TRANSFORMERS : L’AGE DE L’EXTINCTION
Transformers : Age of Extinction - Etats-Unis - 2014
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Michael Bay
Musique : Steve Jablonsky
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby True HD 7.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 165 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 26 novembre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Chassé par les humains après leur dernière aventure, Optimus Prime et les Transformers vont trouver de l’aide auprès d’une famille de bricoleurs. Une aide qui pourrait leur permettre de vaincre une fois pour toute Mégatron ainsi qu’un ennemi mystérieux.
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No brain, no brain

Ce Michael Bay est quand même un sacré numéro ! Alors que l'on pensait, voir espérait pour ses fans les plus dévoués (vous savez, ceux qui le confondent avec McT ou Brad Bird), qu'une page était tournée avec le sympathique Pain & Gain, le voici qui sombre à nouveau dans ses travers les plus détestables avec Transformers : L'Age de l'extinction.

On le croyait sauvé, soigné, grandi...mais il n'en est rien. Si Pain & Gain pouvait être perçu comme un climax à tout le cinéma que Michael Bay nous proposait depuis la sortie de Bad Boys en 1995, le film était surtout une lettre d'aveu. Un aveu presque coupable (à défaut de ne jamais en être un plaisir, argument au combien lâche et hypocrite) dénonçant la superficialité de son cinéma, de son public dévoué ainsi qu'une sorte de d'auto psychanalyse lui faisant hurler haut et fort « j'avoue que mon cinéma est superficiel, j'adore faire bouger ma caméra dans tous les sens, jouer avec mes petites voitures, tout faire sauter...et je sais que ce n'est pas bien». Dès lors, que pouvions-nous penser de la sortie d'un quatrième Transformers ? Un nouveau départ pour la saga et pour son réalisateur ? Vous aurez, au moment de lire ses lignes, probablement déjà vu le film ou décidé de ne plus jamais accorder presque trois heures de votre vie à Optimus Prime, mais, si vous pensiez peut-être compter sur la sortie du Blu Ray pour vous faire une idée après votre déception due à Transformers 3, sachez que le dernier opus avec Shia LaBeouf est un chef d'œuvre à côté de celui-ci. Le film a beau essayer de faire peau neuve en copiant ce qui a fonctionné récemment (perte du numéro dans le titre, score rappelant The Dark Knight), nous ne sommes pas dupes.

 

Bay-Tease sans relache


Fuyant les humains depuis la quasi destruction de Chicago dans l'opus précédant, les Transformers sont déclarés hors-la-loi (si seulement il pouvait en être ainsi des films...) et pourchassés sans relâche par les hommes de l'ombre du gouvernement américain. Ces derniers, assistés d'un robot traquant les Transformers de planète en planète, savent bien qui est bon et qui ne l'est pas, mais attribuer les dégâts et pertes civiles de l'épisode précédent aux Transformers comme aux Decepticons est un moyen plus directe d'aider Joshua Joyce, un ersatz de Steve Jobs, à créer sa propre ligne de robots. On pourrait s'arrêter là et se dire qu'à défaut d'avoir le pitch du siècle (l'excellent Pacific Rim, souvent comparé à tort à la saga de Bay, ne l'avait pas non plus) nous pouvions partir sur de bonnes bases. Seulement comment placer tout l'humour de Bay la dedans ? C'est là qu'entre en scène le personnage interprété par Mark Walhberg, Cade Yeager (une consonance proche d'un robot géant du film de Guillermo Del Toro). Car on le sait bien, tout film de Bay doit avoir sa dose de personnage prolétaire débrouillard, qui bien qu'ayant passé sa vie derrière un poste à souder, sait aussi bien se battre que le meilleur des marines. Dans la famille cliché, vous serez sur d'obtenir une bonne pioche si vous demandez la carte de la fille bimbo uniquement là pour montrer ses jambes (et il les cast de plus en plus jeune le Michael !!!) et le petit copain, sorti de nulle part et pilote de rallye, car vous l'aurez compris, c'est quand même plus cool. Quelle générosité de la part de Michael de faire de ses spectateurs types les héros de ses films ! Nul besoin non plus de chercher un fil narratif conducteur tellement tout le monde change de camp toutes les cinq minutes. Le pire venant des Dinobauts présents sur l'affiche et à l'origine de la scène la moins logique du film (et il faut quand même s'accrocher pour remporter ce prix) : Optimus Prime et les Transformers décident d'appeler à l'aide les Dinobauts légendaires afin de vaincre des ennemis bien trop puissants. Mais pour obtenir cette aide, Optimus doit d'abord obtenir leur respect en les battants au combat !!! Quel est donc l'intérêt d'aller chercher de l'aide chez des alliés plus faibles que soit ?

 

Bad robots


Le film pourrait se rattraper sur la force destructrice et visuelle des affrontements entre Autobots et Decepticons et c'est là que le film est le plus décevant. Autant la pauvreté de ses personnages n'est plus une surprise, on sait quand même que Michael Bay peut faire preuve d'une certaine audace visuelle comme c'était le cas lors de nombreuses scènes de Bad Boys 2. Il n'en est absolument rien. Pire, le film ne tient pas la comparaison avec Marvel Studio, son concurrent direct en termes de destruction massive. Toutes les scènes d'action sont un brouillon dont on souhaite une fin rapide afin de retrouver le cabotinage des acteurs, c'est dire si c'est un loupé à ce niveau ! Visuellement hideux, ce qui est un comble pour un film de cette ampleur budgétaire et l'on se surprend à regretter Shia LaBeouf et son chien qui pissait sur Optimus Prime. Il n'y a décidément rien à sauver du film, en dehors de Stanley Tucci, qui même lorsqu'il cabotine à mort, reste tout de même au-dessus du lot. Une telle catastrophe montre bien que Bay n'a pas changé, n'en a pas l'intention et qu'il ne nous fera plus croire qu'il est happé par son public alors qu'il veut faire autre chose, tel Michael Corleone dans Le Parrain 3, n'arrivant pas à quitter la mafia pour devenir honnête. A un tel niveau de médiocrité, on se demande même si le retour de Mike et Marcus serait une bonne chose, tant le manque de contrôle que pouvaient avoir Jerry Bruckheimer et, dans une certaine mesure, Steven Spielberg, se fait cruellement sentir sur cette franchise.

François Rey












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Image :
Dès le tout premier épisode sur HD DVD (souvenez-nous...), les Transformers de Michael Bay se sont présentés comme des ambassadeurs éloquents de la puissance des capacités des lecteurs HD. Avec les évolutions techniques cela ne s'est pas calmé, loin de là ! Tourné à la fois sur copie film et en numérique L'Age de l'extinction en met littéralement plein la tronche avec un mélange de précision incroyable et une restitution harmonieuse du grain et des argentiques cinémas. Les couleurs explosent à chaque plans avec autant de démesure que le film lui-même, virant d'un noir terrassant à des couleurs vives (parfois trop) et contrastées, le tout se vautre dans une profondeur et une précision carrément burné. Dommage que la mise en scène n'en profite pas plus...

 


Son :
Pas de surprise non plus avec la piste originale Dolby True HD 7.1 qui développe une telle frénésie d'effets, une telle accumulation de puissance, que le salon se transforme littéralement en zone de guerre. Du très gros son, massif et puissant mais qui est habilement composé en toute fluidité et harmonie sur l'ensemble de l'installation, virevoltant des surrounds aux arrières, sans forcément oublier le caisson de basse qui décolle du sol à chaque pas de machine géante. Spectaculaire !
A noter que la galette propose pour la première fois l'option Atmos qui permet de profiter d'une grande part de la dynamique sonore sans même posséder un Home Cinema. Plutôt sympa.

 


Interactivité :
On ne change pas une équipe qui gagne, serions-nous tentés de dire, tant de sorties en sorties, la licence Transformers est toujours approché avec le même luxe de la part de la Paramount, offrant ici encore en plus d'une série de featurette thématique («Michael Bay est génial», «Le Film est génial», «les acteurs sont trop sympas»...) un gigantesque making of fleuve de plus de deux heures qui semble vouloir concurrencer les fresques des versions longues du Hobbit. Si dans ce cas aussi, tous les aspects de la fabrication du film (scénario, production, tournage, effets spéciaux) sont traités avec précision et passion, il reste toujours aussi ardu de subir les cirages de pompe collectifs sans défaillir. De l'auto-promo jusqu'à la lie, qui du coup noie souvent cette incroyable aventure humaine et financière qu'est la production d'un jouet de destruction massif à 210 millions de dollars. Bon bien entendu, Michael Bay oblige, la thune nous est balancée en travers de la gueule à chaque occasion. La classe américaine comme dirait l'autre.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : « Bay en action » (11'), « L'évolution dans l'extinction » : making of en 8 parties (123'), « Juste un film énorme de plus » (10'), « Une touche de design » (15'), « T.J. Miller : hippie fermier » (20'), Bandes-annonces.

 
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