LES TORTUES NINJA
Teenage Mutant Ninja Turtles - Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Tortues Ninja  »
Réalisateur : Steve Barron
Musique : John Du Prez
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 1 octobre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Après un contact avec une mystérieuse substance chimique, quatre tortues vivant dans les canalisations new-yorkaises se transforment en tortues géantes. Formés par un vieux rat sage, Leonardo, Michaelangelo, Donatello et Raphaël, par ailleurs amateurs de pizzas, apprennent les techniques des guerriers ninjas afin d'affronter le terrible Shredder dont le but avoué est d'asservir le monde...
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Bois Vert

Alors que la nouvelle version (peu emballant sur le papier) signé Jonathan Liebesman pour le compte de Michael Bay s'apprête à sortir sur les écrans, Metropolitan a la bonne idée de ressortir en Bluray le petit classique des années 90 qui fut à l'origine d'une véritable « tortue mania ».

Qui aurait pu sérieusement penser qu'une histoire totalement débile faisant de quatre tortues géantes des experts de l'art ninja aurait une telle longévité et une telle masse de produits dérivés en tous genres. Pourtant avec son ton parodique et son humour délirant, la BD de Eastman et Laird n'a de cesse depuis des années de voir les rangs de ses fans s'agrandir. Une popularité qui était bien à son apogée en ce début des années 90 alors que les enfants se goinfraient de la (mauvaise) série animée depuis trois ans et que le film débarquait enfin sur grand écrans. Non pas un film d'animation comme on aurait pu s'y attendre, mais bien un film live, surfant sur le succès du Batman de Tim Burton, produit par un regroupement de petites sociétés de productions indépendantes et épaulé par la firme hongkongaise Golden Harvest (alors détentrice des droits d'adaptation) qui tentait ici sa première percé sur le marché américain. Une société qui va apporter un énorme crédit à ce petit budget plein d'ambition en lui assurant des chorégraphies martiales affirmant leur filiation asiatique (on est loin des American Ninja) et des cascadeurs de qualité capables d'effectuer des acrobaties sidérantes dans des costumes en latex normalement des plus handicapantes. A ce titre, aujourd'hui encore les combats restent particulièrement efficaces et habilement chorégraphiés, résonnant comme une approche précurseur de la future importation massive de talents HK à Hollywood.

 

Pizza Ananas


Mais c'étaient surtout les costumes qui étaient alors la raison sine-qua-non du succès du film et qui furent confiés à l'extraordinaire talent de la Jim Henson Company (Dark Crystal, Labyrinthe) dont le résultat impressionne toujours autant par leur naturel, leur liberté de mouvement et la richesse des expressions faciales. Un mélange de textures en caoutchouc mousse au design impérial et des mécaniques fluides de l'animatronique, qui respecte à la lettre le style graphique du comic, tout en l'insérant naturellement dans un réalisme bluffant : le rat Splinter qui ajoute au passage le savoir faire de l'équipe de marionnettistes (le Muppet Show, Yoda... ce sont eux) est d'ailleurs une véritable merveille. Du coup, jamais alourdie par des SFX ringard, le film un divertissement des plus réussis que Steve Barron (Coneheads, Les Aventures de Pinocchio) tout juste sorti de l'excellente série Monstres et merveilles, illustre par une mise en scène certes assez classique, voir parfois plan-plan, mais qui mêle étonnement la tessiture des contes noirs, la frivolité d'une production pop-corn et le contexte réaliste et dégradé du New York crasseux et violent typique de l'ère pré Rudy Guliani. Derrière la comédie prout, les pizzas fantaisistes et les fameux « cowabunga » de circonstances, Les Tortues Ninja est un divertissement attachant, évoquant au passage le difficile âge de l'adolescence (autant pour des gamins enrôlés dans le gang des Foot que pour les tortues), qui ne prend jamais ses jeunes spectateurs pour de parfaits imbéciles. Une formule réussie que l'on ne retrouvera jamais vraiment par la suite (si l'on excepte le sous-estimé TMNT en images de synthèse) ni dans les deux séquelles directes, uniquement intéressantes pour l'amélioration constante des effets spéciaux, ni dans les multiples séries tv, trop infantiles.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Métrage tourné avec un budget assez serré au vue des ambitions, et ne pouvant certainement pas s'allouer une restauration 4K de grand luxe, Les Tortues Ninja ne s'en sort pas si mal en Bluray. Les traces, griffures et taches ont dans l'ensemble presque toutes disparues et les couleurs dans les plans les plus lumineux sont joliment pleines et contrastés. On notera tout de mêmes des noirs qui manquent de présence et de toutes façon des plans sombres où les couleurs ont tendance à cruellement s'affadir. Dans le même ordre d'idée, les plans composites (la naissance des tortues par exemple), souffrent inévitablement d'un grain neigeux et d'une surcouche légèrement floutée. Heureusement, le piqué se révèle extrêmement pointu, en particulier sur les créations de Jim Henson, et les vues de New York s'ornent d'une profondeur savoureuse.

 


Son :
Petit coup de jeunes du coté des bandes sonores, anglaise et française, revue à la hausse avec des mixages DTS HD Master Audio 5.1 relativement efficaces donnant un peu plus de peps aux scènes d'actions même si, la plupart du temps, les effets restent des plus frontaux. Une fois n'est pas coutume, on préférera largement la traduction de la version française bourrée d'expressions très caractéristiques de l'époque et servie par des doubleurs énergiques.

 


Interactivité :
Depuis la sortie du film en DVD jusque dans les différentes éditions HD déjà parues dans le monde (même dans le sympathique coffret Pizza dispo aux USA), Les Tortues Ninja n'a jamais eu la chance d'être accompagné de suppléments. Heureusement, Metropolitan a décidé de soigner l'objet en glissant tout d'abord dans le boîtier un livret inédit. Composé par Nicolas Rioult, à qui ont doit déjà l'ouvrage Starfix Histoire d'une revue ou la production des making of de Solomon Kane et Le 13ème guerrier pour le même éditeur, celui-ci propose ainsi une pertinente présentation du film et une interview inédite du réalisateur. De quoi découvrir (entres autres) que 14 pages du scénario ne furent jamais tournés faute de temps (ceci expliquant quelques raccourcis hasardeux). Le disque contient lui aussi un bonus, en l'occurrence un mini-documentaire tourné pour la sortie du second film, mais proposant quelques rares images du premier. Un choix un peu étrange (surtout que l'image est franchement crados), mais qui pourtant révèle sa pertinence lorsque le nouveau réalisateur, Michael Pressman, confie vouloir atténuer la noirceur et la violence (sic) du film précédent pour ne pas choquer les mères de famille. Confondant.

Les Bonus : Livret de 12 pages, Le Phénomènes Tortues Ninja (28'), Bande annonce.

 
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