LES VAMPIRES
I vampiri - Italie - 1956
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Genre : Fantastique
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français en DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 78 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 26 mai 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Vampires »
portoflio
LE PITCH
Paris. Un tueur en série s’en prend à des jeunes femmes qu’il vide de leur sang. Tandis que la police s’enlise, le journaliste Pierre Valentin mène sa propre enquête. Au contact d’une amie de la première victime, il apprend que toutes ont été suivies par un drogué. Sa piste le mène au Dr Du Grand dont les expériences sur la vie éternelle pourrait expliquer que sa supposée nièce Gisèle affiche une jeunesse insolente…
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Super Mario bosse

Sidonis continue d'explorer la fabuleuse filmographie de Mario Bava. Une excellente initiative d'autant plus que si L'Ile de l'épouvante ou le trop méconnu Les Chiens enragés sont bien signés de son nom, l'histoire est un peu plus complexe pour ce qui est des Vampires. Il était donc temps de rendre à Mario ce qui appartient à Mario.

 

Premier film fantastique italien d'après-guerre, le genre étant interdit sous Mussolini, Les Vampires reste un cas à part. Après quinze jours de tournage, son réalisateur, Riccardo Freda, décide de se barrer du set en claquant la porte et en laissant le film en plan. C'est donc son directeur de la photographie, Mario Bava, qui a la lourde tâche de réaliser la moitié du film restant en... deux jours. Truquiste de génie, Bava livrera finalement, clés en main, un classique du genre, prouvant ainsi l'importance qu'il aura par la suite dans le cinéma. Si l'influence du gothique est bien palpable à l'écran, il se mélange à un autre héritage, celui du néo-réalisme, et c'est ainsi que les thématiques restent contemporaines jusque dans leur traitement et que le film n'a pas pris une ride. Ce qui est assez marrant pour un film évoquant la jeunesse éternelle. D'ailleurs, c'est en changeant la flotte de la Fontaine de Jouvence que le film prend ses lettres de noblesse, réinventant un mythe en utilisant l'évolution de la science comme le fera quatre ans plus tard Franju pour Les yeux sans Visage. Que ce soit par la présence d'un journaliste qui enquête malgré l'ordre de ses supérieurs à l'intervention, par exemple, de la police scientifique, tous les éléments repris pendant les décennies à venir dans les thrillers sont déjà là.

 

Canale +

 

Si le prétexte fantastique du film est influencé par les moeurs douteux de la Comtesse Bathory, c'est avant tout une histoire d'amour passionnée mais à sens unique qui guide le récit. C'est pourquoi le film doit également beaucoup au charisme de sa comédienne principale aux deux visages, Gianna Maria Canale, qui nous a quitté cette année et qui était alors la compagne de Freda dans la vie (Non, seulement il se tire du tournage mais en plus, il se tape la star. Bravo). A l'image, même sa transformation physique, superbe jeu de lumière de Bava qui imposa le noir et blanc du film, est encore saisissante plus de cinquante après. Le tout, dans les décors somptueux signés Beni Montresor. Les Vampires, classique intemporel sur les ravages du temps, marque donc le début de ce que sera la relation Freda / Bava puisque notre dévoué Mario devra à nouveau remplacer son caractériel metteur en scène sur Caltiki, le monstre immortel en 1959 mais surtout les prémices de ce que sera la force du cinéma de Bava quand ce dernier s'émancipera pour signer enfin de son nom ses films, en commençant par le cultissime Le Masque du Démon.

Christophe "Trent" Berthemin

 

 

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Image :

Encore plutôt rare sur support HD, Les Vampires se dote d'un nouveau master particulièrement réussi. Le noir et blanc se révèle éclatant avec des contrastes de très haute tenue et des cadres soigneusement nettoyés et stabilisés. Le travail sur les arrières plans, entre décors et peintures, est enfin visible dans toute sa finesse et sa plasticité grâce à une définition pointilleuse. Le film n'a certainement jamais été aussi beau.

 


Son :

Belle prestation aussi du coté des pistes sonores avec une version originale italienne au rendu clarifié, sobre et direct, mais toujours propre et équilibré. Présentée dans un même DTS HD Master Audio 2.0 la version française profite de ces fameux doublages d'autrefois parfaitement incarnés, bien traduits et solides. Très agréable.

 


Interactivité :

Nouveau Mediabook pour Les Vampires donc qui affirme une nouvelle fois l'aspect indispensable de cette très belle collection développée chez Sidonis et qui bien entendu laisse à nouveau le soin à Marc Toullec de concocter un passionnant livret. Sorte de mini livre Making of, il retrace toute la fabrication du film en invoquant de nombreux extraits d'interviews des deux réalisateurs et autres témoins de l'aventure comme Gianna Maria Canale. Des informations forcément reprises dans la très solide présentation d'Olivier Père, resituant le film dans son temps, replaçant les filmographies de chacun et évoquant même le statut des deux cinéastes auprès de la critique, mais aussi dans l'intervention du réalisateur Christophe Gans. On l'avait déjà croisé avec bonheur sur le Bluray du Masque du démon, et il semble encore plus en verve ici. Entre récit passionné reconstituant la naissance de l'œuvre, analyse stylistique, enquête sur les différentes versions du projet (avec un extrait de la bande annonce allemande figurant une scène glauque disparue), explications de certains trucages, le monsieur nous entraine pendant 45 minutes dans une passionnante et fascinante évocation. Après cela, pas grand-chose à ajouter si ce n'est une sélection de scènes coupées héritées à la fois de détails retirés par la Titanus pour amoindrir l'aspect macabre du film (dont un crane pourrissant pour la belle vampire) et surtout des ajouts produits par les américains pour gonfler l'objet avec l'assassin suivant quelques demoiselles dans des rues anonymes, une petite scène déshabillée ou un détour par un club de strip-tease. Bien entendu ni Freda, ni Bava, n'ont participé à cela.

Liste des bonus : Livret de Marc Toullec, Présentation d'Olivier Père (22'), Le Film vu par Christophe Gans (45'), Scènes coupées (10').

 
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