EVEN COWGIRLS GET THE BLUES
Etats-Unis - 1993
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Genre : Road Movie
Réalisateur : Gus Van Sant
Musique : K.D. Lang , Ben Mink
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 9 avril 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Sissy a une particularité : ses pouces sont énormes. Elle se lance donc dans une vie en mouvement, car elle est la reine des auto-stoppeuses. Egérie de la mode, elle travaille de temps à autre pour la Comtesse, étrange personnage, qui l’envoie dans une ferme, ou Sissy fera la rencontre d’étranges cow-girls. Sur le chemin, et en dehors, elle croisera de nombreuses autres personnes qu’elle marquera de son empreinte.
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Les filles de ferme ont le blues...

Quand un réalisateur tel que Gus Van Sant s'attaque à un monument de la littérature américaine transgressive, cela donne Even Cowgirls Get the Blues.

 

Mais s'agit-il pour autant d'un mélange pertinent, ou d'un plat plaisant à déguster ? De l'extérieur, le projet a effectivement tout pour plaire : outre la qualité du roman d'origine et l'identité du réalisateur, dont le My Own Private Idaho renvoie un écho intéressant au projet qui nous concerne, il suffit de se pencher sur le casting du film pour aiguiser les curiosités les plus perplexes. Aux côtés de Uma Thurman qui incarne cette étrange jeune femme aux pouces disproportionnés, d'Udo Kier à Keanu Reeves en passant par John Hurt dans un rôle de comtesse travesti, l'ensemble est à lui seule belle gageure. A défaut de la qualité du film en lui-même, elle l'est de sa distribution. Et pourtant ! Les acteurs, souvent confrontés à des scènes absurdes, pour ne pas dire ridicules dans le traitement choisi, peinent à ne pas sombrer dans une violente hystérie. A l'exception de Uma Thurman, dont le monolithique personnage traverse tout ceci comme un rêveur éveillé, le cast peine à susciter l'empathie nécessaire pour s'attacher à ce road-movie tranquille. La faute à d'évidents soucis de dichotomie. Le film est ainsi partagé entre une approche voulue folle et décalée et une narration particulièrement lente et poussive, affublée d'une voix-off (pourtant celle de Tom Robbins lui-même !) découpant à l'extrême la narration. Cela reste une probable tentative de renvoyer à l'équivalent dans le roman, passages dans lesquels Tom Robbins s'adressait directement au lecteur, pour un résultat qui était, paradoxalement, réellement cinématographique !

 

... mais le public aussi

 

Si le procédé global du film évoque Wes Anderson (enfin, si Wes Anderson évoque le procédé global du film, chronologiquement parlant), Even Cowgirls Get the Blues ne parvient pas à dégager la même étrange magie que les réalisations d'Anderson. La faute à ce réel problème de structure, le film semblant se perdre dans des scènes mineures et passer en accéléré l'apparition pourtant capitale de tel ou tel personnage. Celui de Keanu Reeves est ainsi sacrifié sur l'autel d'on-ne-sait-quoi, alors même que son personnage possède un rôle central dans l'évolution psychologique de Sissy. Le sentiment est simple : l'impression que Gus Van Sant a été dépassé par le matériau (il signe lui-même l'adaptation) est de plus en plus prégnante à chaque instant. De même que son incapacité à faire les coupes qui s'imposaient. Quelques évidentes fulgurances visuelles, idées surréalistes délicieusement mises en image et renvoyant au concept profondément hippie du roman d'origine, comblent le désastre.  Mais cela ne suffit pas, le résultat protéiforme (dans le sens négatif du terme) ne parvenant pas à s'accorder avec le pari du cinéaste. Et il était de taille, tant mettre en image la puissante œuvre politique et décalée de Tom Robbins s'avère un défi colossal (n'est-ce d'ailleurs pas une œuvre « inadaptable » ?). Un beau gâchis donc, car mettre en scène des oiseaux défoncés à l'herbe pouvait valoir son pesant d'or ! 

Dimitri Pawlowski

 

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Image :

Un master propre, qui n'explose pas les rétines, mais ne présente pas de défaut majeur non plus. Malgré l'âge du film (plus de quinze ans), le transfert est réussi et rend hommage à la beauté des paysages, souvent filmés avec élégance.

 

Son :

Tout comme pour l'image, le travail effectué par Metropolitan sur le son est inattaquable, même si on préférera la VOST, bénéficiant comme d'habitude d'un meilleur dynamisme par rapport au doublage français.

 

Interactivité :

Quelques bandes-annonces d'autres titres Metopolitan au menu. Pas grand-chose à se mettre sous la dent, donc.

 
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