THE SALVATION
Danemark / Royaume-Uni / Afrique du Sud - 2014
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Genre : Western
Réalisateur : Kristian Levring
Musique : Kasper Winding
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Seven Sept
Date de sortie : 2 janvier 2015
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Salvation »
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LE PITCH
1871, l’Amérique attire les colons venus de toute l’Europe pour faire fortune. Lorsque Jon, un pionnier danois, tue le meurtrier de sa famille, sa tête est mise à prix par le fameux colonel Delarue et son gang. Ostracisé par la communauté, Jon devra affronter seul les hors-la-loi, délaissant sa vie de paisible colon pour celle d’un justicier impitoyable…
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There will be blood

En provenance du Danemark, The Salvation est pourtant un authentique western, auréolé d'un casting aguichant (dont un Eric Cantona discret mais crédible) qui se montre aussi maitrisé que prévisible. Pourtant il y a bien là ce petit particularisme, ce charme des anciens essais européens.

Un peu passé de mode (et c'est bien dommage) le western revient régulièrement hanter les écrans avec ses villes perdues dans les paysages arides, ses gangsters sans foi ni loi et ses héros au visage buriné qui n'ont comme voie d'expiation que la violence et l'exécution froide. En ce sens, le nouveau film de Kasper Winding (The King is Alive), ancien disciple du Dogme de 95, ne prétend jamais réinventer le genre, choisissant plutôt de l'accompagner dans tous ses codes et les jalons de sa structure immuable. Si The Salvation cultive constamment des familiarités avec les classiques, d'Anthony Mann à Sergio Leone (comme l'atteste les thèmes musicaux), il n'y appose pas un méta-discours comme a pu le faire le Django Unchained de Quentin Tarantino. C'est à la fois sa force et sa faiblesse. Sa force car tout du long, le film se révèle une excellente et solide prestation, préférant les échanges de coup de feu aux dialogues, les plans larges et contemplatifs à la vigueur postmoderniste. Winding signe un authentique western, usant des paysages autant que des icones impassibles offrant au passage un rôle en or à l'excellent Mads Mikkelsen, antihéros touchant et inquiétant, qui s'extrait enfin de ses dernières prestations de grands méchants hollywoodiens.

 

le sang noir


Pas un contre-emploi, mais presque, tout comme le rôle tenu par Eva Green, sculpturale en veuve bafouée, muette et scarifiée, dont le regard assassin et les silences, semblent contaminer toute la dramaturgie opératique de l'ouest sauvage. Du coup, à coté de ces deux là, le pourtant charismatique Jeffrey Dean Morgan, manque un peu de superbe et d'étoffe en méchant de circonstance, et l'impeccable Jonathan Pryce n'est pas assez creusé dans son reflet d'une population lâche. La grande faiblesse du film est d'ailleurs dans cette impossibilité au métrage de surprendre les habitués, ne déviant jamais de la trame annoncée jusqu'à un gunfight final où l'on peut tout aussi bien reconnaitre Silverado, L'Homme des haute plaine ou la violence âpre de Sergio Corbucci. Cela n'empêche en rien cependant The Salvation d'être un western plus qu'agréable et prenant, reposant avec fermeté sur une mise en scène et un montage élégant, dépassant même habilement sa photographie numérisée et saturée. C'est d'ailleurs dans cette étrange cohabitation entre un genre presque "naturaliste" et une texture on ne peut plus moderne qu'apparaissent parfois les meilleures scènes du film. En particulier cette lente et puissante ouverture, menant au meurtre du fils du héros et le viol de sa femme, où tout semble plongé dans une attente froide, jusqu'à l'image onirique et cauchemardesque de Mikkelsen courant après la diligence qui emmène sa famille vers la mort. On est ici à la lisière de l'expressionnisme allemand ou du baroque italien, preuve qu'entre les échanges de regards de prédateurs, The Salvation en a dans le ventre, un peu comme quand, à la manière de Lone Rangers ou d'Il Etait une fois dans l'ouest, la véritable motivation du gang local, induit rapidement que tout est déjà joué et perdu d'avance.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Visionner un western qui a été tourné en numérique, cela peut paraître presque contre-nature. D'ailleurs la nature même de l'image n'est pas forcément toujours éblouissante avec quelques sections qui manquent de piqué ou de profondeur. Cependant, la plupart du temps les détails sont bien présents, légèrement creusés, et la luminosité éclatante impacte le cadre. Les plans nocturnes alternent entre le solide et le moins convaincant, ces derniers ayant été retouchés en postproduction. Du très bon et du moyen, pour un métrage qui aurait vraiment mérité un tournage sur pellicule.

 


Son :
Les DTS HD Master Audio 5.1 s'avèrent très confortable laissant surtout une imposante place aux compositions de Kasper Winding. La dynamique générale est sobre mais efficace, donnant un bel écho aux coups de feu, sans oublier de placer harmonieusement les dialogues. La version française, au doublage aléatoire manque de présence.

Liste des bonus : Aucun.

 
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