à froid particulièrement réjouissant, que Carpenter et Dan O'Bannon (ici co-scénariste et acteur, et futur auteur d'Alien et de Total Recall) utilisent pour décrire le quotidien minable de ces fonctionnaires de l'espace, de même qu'une ultime scène en forme d'hommage direct. Au second, le film emprunte certaines idées (le dialogue avec la bombe, l'esthétique des « sauts » spatio-temporels), mais toujours dans cette optique de ne surtout pas se prendre au sérieux.

 

Plus long, plus bon ?


Comme Big John lui-même l'a expliqué plusieurs fois, le moyen-métrage fut racheté par le nabab-bis Jack H. Harris, qui octroya à Carpenter et O'Bannon de quoi transformer leur film en long-métrage exploitable en salle. Une rallonge bénéfique, qui permit de filmer la séquence centrale du film, voyant le pauvre Pinback (O'Bannon lui-même) coincé dans un ascenseur après avoir été attaqué par un monstre en forme de ballon de plage gonflable. De tout le film, c'est peut-être la séquence qui porte le plus la marque de son réalisateur, dont le travail sur le cadrage et le montage semble prendre ici une première importance. Mais bon, aussi réussie soi-telle, la scène ne fait jamais oublier que nous sommes face à un délire foufou montrant des astronautes ultra-chevelus tailler le bout de gras entre deux dégommages de planètes mortes. Et c'est bien finalement ce que l'on retiendra de ce Dark Star azimuté (les dernières vingt minutes sont franchement hilarantes), qui aura tout de même permis à Carpenter de rencontrer certains de ses futurs collaborateurs (Nick Castle, Tommy Lee Wallace) et à O'Bannon de mettre sur papiers quelques idées qu'il réemploiera plus tard sur de plus ambitieux projets.

Frédéric Wullschleger








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Image :
Que ce soit sur la version cinéma ou le Director's Cut, le travail de restauration effectué par Carlotta se révèle bluffant de bout en bout. Nettoyée de toutes scories, la copie bénéficie d'une compression quasi-parfaite, ce qui relève d'un sacré exploit compte tenu de l'âge et de l'origine du film. Une opération opérée grâce a un outil souvent décrié, le réducteur de bruit, mais qui ici s'explique assez facilement par un master 35 mm gonflé d'un 16 mm original (le making of l'explique très bien) occasionnant dans sa version naturelle un grain massif et neigeux qui entamerait définitivement le confort de visionnage. Ici la technique permet de redonner une bonne tenue au film, avec une matière de pellicule présente mais pas envahissante, quitte à ce que certaines matières perdent un peu de leur piqué.

 


Son :
Au mono d'époque en français, on préfèrera le remixage DTS HD Master Audio 5.1 de la VO, qui donne avec une ferme netteté toute leur saveur aux effets de bruitage totalement « space » du film. On peut toutefois noter un léger souffle sur certains dialogues, et une musique (de Carpenter) parfois envahissante. Mais on mettra ça sur le compte de l'ancienneté du film.

 


Interactivité :
Si l'on excepte un Director's cut plus court, qui n'a que pour intérêt de resserrer un peu le timing des gags et de raccourcir certains dialogues, le seul bonus de cette édition exemplaire justifie à lui-seul son achat. Documentaire produit il y a quatre ans, Let There be Light revient avec exhaustivité sur la conception et le tournage de ce projet hors-norme. En donnant la parole à Jack Harris, au chef opérateur Douglas Knapp ou à l'acteur Brian Narelle (le lieutenant Doolittle), le documentaire laisse à voir l'incroyable ingéniosité d'une équipe d'inconscients adeptes du système D ultime. Malgré l'absence préjudiciable de Big John lui-même (en dehors de quelques bouts de parole d'époque présentés non sans humour), c'est un excellent film qui nous ait ici offert, comme reflet d'une époque lointaine où les cinéastes pouvaient presque tout se permettre. Presque plus réjouissant que Dark Star lui-même, c'est pour dire !

Liste des bonus : Version Director's Cut (71'), "Let There Be Light : l'Odyssée de Dark Star" (2010 - 112'), Bande annonce

 
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