LES SéVICES DE DRACULA
Twins of Evil - Royaume-Uni - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Sévices de Dracula »
Genre : Horreur
Réalisateur : John Hough
Musique : Harry Robinson
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Mono
Sous-titre : Français
Durée : 83 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 6 mai 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Sévices de Dracula »
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LE PITCH
À la mort de leurs parents, Frieda et Maria, doivent quitter Vienne pour un petit village, où elles sont recueillies par leur oncle, Gustav Weil. Ce fanatique religieux traque et brûle les sorcières…
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Vénus sorties des eaux

Les petits détournements des distributeurs français pourraient faire passer cette production pour une nouvelle aventure pointue du mythique comte, mais point de Dracula dans Les Sévices de Dracula. Reste les sévices...

Et si le bien mieux nommé Twins of Evil en anglais, ne fait pas partie de la chronologie du baron de Bram Stoker, il est cependant à inscrire parmi la trilogie Karnstein produite par la Hammer au cours de l'année 1971 aux cotés de The Vampire Lovers et Lust for a Vampire. Deux adaptations libre du Carmilla de Le Fanu qui s'intéresse à la belle Mircalla Karnstein et ses joyeux descendants vampires, mais qui surtout marquent la nouvelle orientation du studio, préservant ses atours gothiques classiques, mais y insufflant un gore plus figuratif et surtout un érotisme omniprésent. Conclusion du triptyque (un quatrième opus fut un temps envisagé), Les Sévices de Dracula, pouvant sans aucun souci être vu indépendamment, fut cependant le seul à être diffusée dans nos salles et sonne, malgré son trop fréquent statut de Hammer mineur, comme l'aboutissement de la série. Tout d'abord grâce au travail visuel extrêmement notable du jeune John Hough (La Maison des Damnés, Les Yeux de la forêt, American Gothic...) qui fait déjà preuve d'un grand sens des compositions dans le cadre (le placement du crucifix rouge brûlant, la mise en valeur des décors imposants) et une certaine prédilection pour les ambiances faussement nocturnes et étranges. Un travail admirablement épaulé par la photographie profonde de Dick Bush (Tommy, Victor Victoria) et la bande originale puissante et étonnamment épique d'Harry Robertson (Comtesse Dracula) dont le thème principal est un des grands classiques multi réédité en CD par la Hammer. Une très belle facture, classieuse et élégante, qui justement sert de chevalet à une toile qui ne l'est pas.

 

Créatures de dieux


Plutôt dynamique et moderne dans son montage, Les Sévices de Dracula n'affiche qu'un érotisme très symbolique (mmm la bougie) ou sensuellement suggéré (transparences des robes de chambres, décolletés pigeonnants, vêtements qui s'entrouvrent rapidement), mais frappe par la charge sexuelle qu'il étale constamment. A l'image d'un Cirque des vampires déjà plutôt chaud bouillant, le film de John Hough prend plaisir à donner corps à des vampires obsédés par le stupre et le sexe opposé. Un peu caricatural, mais adapté, le Conte Karnstein incarné par Damian Thomas (Pirates !) ira même jusqu'à copuler avec son ancêtre Mircalla revenue d'entre les morts pour devenir à son tour un suppôt de Satan! Et ce n'est pas beaucoup mieux du cotés des dévots du seigneur qui vont pendant près de la moitié du film brûler sur le bûcher de pauvres demoiselles innocentes sous le regard fou et fiévreux d'un Peter Cushing aussi illuminé que Vincent Price dans Le Grand inquisiteur. Entre une morale assénée à coups de triques et de menaces vindicatives et une décadence de la chair personnalisée par un vampirisme libéré, les jolies jumelles Collinson doivent choisir. Deux plantureuses et aguichantes maltaises célèbres pour avoir été les deux premières sœurs à pauser nues l'une contre l'autre dans la revue Playboy, qui certes ne brillent pas forcément par leurs prestations (doublées pour des questions d'accent d'ailleurs), mais offrent des regards brulants qui traversent leurs yeux de biches. Sans compter sur leur plastique, esquissée certes, mais terriblement émouvante. A la manière du Justine où les infortunes de la vertu, grand roman ironique et libertaire du Marquis de Sade, elles sont par leur ressemblance physique troublante et par leur morale tranchée, chacune le reflet d'une voie possible : quand l'une cajole son crucifix et se rêve une amourette avec le gentil professeur d'école (David Warbeck, futur habitué du bis italien et de Fulci en particulier), l'autre court après la mort et le mal (ou mâle) pour retrouver son indépendance. Une dualité en miroir qui parcourt Les Sévices de Dracula et y dilue intelligemment le manichéisme propre au genre, achevant d'en faire l'un des fleurons de la dernière salve des productions Hammer.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
La sortie des Sévices de Dracula en bluray est, en France, presque inespéré tant les précédentes éditions DVD étaient tout simplement affreuses, avec entre autre une image légèrement recadrée, abimée et même pas compatible 16/9. Ici le métrage retrouve tout son éclat avec une copie magiquement restaurée, quasiment dénuée de toutes taches de vieillesses, et ne montrant à l'arrivée que de rares signes de faiblesses dans quelques plans sombres au grain proéminent. Le reste est donc tout simplement superbe avec son transfert 1080i exposant puissamment ses couleurs fortes et vives, soignant un piqué parfait et une définition au poil. De nombreux spectateurs vont tout simplement redécouvrir le film !

 


Son :
Encore une fois, c'est DTS HD Master Audio 2.0 pour les versions anglaise et française. La piste sonore originale a clairement profité au passage d'une restauration soignée avec son mono parfaitement étalé sur le mixage plus moderne, donnant quelques petits effets de dynamismes aux dialogues, toujours clairs et bien placés, et insufflant plus d'énergie encore à la bande originale. Un peu plus datée, la version frenchy s'en sort relativement bien avec un aplat sur des dialogues trop en avant, mais un certain confort d'écoute.

 


Interactivité :
Comme pour les autres titres de la collection, c'est Alain Schlokoff, rédacteur en chef de L'Ecran Fantastique qui s'y colle pour présenter le film. Filmographie des uns et des autres, rares anecdotes de tournages, relation avec le reste de la trilogie Karnstein, place du film dans l'histoire de la Hammer, thèmes principaux... Du grand classique mais informatif, mais qui ne remplacera pas le long documentaire de 84 minutes présent sur l'édition US (mais zonée...). Un peu dommage, espérons que pour le futur Elephant pourra étoffer ses futurs sorties « Hammer ».

Liste des bonus : Présentation exclusive du film par Alain Schlokoff (24'), Galerie d'images, Bandes-annonces.

 
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