X-MEN DAYS OF FUTURE PAST
Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « X-Men Days of Future Past »
Réalisateur : Bryan Singer
Musique : John Ottman
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, DTS 5.1 français, allemand…
Sous-titre : Français, anglais…
Durée : 132 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 8 octobre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.
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Mutants united

Sous la direction de Tom Rothman, celle-là même qui poussa Bryan Singer à déserter X-Men 3 et brisa, par l'intermédiaire de Brett Ratner, la cohésion artistique de la saga, la 20th Century Fox n'aurait sans doute pas attendu si longtemps avant de donner suite à X-Men : First Class. Ayant passé les dernières années à se refaire une réputation dans le domaine du blockbuster (La Planète des singes : Les Origines en atteste), mais aussi à redonner un certain cachet à sa franchise mutante (cf. The Wolverine, fabuleux dans son montage uncut), le studio aura pris la décision d'attendre le bon moment, et surtout le matériau adéquat.

Attelé à Kingsman : The Secret Service d'après la bande dessinée de Mark Millar et Dave Gibbons, Matthew Vaughn rend ainsi les rênes d'X-Men à Bryan Singer, tout en sculptant à ses côtés un argument scénaristique pour le moins ambitieux. Librement adapté du comic book homonyme publié en 1981, Days of Future Past dépasse à vrai dire dès son prologue le cadre du genre super-héroïque, alors que des milliers de crânes broyés et de cadavres empilés sans cérémonie jonchent une terre dévastée, sous la domination de machines implacables. Consulté à maintes reprises durant la pré-production, James Cameron apparaît d'emblée comme la référence première de Singer, le traitement du voyage dans le temps respectant à la lettre dans ses implications et ses répercussions sur les personnages celui de Terminator (en opposition, pour les connaisseurs, à celui de Retour vers le Futur). Parvenant à rendre limpide dès sa première séquence post-générique le fonctionnement et les enjeux dudit voyage, tout en annonçant ironiquement une timeline incroyablement serrée apte à propulser constamment la narration en avant, le script de Days of Future Past vole loin, très loin au-dessus de la mêlée des blockbusters lambda, quelques questions laissées en suspens (autour de l'abandon prématuré du personnage de Quicksilver, notamment) ne parasitant jamais une densité thématique rarissime.

 

remise à plat


Thriller politique, film d'espionnage, grand spectacle post-apocalyptique, super-hero movie parcouru d'idées et de visions totalement inédites (le coup d'éclat de Quicksilver, intervenant en fin de premier acte, est époustouflant) et épopée conclue par un morceau de bravoure à la fois gigantesque et terriblement intimiste, monté en parallèle sur deux époques différentes, Days of Future Past met son mélange des genres au service de ses protagonistes avant tout. Investis, habités et servis par des rôles équilibrés et interdépendants (les scènes d'action sont d'ailleurs systématiquement basées sur leurs interactions), les comédiens trouvent tous ici leur juste place, les casts des deux sagas cohabitant avec une harmonie et une résonnance dramatique inattendues. Tout en multipliant les choix adultes (voir le traitement réservé hors-champ à la quasi-intégralité des héros de First Class, ou les faits d'armes barbares des sentinelles du futur), le film parvient ainsi à donner suite à la fois au film de Matthew Vaughn, au Wolverine de James Mangold et même au vilain petit canard X-Men 3, dont les dernières incohérences et preuves d'irrespect vis-à-vis de la mythologie globale se voient littéralement effacées durant l'épilogue. Comme pris d'un irrésistible besoin de vengeance (Tom Rothman, si tu l'entends...), Bryan Singer remet donc à plat une saga jadis égarée dans les cahiers des charges les plus cyniques, et lui assure un avenir artistique plein de promesses.

Alexandre Poncet






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Image :
Tournée avec la superbe Arri Alexa, le dernier film X-Men ne dénote pourtant jamais avec l'esthétique très vive et cinématographique des premiers opus de la franchise. On y retrouve même de superbes sensations d'argentique, qui se combinent à la précision impitoyable de la caméra HD de luxe, offrant au film un cadre fourmillant de détail (la scène de Vif-argent est juste incroyable), révélant avec naturel les textures de peau, des costumes et des décors, sans jamais trop trancher avec les effets numériques. Un rendu optimal, particulièrement savoureux dans la gestion des couleurs, toujours aussi vives (le bleu de Mystique) et métalliques, jouant d'ailleurs parfaitement avec les oppositions d'esthétiques entre les différentes temporalités, avec quelques passages sombres particulièrement impressionnants de tenue dans la section « futuriste ».

 


Son :
Le doublage français étant toujours autant à la traine derrière l'excellence des interprétations originales, on ne regrettera même pas qu'il ne soit proposé qu'en DTS 5.1 (efficace et propre), d'autant que le mixage DTS HD Master Audio 7.1 est une absolue tuerie qui choppe littéralement le spectateur dès l'ouverture, pour ne plus jamais le lâcher. Comme le montrent certains échanges dans les rares bonus de l'édition, l'ambiance sonore et les bruitages ont été murement réfléchis et le résultat est impressionnant de relief (tous les mutants ont leurs propres sonorités), sans jamais dénaturer le naturel des ambiances plus calmes ou la clarté des dialogues. Mais se sont bien entendu les déploiements les plus spectaculaires qui délivrent toute la force de ce travail : les sauts spatiaux de Blink (merci Portal !), le décollage des sentinelles, la course circulaire de Vif-argent, les changements de peau de Mystique... Un résultat d'une minutie et d'une amplitude qui force le respect et reflète parfaitement la densité du métrage.

 


Interactivité :
Pour une telle rencontre au sommet, on aurait certainement pu espérer beaucoup mieux du coté des bonus de cette édition HD. L'éditeur a beau glissé sur la galette quatre featurettes plutôt sympathiques sur la rencontre entre les deux générations, les nouveaux mutants ou les designs des sentinelles, il manque un véritable et authentique making of qui traverserait intégralement les origines comics jusqu'au résultat filmique. Il y a tout de même quelques petites friandises à y grappiller avec une analyse étonnamment précise sur l'alliance entre les effets spéciaux et les effets sonores (voir Classification : M) et une absence totale d'image issues de X-Men 3, alors que les extraits des deux premiers métrages et de First Class pleuvent à la moindre occasion. Un hasard ?
C'est un peu le même travail que le spectateur doit effectuer avec les scènes coupées, grappillant les informations et les images inédites dans les quelques minutes livrées (et commentées par le réalisateur). Certains passages auraient d'ailleurs largement mérités d'être dans le montage final comme le baiser entre Wolverine et Tornade (...) ou une discussion entre Xavier et Raven dans la cuisine, dont les coulisses valent leur pesant de cacahuètes : atteint d'un gros soucis aux cordes vocales, le réalisateur était obligé de parler avec une voix de fausset, provocant un fou rire incontrôlable chez Jennifer Lawrence. Le bêtisier rappel d'ailleurs assez sympathiquement la bonne ambiance du tournage. On est quand même très loin du niveau de l'excellent documentaire de X-Men Le Commencement. Dommage.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Scènes coupées, Les Doubles de Xavier et Magnéto, X-Men : à nouveau réunis, Classification : M, Les Sentinelles, Bêtisier, Galerie d'images, Bandes annonces.

 
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