AMISTAD
Etats-Unis - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Amistad »
Genre : Drame, Historique
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, espagnol, allemand...
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 155 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 7 mai 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Amistad »
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LE PITCH
En 1839, l’Amistad, navire espagnol transportant des esclaves africains, est pris dans une violente tempête au large de Cuba. Une cinquantaine de prisonniers réussissent à se libérer de leurs chaînes et se retournent contre leurs bourreaux, qu’ils passent par les armes. Cinqué, leur leader, oblige le capitaine à les ramener vers l’Afrique, mais celui-ci, profitant de son ignorance, met le cap sur l’Amérique. Jetés en prison, les mutins vont être défendus par deux fervents abol...
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Unchained

Film boudé par la critique à sa sortie, regardé avec méfiance et circonspection par les défenseurs de la cause noire et les abolitionnistes, Amistad est toujours considéré comme une sortie de route de Steven Spielberg, un essai académique noyé sous les bons sentiments et le cour magistral.

Mais si le film n'est effectivement pas le plus mémorable, le plus essentiels de sa longue carrière, il porte pourtant inévitablement sa marque, autant dans ses meilleurs élans que dans les pires. Et à la base l'idée était venue de la productrice Debbie Allen (actrice télé très connue outre-Atlantique) en découvrant La Liste de Schindler, imaginant qu'il pourrait donner autant de force à une réflexion nécessaire sur l'esclavagisme. D'ailleurs comme pour ce dernier, le choix se porte sur un « épisode » presque anecdotique, moyen d'entrer par une porte dérobée dans la grande Histoire. Un détail qui donne accès au grand tableau, et qui prend ici le chemin d'une cinquantaines de mutins d'un navire de commerce espagnol qui vont se retrouver, une fois échoués sur le sol américain, au cœur de la confrontation entre les abolitionnistes avant-gardistes et la majorité réactionnaire très attachée à sa main d'œuvre gratuite. En pleine période d'un cinéma qu'il voulait éclairant et éducatif, Spielberg construit son Amistad comme un film de prétoire, laissant la grande place à des acteurs de la trempe de Matthew McConaughey (en jeune avocat se découvrant une cause), Morgan Freeman, Pete Postlethwaite ou Anthony Hopkins de discourir sur la marchandisation des hommes, la légitimé historique de l'esclavage, à grand renfort de phrases sentencieuses, d'effets de manches et de plaidoiries enflammées. Un point qui peut se révéler terriblement poussif lors du monologue moraliste en appelant aux pères fondateurs de l'Amérique ânonné par un Hopkins forçant le trait du vieux politique grabataire, mais qui le plus souvent écarte l'indignation facile au profit de la parole.

 

Les uns et les autres


L'évolution par le dialogue, le progrès par le verbe... Une idée qui a de nouveau gravité dans le récent Lincoln (traitant, tiens donc, de la même question), et qui permet à Amistad de créer des rencontres souvent touchantes, émouvantes et même parfois excessivement drôles entre les bons samaritains et les hommes qu'ils tentent de libérer. Reste que malgré une sensible rigueur dans la mise en scène et sa construction, Amistad pèche justement en se contentant le plus souvent d'un regard unilatéral là où par exemple La Liste de Schindler, et plus proche La Couleur pourpre, évacuait le manichéisme pour donner plus de force au message. Et c'est justement lorsque le film s'écarte des héros « classiques », au profit des esclaves eux-mêmes et en particulier l'impressionnant Djimon Hounsou (Gladiator, bientôt Les Gardiens de la Galaxie) que le regard se fait moins complaisant, ironique, sur cet environnement totalement étranger. Un joli film, loin d'être inutile, qui sait aussi frapper le spectateur lors d'un flashback atroce sur les sévices subis par Cinque et ses compagnons (reprenant d'ailleurs un traitement proche de celui de La Liste de Schindler) et surtout pour une ouverture magistrale. Une vingtaine de minutes, avares en paroles, qui montrent le combat des esclaves pour prendre le contrôle du navire et leur tentative désespérée de retrouver leur terre, où finalement tout est dit, ou presque, lorsque Spielberg construit un champ / contre-champ entre ces survivants et un navire de plaisance transportant ses passagers aristocrates en pleine soirée mondaine. L'esclavagisme n'est pas une condition sociale, mais économique.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Toujours très pointilleux dans les ambiances, le directeur photo Janusz Kaminski livre ici un travail en clair obscure particulièrement subtile et sculpté. Une approche que restitue parfaitement le tout nouveau Bluray de Paramount, offrant un copie d'une propreté incontestable, mais qui préserve coûte que coûte les textures « cinémas ». Un léger grain de pellicule, toujours naturel, qui donne plus de relief encore à l'image, dotée d'un piqué parfait  réussissant à prendre corps même dans les salles d'audience ou dans la pénombre de la prison. L'ouverture est encore une fois une merveille avec un rendu lumineux extraordinaire, soulignant le travail considérable fait sur les contrastes et la profondeur.

 


Son :
Film sur le dialogue, Amistad a donc tout logiquement tendance à mettre ces derniers en avant avec une clarté accrue, merci le DTS HD Master Audio 5.1, travaillant les ambiances en retrait. La musique de John Williams s'y inscrit délicatement, mais un peu plus de relief n'aurait pas été mal venu. Surtout que de ce coté là, les premières minutes du métrage sont exemplaires avec la houle qui frappe le navire, le cri des esclaves qui se libèrent, la bataille chaotique : c'est dynamique, puissant et terriblement enveloppant. Toujours en retard, la version française n'est disponible que dans le sobre Dolby Digital 5.1 déjà proposé en DVD.

Liste des bonus : Aucun.

 
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