47 RONIN
Etats-Unis - 2013
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « 47 Ronin »
Réalisateur : Carl Erik Rinsch
Musique : Ilan Eshkeri
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 5.1, Français et divers en DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais, allemand, néerlandais…
Durée : 118 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 5 août 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 47 Ronin »
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LE PITCH
Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l'honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l'aide de Kai - un demi sang qu'ils avaient jadis renié - lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d'effroyables dangers....
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Blockbuster orphelin

Sorti en catimini dans l'hexagone, suite à un four historique aux Etats-Unis, 47 Ronin vaut bien mieux que sa désastreuse réputation. Reste que les stigmates d'une production à rebondissements sont encore largement visibles...

Tout le projet 47 Ronin semble condamné dès le départ aux affres du Development Hell. Investissant des sommes irresponsables dans un projet commercialement incertain, alors même qu'elle avait dit non aux Montagnes hallucinées de Guillermo Del Toro, James Cameron et Tom Cruise (on parle ici de plus de 175 millions de dollars, tout de même), Universal fait l'erreur d'embaucher un nouveau venu, Carl Erik Rinsch, là où un vétéran aurait pu taper du poing sur la table. Embarqué dans une valse créative impliquant des dizaines de producteurs exécutifs, chacun ayant un avis bien particulier sur les directions à prendre, le jeune cinéaste parvient à traverser un tournage marathon vivant, ramenant avec lui un premier montage avoisinant selon la rumeur les trois heures trente. Une épopée ambitieuse, donc, à la hauteur des moyens investis et de décors érigés en dur dont l'ampleur a de quoi faire tourner la tête en ces temps d'écrans verts systématiques.

 

Des ailes brisées


Dans le meilleur des mondes possibles, 47 Ronin aurait dû nous parvenir dans une version intègre, avec des qualités et des défauts propres aux entreprises pharaoniques hollywoodiennes. C'était sans compter sur l'interventionnisme du studio, qui entreprit de charcuter le long-métrage à la faux, emportant avec lui d'innombrables sous-intrigues, enjeux humains mais aussi morceaux de bravoure. A l'écran, le remontage se perçoit constamment, à travers des rafistolages maladroits en fins de séquences et des dialogues réenregistrés en post-production censés condenser les informations nécessaires au développement du récit. De nombreuses séquences passent en coup de vent, y compris des combats ambitieux dont la mise en place logistique laisse imaginer un montage original autrement plus épique. Heureusement, la passion palpable de Rinsch pour son sujet et son respect absolu de la culture nippone sauvent 47 Ronin du naufrage trop souvent dénoncé. S'il souffre de ses amputations, le film n'en reste pas moins incarné et désarçonnant, à une époque où les blockbusters se montrent toujours plus confortables et stéréotypés. Evoquant via son bestiaire les films d'aventure fantastique de Ray Harryhausen, 47 Ronin prouve également la place à part de Keanu Reeves dans le système hollywoodien, star toujours en quête d'expérimentations filmiques et de prises de risques totalement étrangères à tant de ses confrères. Si quelqu'un ne sort pas sali de cette douloureuse entreprise, c'est bien lui.

Alexandre Poncet








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Image :
Le Blu-ray 3D remplit son contrat de bout en bout, avec une belle profondeur de champ, des effets de jaillissement très dynamiques, une colorimétrie parfaitement gérée et une définition irréprochable. S'il reste parfaitement compressé, le film perd malheureusement en 2D beaucoup de son charme, les caméras numériques utilisées se prêtant davantage à la stéréoscopie d'un point de vue purement esthétique.

 


Son :
Présentée dans une compression DTS-HD Master Audio réglementaire, la pistes sonore VO (anglais uniquement ; on aurait aimé quelques dialogues en japonais) assure le spectacle, autant dans les batailles et les duels que dans les combats entre humains et créatures, la transformation finale d'un personnage féminin central donnant lieu à de superbes effets de spatialisation. A noter hélas que la VF ne bénéficie que d'un DTS classique.

 


Interactivité :
La pauvreté des suppléments souligne implicitement les problèmes de post-production et l'échec cuisant du film en salles. Outre quelques featurettes succinctes paraphrasant l'intrigue du film ou brossant le portrait de sa vedette Keanu Reeves, on a droit néanmoins à deux focus assez intéressants sur les effets visuels et la préparation des combats. Les quelques minutes de scènes coupées, loin de représenter les mètres de pellicule perdus sur le sol de la salle de montage (à l'heure du numérique, on aime d'autant plus cette métaphore), ne font que prouver l'existence d'un 47 Ronin alternatif, plus ample et autrement plus ambitieux que le film que nous connaissons.

Liste des bonus : featurettes (25 minutes), scènes coupées (8')

 
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