L’INVASION DES ARAIGNéES GéANTES
The Giant Spider Invasion - Etats-Unis - 1974
Image plateforme « DVD »
Image de « L’Invasion des araignées géantes »
Genre : Horreur
Réalisateur : Bill Rebane
Musique : Bill Rebane
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 84 minutes
Distributeur : Crocofilms Editions
Date de sortie : 9 octobre 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Invasion des araignées géantes »
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LE PITCH
Après une pluie de météorites dans l état du Wisconsin, des araignées géantes sèment la terreur.
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Elle est belle ta rentule

Sortie du fin fond de l'espace une araignée géante déboule dans l'Amérique perdue et dévore les passant tout en menaçant l'équilibre cosmique du monde. Bienvenue dans L'Invasion des araignées géantes, petit bijou des drive-in et des vidéos-clubs.

Totalement oublié par à peu près tout le monde et même par les cinéphiles les plus extrêmes (quoi que), Bill Rebane (Monster a Go-go) mérite pourtant le respect de tout un chacun, parce que tel un Ed Wood ressortie de la tombe, il aura traversé deux décennies en ne livrant que des films fauchés, souvent ringards, mal bricolés, mais extrêmement ambitieux, débordant d'amour pour le cinéma et réussissant même parfois à accrocher le succès. En fait ce sera surtout le cas avec ce fameux L'Invasion des araignées géantes, longtemps connu en vidéo sous le titre Spider L'horrible Invasion, qui n'aura presque pas coûté un kopeck, mais en aura rapporté beaucoup aux USA et au Japon (ils ont toujours eu beaucoup de goût les nippons) sans doute grâce à une affiche incroyablement efficace et pleine de promesse. Il y a un peu de l'esprit de Roger Corman là-dedans, tant la promesse n'est forcément pas à la hauteur du résultat, mais aussi un certain talent qui prend l'apparence d'une authentique araignée géante de huit mètres, toute noire, pleine de poils et qui avec ses superbes yeux rouges globuleux traverse la campagne du Wisconsin.

 

King Mama


Une prouesse, surtout que la bestiole est filmée en plein jour, activant langoureusement ses pattes au rythme des roues de la coccinelle (la voiture, pas l'insecte), dans un mélange assez impressionnant de ridicule assez savoureux et de grandiose. A ce titre certaine séquences sont véritablement réussies comme lorsque l'araignée déboule en plein stade avec une foule qui court dans tous les sens (pour mieux cacher les roues de la voiture sans doute), où lorsque la mémère s'en prend directement à une demoiselle en culotte piégée dans sa propre maison. De petits moments de bravoure qui ne font jamais vraiment oublier l'aspect nanar de l'entreprise. Mais même ses grands travers en finissent par être attachant lorsque les tunnels de dialogues de remplissage entre un couple de scientifiques à la masse ou un shérif rigolard, tournent au second degré poussif. Excessif, à l'image de cette invasion qui s'échappe d'un trou noir qui n'a rien trouvé de mieux que de s'installer dans le jardin d'à coté et qui vomit copieusement quelques arachnées de tailles modestes, avant d'introduire leur version géante. On ne s'y ennui jamais vraiment, dès lors que l'on est armé de son second degré bien aiguisé, et cette Invasion des araignées géantes (en fait qu'une seule mais bon) se permet même de dégommer joyeusement la culture white trash crasseuse et bouseuse de cette bonne vieille Amérique. Pas étonnant que la petite merveille soit devenue aux cours des années l'un des rendez-vous régulier des deuxièmes parties de soirée et des émissions Bis.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Film gentiment estampillé nanar arachnéen retrouvé sur l'étagère du haut dans un vieux grenier de distributeur, L'Invasion des araignées géantes n'a pas vraiment eu pour l'instant le droit de connaître une édition DVD luxueuse avec restauration forcenée. Et cela n'étonnera personne. Pourtant malgré quelques scènes un peu instables, de petites taches qui viennent émailler le visionnage, l'ensemble tient relativement bien la route avec un cadre presque propre et des couleurs qui s'accrochent là où elles peuvent. Vu les origines très modestes de la production, la galette en présence s'en sort plutôt bien. A noter que le film était déjà sorti en début d'année dans des conditions un peu moins remarquables et dans une version française qui excluait 4 minutes du montage. D'où appellation « director's cut » sur la jaquette.

 


Son :

Pas de version française ici (voir la ligne au-dessus), mais uniquement la version originale d'époque et en mono brut et direct (avec quelques dialogues fluctuants). Encore une fois, cela suffit pour profiter du spectacle, et les sous-titres français sont là pour filer un coup de main.

 


Interactivité :
Depuis le début de sa récente, mais déjà productive, activité l'éditeur Crocofilms a l'excellente idée de glisser sur chacun de ses DVD un court métrage en supplément. Ici c'est le sympathique A louer de James L. Frachon avec un Laurent Deutsch tout jeunot et pas encore connu pour ses idées "vieille France". Une (re)découverte sympathique avec quelques mygales dedans. Plus proche du film proprement dit, l'éditeur a aussi mis la main sur une interview du réalisateur Bill Rebane, manifestement épuisé et peu fier de son The Giant Spider Invasion, et qui ne cache pas l'immense bricolage que fut le tournage, entre des producteurs aux avis opposés, un scénariste mégalo et un responsable des effets spéciaux alcoolo. Croustillant forcément.

Liste des bonus : Interview de Bill Rebane (6'), Court métrage « A louer » (10'), Bandes annonces.

 
 
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